"Ce ne serait pas du tout une bonne idée": Christine Lagarde n'envisage pas de candidature à l'élection présidentielle

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, participe à une conférence de presse sur la politique monétaire de la zone euro, au siège de la banque centrale à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne, le 18 décembre 2025. - Photo par KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP
Interrogée sur une éventuelle candidature à l'élection présidentielle, Christine Lagarde a estimé dans le journal La Croix que "ce ne serait pas du tout une bonne idée" et qu'il ne s'agit pas du "même métier" que présidente de la BCE.
Être candidate à l'élection présidentielle en France "ne serait pas du tout une bonne idée", a estimé la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) et ancienne ministre française de l’Économie Christine Lagarde, dans un entretien publié mercredi dans le journal La Croix.
"Ce ne serait pas du tout une bonne idée. Ce n'est pas le même métier", a déclaré Christine Lagarde, interrogée sur une éventuelle ambition présidentielle.
"Il y a d’abord une question de vitalité, d’énergie, de force. Il y a aussi un sens du sacrifice inéluctable dans ce type d'engagement. Et j'ai 70 ans…", a-t-elle ajouté.
Annuler la dette, une option "financièrement dangereuse"
Le comité du personnel de la BCE avait appelé mi-septembre à clarifier l'avenir de Christine Lagarde, dans un contexte de spéculations sur un départ avant la fin de son mandat en octobre 2027, et alors qu'elle est pressentie pour prendre la tête du Forum économique mondial de Davos.
"Je n'exclus pas de partir quelques mois avant la fin de mon mandat mais (...) une chose est certaine: je serai encore là en 2027. Donc si départ anticipé il y a, il ne s'agira que de quelques mois", a-t-elle assuré dans les colonnes de La Croix.
La présidente de la BCE a par ailleurs répété que la proposition du candidat LFI à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon, d'annuler une partie de la dette, serait "contraire aux traités européens", mais aussi "techniquement aléatoire et financièrement très dangereux".
"Si vous décidez de ne pas rembourser une partie de votre dette, pourquoi les investisseurs continueraient-ils à vous prêter? Ils risquent de ne plus le faire, ou de vous demander des taux beaucoup plus élevés", a-t-elle ajouté.
"L’incertitude politique et les défis budgétaires pèsent sur l’investissement et l’activité", a-t-elle aussi souligné, sans commenter spécifiquement la situation de la France.
Le système financier européen est "beaucoup plus solide"
La BCE prévoit "0,9% de croissance dans la zone euro cette année, contre 0,5% pour la France. L’écart est manifeste. En outre, lorsque votre dette tutoie les 120% du PIB sans trajectoire permettant d’en maîtriser l’évolution, c’est sérieux", a-t-elle remarqué.
Christine Lagarde a cependant ajouté que "nous ne sommes ni en 2008 ni en 2011: le système financier européen est beaucoup plus solide. Je me garderais donc de tout pronostic".
Il faut, selon elle, "simplifier le cadre réglementaire et administratif, poursuivre les réformes du marché du travail et traiter la question des retraites".
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