« Ce n’est juste pas possible » : des centaines de parents d’élèves montent au créneau contre la surcharge des classes à Antibes

À quelques jours de la rentrée, l’inquiétude de ces parents monte d’un cran. Après avoir lancé une pétition en juin dernier, signée par plus de 500 personnes, ces familles dénoncent des classes primaires (maternelle + élémentaire) comptant près de 30 élèves dans la commune d’Antibes.

Ils regrettent n’avoir obtenu encore aucun retour de la Ville. « On ne comprend pas pourquoi ce silence, s’interroge Jessica Cozette à l’origine de la pétition. Le but n’est pas d’entrer en guerre avec la Ville ou l’Éducation nationale, mais simplement de trouver des solutions. Parce que cela ne peut pas durer. »

Juin dernier. Dernier conseil de classe à l’école Jean-Moulin. Pour les parents d’élèves, c’est la douche froide. L’annonce des effectifs prévus pour septembre tombe. Elle est brutale. Jessica Cozette, représentante de parents d’élèves, s’en souvient : « On nous a annoncé une moyenne de 29,3 enfants par classe […] En sortant, avec les parents, on s’est dit que ce n’était juste pas possible. »

Pour ces parents, l’équation est simple : le nombre élevé d’enfants par classe se fait au détriment de la qualité d’enseignement. « Il y a forcément des élèves qui en pâtissent ou qui prennent du retard pour le CP », craint Jessica Cozette dont la fille est en maternelle. « Pour les Atsem, c’est beaucoup d’élèves en classe, mais aussi à la cantine. On augmente ainsi les risques d’accident. »

Ils demandent une refonte de la carte scolaire

Aujourd’hui, ils attendent des solutions concrètes pour désengorger les bancs.
« On souhaite notamment une refonte et un réajustement de la carte scolaire », annonce Jessica Cozette avant de poursuivre : « On pourrait proposer aux parents un système de vœux, un peu comme pour les centres aérés. Selon l’endroit où ils travaillent, certains préféreraient inscrire leurs enfants dans une autre école moins chargée. »

À long terme, ils attendent aussi et surtout de nouvelles infrastructures. « On est capable de construire de nouveaux logements à Antibes, il faut aussi être capable de construire une école pour accompagner ces enfants. »

La Ville : « Une réflexion globale est menée sur les périmètres scolaires »

Face aux inquiétudes des parents, la Ville affirme qu’elle est « attentive aux préoccupations exprimées ». Et même si les effectifs globaux « baissent de 2,81 % pour la rentrée 2026 », elle reste attentive à certaines situations.

Par exemple : « L’école maternelle Jean-Moulin fait l’objet d’un suivi particulier depuis plusieurs mois. Fin juin, 209 enfants y étaient inscrits pour une capacité de 210 places, correspondant à 7 classes de 30 élèves. À ce jour, l’effectif prévisionnel est de 202 élèves, soit une moyenne de 28,86 élèves par classe. Dès la fin de mai, les nouvelles demandes concernant des enfants sans fratrie ont d’ailleurs été orientées vers l’école maternelle Super Antibes afin de ne pas accroître davantage les effectifs. » Une démarche comparable a aussi été engagée à l’école Laval, avec des orientations vers l’école Cardi.

La municipalité rappelle la répartition stricte des compétences : elle gère les locaux et la sectorisation, mais seul le directeur académique (Dasen) (1) décide de l’ouverture ou de la fermeture de classes.

« Il y avait d’ailleurs la possibilité matérielle d’accueillir une classe supplémentaire à Jean-Moulin, le Dasen a finalement retenu une seule ouverture de classe sur la commune, à l’école élémentaire Pont Dulys. Dans le même temps, l’Éducation nationale a décidé la fermeture d’une classe à l’école maternelle Pont Dulys. »

Pour adapter durablement la carte scolaire aux évolutions urbaines, la Ville indique « qu’une réflexion globale est menée » et qu’un « cabinet spécialisé l’accompagne depuis juillet afin d’étudier la révision des périmètres d’affectation dans la commune. »

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Contactée concernant la pétition des parents, la direction des services départementaux de l’éducation nationale des Alpes-Maritimes a répondu : « Ces sujets font l’objet d’un travail étroit et régulier avec le Ville d’Antibes, dans le respect des compétences de chacun, afin que les évolutions envisagées répondent au mieux aux besoins des élèves et des écoles concernées. »