Cécifoot. L'équipe de France écarte l'Italie et disputera la finale dimanche à Strasbourg !
On s’attendait à une finale avant la lettre, elle a effectivement eu lieu. Oublié, le combat de tous les instants, mercredi face à l’Allemagne. L’Euro Stadium, à nouveau comble, a eu droit à une partie enlevée, entachée par peu de fautes, aux occasions multiples, entre deux équipes joueuses.
La France a traversé la phase de poule sans encombre, justifiant son statut de champion paralympique. L’Italie aurait dû en faire de même, mais s’est pris les pieds dans le tapis face à la Turquie (1-2) en manquant cruellement de réalisme, devant donc se coltiner le grand favori en demi-finale.
Bartolomucci obligé d’être vigilant
Damiano Giunta a lancé les hostilités en s’infiltrant dans l’axe, avant de dévisser sa frappe, seul face à Alessandro Bartolomucci (3e). Puis la première période s’est muée en un duel à distance entre les buteurs des deux camps, le puissant Paul Lyobo d’une part, le spécialiste des raids solitaires, Frédéric Villeroux, de l’autre.
Le Transalpin s’est heurté constamment à un Bartolomucci obligé d’être vigilant dans tous les angles (4e, 5e, 17e). Fred Villeroux n’a pas trouvé le cadre (4e, 9e) avant d’échouer sur Giacomo Cerri, le portier italien (10e), sur une frappe croisée à ras de terre et à ras du poteau.
La fiche
France 1
Italie 0
▶ Mi-temps :. Euro Stadium. – 1 000 spectateurs. Arbitres : MM. Ballint, Herbach, Champis, Lebot, Chanteux.
▶ Le but: Villeroux (22e)
France : Bartolomucci, Arezki, Baron, Villeroux, Niang (Grangier, Rivière, Miguel, El Battachi, Youmé)
Italie : Cerri, Ramirez Mosquera, Giunta, Osarobo Lyobo, Cavallotto (Renzone, Campanale, Martorana, D’Attolico, Mauro)
La persévérance de Fred Villeroux
Alessandro Bartolomucci, d’un arrêt réflexe du pied, a évité un coup du sort aux Bleus, sous la forme d’un but contre-son-camp de Hakim Arezki, inhabituellement en difficulté. Mais les Italiens étaient tout aussi chanceux, sauvés par le poteau sur une frappe excentrée de Babacar Niang (16e).
Ils étaient plus vernis encore à 34 secondes de la pause. Tout l’Euro Stadium a cru au but. Villeroux s’était encore frayé un passage on ne sait comment, jusqu’à défier Cerri de près. Ce dernier parvenait à détourner… sur le poteau.
L’attaquant bleu a-t-il ruminé durant toute la mi-temps ? Toujours est-il que dès reprise, il est parvenu à ses fins. Récupérant le ballon sur un pressing haut, il a enfin trouvé la faille, seul face à trois défenseurs, libérant les siens et tout un stade (22e).
Paul Lyobo, à bout portant sur Bartolomucci (26e), a rappelé que le danger était toujours présent, mais les hommes de Toussaint Akpweh, parvenant à couper sa relation avec son maître à jouer Francesco Cavalloto, ont bien pris le dessus durant la moitié de cette seconde période.
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Paul Lyobo insatiable, mais les Bleus finissent plus fort
Et puis, l’Italie est revenue dans la partie. Cavalloto, décidément trop discret jusque-là, mettait enfin Bartolomucci à contribution (33e). Le cadre se dérobait pour Lyobo (34e) qui ne pouvait exploiter un ballon traînant dans la surface (35e). Puis le poison ne parvenait pas à surprendre Bartolomucci dans un angle totalement fermé (37e).
Le public strasbourgeois retenait son souffle, mais les Bleus finissaient plus fort, avec deux frappes cadrées de Babacar Niang (39e), une autre dévissée de Martin Baron et un deuxième but de Frédéric Villeroux… une seconde trop tard. Mais un ou deux à zéro, peu importe. Les Bleus, vainqueurs de haute lutte, sont en finale et défendront leur couronne dimanche à 18h. Pour un crunch face à l’Angleterre… comme en 2009 à Nantes, victoire 4-2 à la clé.
Mais quel que soit le résultat dimanche, le cécifoot sortira grand vainqueur de la compétition. Le cécifoot et par extension le handisport qui, pratiqué à haut niveau, donne une belle claque aux préjugés, y compris chez les premiers concernés.
Deux ans après le retentissement des Jeux paralympiques à Paris, cette nouvelle fenêtre ouverte, certes en un peu moins grand, sur le monde, rappelle aux personnes en situation de handicap qu’il y a moyen de faire tomber toutes les barrières.