Ces frappes entre l’Ukraine et la Russie témoignent de la montée en puissance du conflit
L’une des attaques aurait atteint une plage criméenne, d’autres ont visé des infrastructures énergétiques et de transport.
Par Maxime Dhuin avec AFP

YEVHEN TITOV / NurPhoto via AFP
Ces frappes meurtrières entre l’Ukraine et la Russie témoignent de la montée en puissance du conflit. (photo d’illustration d’un secouriste ukrainien après une frappe de drone russe dans la ville de Kharkiv, le 2 août 2026)
Les violences de la guerre se poursuivent en Ukraine comme en Russie. Des frappes menées par Kiev ont fait onze morts dans la péninsule de Crimée annexée par Moscou et dans la région russe méridionale de Krasnodar, deux zones touristiques, tandis qu’une attaque russe dans le centre de l’Ukraine a tué trois personnes, ont indiqué les autorités des deux pays ce lundi 3 août.
Ces nouvelles frappes interviennent alors que les attaques montent en puissance ces derniers mois des deux côtés du front, faisant un nombre croissant de victimes civiles, plus de quatre ans après le début de l’offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine. De quoi faire dire à Thomas E. Graham, expert de la Russie à la Maison Blanche sous le président George W. Bush, que « le conflit est entrée dans une dangereuse spirale d’escalade ».
Dans un éditorial paru ce lundi dans le New York Times, ce spécialiste note que l’« Ukraine intensifie ses frappes » contre des cibles dans des « régions plus profondes » du territoire russe, faisant ressentir l’impact de la guerre à des populations pourtant éloignées du front. En face, « le Kremlin appelle au calme » craignant une « démoralisation de la société », mais n’hésite pas à mener des « représailles » avec des « frappes aériennes sur les villes ukrainiennes et les infrastructures vitales », poursuit Thomas E. Graham.
La Russie accuse Kiev de frapper « délibérément » les civils
En Russie, sept personnes – dont trois enfants – ont été tuées et une quarantaine d’autres blessées par la chute d’un drone ukrainien à Arkhipo-Ossipovka, localité située sur la côte de la mer Noire, selon les autorités de la région de Krasnodar. « Ce qui s’est passé aujourd’hui est une frappe délibérée du régime de Kiev contre la population civile, qui n’a aucun lien avec l’infrastructure militaire », a affirmé sur la messagerie Telegram le gouverneur régional, Veniamine Kondratiev.
Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, dont l’authenticité n’a pu être vérifiée par l’AFP, montre un drone s’écrasant sur une plage fréquentée, sous les yeux des touristes. Quatre personnes ont également été tuées en Crimée, a indiqué sur Telegram le chef des autorités locales nommé par Moscou, Sergueï Axionov, sans préciser où cette frappe avait eu lieu.
La Crimée, péninsule annexée par la Russie en 2014, est très régulièrement la cible d’attaques ukrainiennes visant à perturber la logistique des forces russes engagées dans le sud de l’Ukraine.
Une frappe russe a détruit 8 millions de livres en Ukraine
Dans le centre de l’Ukraine, une attaque russe a fait trois morts, dont un enfant de 8 ans, dans une station-service près de Kryvyï Rig, a indiqué le chef de l’administration militaire régionale, Oleksandre Ganja. Le groupe énergétique public Naftogaz a affirmé que l’attaque avait ciblé l’une de ses stations, et que l’une des trois victimes y était employée. Une autre frappe, contre une « infrastructure de transport civil » dans la région d’Odessa (sud), a blessé 13 personnes, selon le gouverneur Oleg Kiper.
Ce lundi, la maison d’édition Ranok a par ailleurs annoncé que huit millions de livres, dont des manuels scolaires, ont été détruits lors d’une attaque de drones russe. Celle-ci a touché samedi un centre logistique et celui de distribution de l’éditeur à Kharviv, deuxième ville du pays située dans le Nord-Est, à une quarantaine de kilomètres de la frontière russe.
« Une attaque contre l’éducation et la culture ukrainienne. Hitler en serait jaloux », a dénoncé sur Facebook le directeur de la maison Ranok, Viktor Krouglov. « C’est la plus grande perte pour l’infrastructure du livre en Ukraine depuis le début de la guerre à grande échelle », a-t-il précisé. Des maisons d’édition à travers l’Ukraine dénoncent régulièrement d’importantes pertes dues à des attaques russes.
En juillet, deux maisons d’édition basées à Kiev ont déploré la destruction de plus d’un million de livres dans des entrepôts lors de bombardements de missiles sur la capitale. Depuis 2022, la Russie a frappé à de nombreuses reprises des musées, studios de cinéma, églises et d’autres sites culturels en Ukraine. Beaucoup d’Ukrainiens voient l’invasion comme une tentative d’effacer leur identité.