"Ces frais ne devaient pas être regardés comme des dépenses électorales" : Jordan Bardella sommé de payer ses vins de Blaye et son champagne offert en Espagne
Une décision de la justice administrative vient de retoquer plusieurs dépenses du leader d'extrême droite, jugeant que ces achats n'avaient aucune visée électorale légitime en France, permettant leur remboursement par l'État dans le cadre des dépenses de campagne lors des dernières élections européennes.
La justice administrative a statué sur les comptes de campagne du président du Rassemblement National lors des élections européennes du 9 juin 2024. Le candidat voit une part de ses frais de représentation, dont des achats d'alcool en Gironde et à l'étranger, invalidée et devra s'en acquitter sur ses propres deniers.
Des cadeaux diplomatiques non remboursés, de Madrid à Paris
Lors des dernières élections européennes, la tête de liste du Rassemblement National a multiplié les rencontres pour asseoir sa stature internationale. Selon le média spécialisé Vitisphere, une facture concernant une bouteille de champagne à 88 euros a particulièrement retenu l'attention des juges.
Ce présent a été offert au dirigeant du parti politique d'extrême droite Vox en marge d'un meeting organisé à Madrid, en Espagne. La justice administrative a estimé que cette dépense ne poursuivait pas un objectif d'"obtention des suffrages des électeurs" français. Ce rejet contraint le dirigeant à financer ce geste diplomatique par ses propres moyens.
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Le vin de Gironde jugé inéligible au financement public
Le candidat ne s'est pas limité aux échanges internationaux. Lors d'un déplacement de campagne dans le Sud-Ouest de la France, Jordan Bardella a fait l'acquisition de cinquante kits de dégustation à l'occasion du Printemps des vins de Blaye, en Gironde. Ces achats, d'un montant total de 400 €, censés s'inscrire dans sa tournée de promotion locale, ont subi exactement le même sort devant la juridiction.
L'absence de justification prouvant une démarche directement liée à la recherche de votes a conduit les magistrats à écarter ces factures. Les autorités appliquent une règle implacable stipulant que l'argent public ne doit financer que les éléments indispensables à la campagne électorale officielle.
Cette décision s'inscrit dans un contrôle sévère des dépenses engagées durant le scrutin européen de 2024. Outre les boissons de Blaye et de Champagne, d'autres frais de représentation, de bouche ou de billetterie ont été purement et simplement rayés des comptes remboursables par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), pour un montant total avoisinant les 240 000 euros.