"Certains facteurs craquent déjà" : courriers plus distribués, postiers en difficulté... Onze tournées postales supprimées à Tarbes, un syndicat lance l'alerte sur les conditions de travail à La Poste

l'essentiel Depuis le 15 septembre, les facteurs de Tarbes Bastillac disent subir une réorganisation de l'activité avec la suppression de onze tournées. Causant une surcharge de travail et des conditions difficiles pour les salariés selon la CGT, qui évoquent des réclamations pour courrier non distribué mais aussi l'absence de locaux pour les pauses méridiennes. La Poste justifie ces changements par une baisse du volume de courrier. Voici ce qu'il faut savoir sur cette situation dans les Hautes-Pyrénées.

Des tournées en moins, et un travail de plus en plus compliqué pour les facteurs de Tarbes. Depuis le 15 septembre, ce sont onze tournées qui ont été supprimées pour les facteurs de Tarbes Bastillac, et ont donc été redistribuées sur d'autres. Il ne reste qu'une quarantaine de tournées restantes, sur la cinquantaine avant cette restructuration. 

Avec de lourdes conséquences pour les salariés comme le relatent la CGT : "On n'arrive plus à distribuer correctement", s'alarme Cyril Caperet, secrétaire régional Midi-Pyrénées de la CGT Fédération des Activités Postales du 65. Ce sont plusieurs postes de CDD et d'intérimaires qui n'ont donc pas été reconduits.

"Je n'ai jamais vu des postiers aussi mal" 

Restent les postiers titulaires, qui doivent assumer une charge de travail alourdie : "Ça fait plus de 15 ans que je suis militant syndical, je n'ai jamais vu des postiers aussi mal", continue Cyril Caperet. Soulignant "que certains facteurs craquent déjà (...) Avec cette nouvelle répartition, ça rajoute beaucoup de travail et certains ne parviennent même pas au bout de leur tournée. On leur demande de faire des choix, en ce moment les imprimés publicitaires sont la priorité, sacrifiant le courrier ou la livraison de la presse."

Selon la CGT, au moins 200 réclamations auraient été faites pour du courrier non distribué. 

Pas de local pour la pause méridienne

Des conséquences sur la livraison, et sur les conditions de travail. Les postiers ont désormais des journées plus longues, sans plus de salaire mais avec des RTT en compensation. Mais surtout, d'un travail très tôt le matin jusqu'à midi auparavant, certains travaillent désormais en journée avec une pause méridienne. Sauf que rien n'a été prévu pour leur permettre de se restaurer, et se retrouvent donc à manger à midi dans leur voiture ou dans la rue : "Ils n'ont pas de local pour s'installer, ce qui existe partout ailleurs sur les sites des Hautes-Pyrénées et de France." 

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Les postiers de la CGT espèrent désormais peser sur leur direction. "Le préavis de grève couve", ils appellent à "recréer des tournées, réinjecter de l'emploi." 

Pour La Poste il faut "ajuster les moyens à l'activité constatée" 

Contactée, La Poste Occitanie a répondu par mail à nos sollicitations. Rappelant "la baisse de 18 % depuis 2024 des volumes de courrier à distribuer sur le secteur desservi par la plateforme. Cette adaptation se caractérise par une évolution des périmètres des tournées, un apprentissage de nouveaux gestes métier pour certains facteurs. En complément, La Poste a investi 120 000 euros dans une machine de tri des colis pour améliorer les conditions de travail des agents et répondre aux exigences de qualité de service de nos clients des Hautes-Pyrénées. L’appropriation par les postiers de la plateforme des changements intervenus se poursuit, notamment sur la partie formation. Quelques demandes d’ajustements de certaines tournées ont été faites par les facteurs et sont en cours de traitement. Comme pour toutes les entreprises, le principe d’équilibre économique prévaut tout autant que le maintien de l’emploi des facteurs du département. Notre objectif est le maintien de la qualité de service en ajustant les moyens à l’activité constatée."