"Cette campagne de désinformation doit cesser": visite sensible au Niger pour Maxime Prévot

Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot a poursuivi sa tournée au Sahel en se rendant au Niger vendredi, une visite sensible alors que les liens diplomatiques sont rompus avec beaucoup d'États membres de l'UE depuis le coup d'État de 2023. Le ministre belge considère, lui, qu'il est important d'y maintenir une présence européenne. Quelques heures après le départ de M. Prévot, des tirs et détonations ont été entendues autour de l'aéroport de la capitale nigérienne, à Niamey.

Ces dernières années, des coups d'État ont eu lieu au Mali, au Burkina Faso et au Niger, tous trois dirigés depuis par des juntes militaires. Les trois pays se sont retirés de la coopération économique africaine et ont formé leur propre alliance. Celle-ci se caractérise par un fort sentiment d'indépendance et par conséquent, une hostilité envers les anciens colonisateurs.

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Seule une poignée d'ambassades européennes subsiste au Niger. "L'Europe tourne le dos au Sahel mais la région demeure importante pour la sécurité de notre continent", a déclaré M. Prévot après sa rencontre avec le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine. "En outre, nous entretenons des relations avec ces pays depuis plus de cinquante ans. Différents coups d'État ont eu lieu pendant cette période, ce n'est certainement pas la première fois, et nous n'avons jamais abandonné", a souligné le ministre belge des Affaires étrangères.

Des divergences d'opinion

Dans le même temps, M. Prévot ne s'est pas privé d'assurer aux autorités locales que la Belgique désapprouvait la manière dont le Niger était gouverné. Il l'a notamment déclaré devant les caméras des médias locaux. L'accusation selon laquelle l'Europe soutiendrait des groupes terroristes l'a particulièrement inquiété. "Cette campagne de désinformation doit cesser", a-t-il dit à la presse nigérienne. "Il ne faut pas jeter de l'huile sur le feu."

Le ministre nigérien Farmo Moumouni a confirmé que les divergences d'opinion avaient bien été abordées lors de l'entrevue. "Mais toujours avec respect", a-t-il dit. "Je donne raison au ministre Prévot : si la Belgique ne dialoguait qu'avec les pays partageant ses idées, elle tournerait le dos à 80% de la population mondiale", a glissé le ministre nigérien.

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Ce que M. Moumouni attend de la Belgique est essentiellement une coopération économique. "Nous n'avons plus besoin de la légitimation occidentale, nous nous l'accordons nous-mêmes. Ce que nous recherchons, ce sont des opportunités d'investissement", a-t-il insisté.

Ces derniers jours, Maxime Prévot a rendu visite à divers projets belges de coopération au développement au Burkina Faso et au Niger. Il a porté la difficile annonce de la réduction par le gouvernement de 25% de son aide au développement mais a assuré qu'aucun euro ne serait retiré à l'aide humanitaire. Cette position a parfois heurté celle des acteurs de la coopération, qui ont souligné la nécessité de penser à long terme et de stimuler l'économie afin d'éviter la tentation du djihadisme.

Le ministre belge n'était pas d'accord : "Pour empêcher les jeunes de tomber dans les mains de l'État islamique et d'Al Qaida, il faut améliorer les conditions de vie à court terme et pour cela, nous avons besoin de l'aide humanitaire", a-t-il considéré.

Quelques heures après le départ du ministre et de la délégation belge, des tirs ont été entendus autour de l'aéroport de Niamey.