Céline Amaudruz se prononcera ce jeudi sur sa candidature au Conseil fédéral
Publié14. octobre 2026, 21:49
Élection Conseil fédéralCéline Amaudruz, l'UDC francophone au seuil du Conseil fédéral?
La conseillère nationale genevoise dira ce jeudi si elle est candidate à la succession de son collègue de parti, le conseiller fédéral Guy Parmelin. Portrait.

Peu après 10h, ce jeudi, on saura si celle dont le nom est évoqué depuis des jours se lancera dans la course au Conseil fédéral, pour remplacer son collègue de parti démissionnaire, le Vaudois Guy Parmelin. L'UDC genevoise Céline Amaudruz annoncera – ou pas – sa candidature lors d'une conférence de presse, à suivre en direct sur 20 Minutes.
Des positions qui détonnent
Ancienne patronne de l'UDC-Genève, la quadragénaire est vice-présidente du parti agrarien suisse depuis dix ans; elle évolue sous la coupole fédérale depuis plus longtemps encore. Elle est en effet entrée au Conseil national en 2011 et a réalisé des scores canon à chaque réélection. Dans la plus pure ligne de son parti, Céline Amaudruz s'oppose à l'Union européenne, prône une limitation de l'asile, une neutralité stricte et une fiscalité basse pour les entreprises; elle s'est aussi battue en faveur du relèvement de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans.
Pourtant, la Genevoise est aussi connue pour des prises de position qui ont fait grincer des dents dans les rangs de l'UDC. Elle se bat ainsi depuis des années pour la cause des femmes (l'égalité salariale, par exemple), elle réclame un durcissement des peines contre les violeurs, préconise une meilleure compréhension de la notion de non-consentement par les juges, et a milité pour un financement public de l'avortement.
Jeune maman aisée
Âgée de 47 ans, mariée et mère de deux enfants en bas âge, Céline Amaudruz a suivi l'héritage familial. Née de deux parents avocats, elle est diplômée en droit de l'Université de Genève; elle détient aussi un master en administration de l'IMD (International Institute for Management Development), à Lausanne. Gérante de fortune, classée parlementaire romande «la plus riche» en 2017 par le magazine économique «Bilanz», cette figure de la politique nationale porte entre autres un vif intérêt aux transports (elle siège notamment au conseil d'administration de Genève Aéroport et fut vice-présidente de celui des TPG); elle avait aussi donné de sa personne en faveur d'un tunnel routier sous la Rade, en nageant d'une rive à l'autre.
L'UDC suisse choisira ses candidats le 20 novembre, en vue de l'élection fédérale du 9 décembre. Céline Amaudruz pourrait être l'unique francophone en lice sur le ticket UDC – un ticket à deux, voire plus.
Scandales: coupable et victime
Sa passion de l'équitation a valu un scandale à Céline Amaudruz. En décembre 2016, au sortir d'une soirée arrosée au Concours hippique international de Genève, elle a été interpellée pour conduite en état d'ivresse. Après avoir refusé d'obtempérer, téléphone à la main, elle a tenté d'appeler à l'aide le procureur général genevois Olivier Jornot puis… le conseiller fédéral Guy Parmelin. Condamnée pour sa conduite, Céline Amaudruz a par contre été victime, dans une affaire qui, elle aussi, a fait grand bruit. Dans le sillage de la vague #MeToo, la jeune femme a dénoncé, le 1er décembre 2017 lors de la session fédérale, le récent harcèlement sexuel dont elle avait été la cible au Parlement. Ces faits ont été l'un des points d'orgue du scandale lié au conseiller national PDC valaisan Yannick Buttet.

David Ramseyer (dra) est journaliste régions à 20 Minutes, média qu'il a rejoint en 2014.
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