Ces chères petites phrases
Dans une société de l’éphémère et de la médiatisation, les postures et les petites phrases en politique donnent parfois l’impression de prendre le dessus sur le fond du débat. Ce qui n’est pas sans laisser des traces.
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Rédacteur en chef de L'Est éclair et de Libération Champagne
Publié: 23 septembre 2026 à 23h40Temps de lecture: 2 min
Elles font partie du paysage politique depuis des décennies, souvenez-vous du « monopole du cœur » de Valéry Giscard d’Estaing en 1974. Les « petites phrases » sont même devenues un objet d’études et de thèses pour les sciences du langage. Mais à l’ère de la communication numérique et des réseaux sociaux, elles sont omniprésentes, car une bonne punchline permet de faire le buzz.
Elles peuvent être de bon aloi. Mais elles peuvent aussi blesser ou ridiculiser, y compris au sein du même camp politique. Derniers exemples en date, le « stagiaire » dégainé dimanche par Ségolène Royal pour parler de Raphaël Glucksmann. Ou les « mots doux » utilisés par Édouard Philippe et Gabriel Attal pour parler l’un de l’autre, selon le livre Le crépuscule des princes, paru ce mercredi 23 septembre 2026, sous-titré « Ses dauphins veulent le trône… mais pas son héritage ! » au-dessus d’un dessin d’Emmanuel Macron. Le premier aurait qualifié le second de « très, très immature », quand ce dernier se dit « meilleur en campagne » que son aîné. Les deux ex-Premiers ministres avaient pourtant, il y a quelques mois, donné pour consigne à leurs soutiens d’éviter les « propos acides »…
Car le jeu des petites phrases laisse des traces et peut coûter cher, finissant parfois par lasser d’éventuels électeurs. Pour les socialistes, une fois le résultat de la primaire connu, il faudra se rallier derrière la bannière du vainqueur en faisant fi des querelles et accrochages. Le constat est identique pour un éventuel représentant unique de la droite et du centre, qui devra, qui plus est, convaincre Bruno Retailleau et David Lisnard. Pas une mince affaire.
Pendant ce temps-là, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qui mènent le bal dans les derniers sondages, n’ont pas à se soucier d’adversaires en interne. Ils peuvent laisser libre cours à leurs envies d’envoyer des piques, et ils ne s’en privent pas…
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