Catherine Hiegel : Si une personne croit en moi, j'ai tous les courages !

Comédienne et metteuse en scène, l’infatigable Catherine Hiegel joue “Suzanne”, ou La Valadon, qui fût modèle pour Renoir ou Toulouse-Lautrec , avant de devenir peintre à son tour. Quand la passion de la peinture rencontre celle du jeu...

Préambule

Je vous invite ce soir à vous noyer dans la peinture, à reprendre le combat, à chatrer un mari et récuperer un fils :
C’est la mission fois 4 de Suzanne, Suzanne Valadon, peintre, une femme de caractère,
en 1935, elle a 70 ans, dans une chambre d’hopital, elle est tombée ? elle va se relever parce qu’elle a une oeuvre à finir, et tant pis si c’est obscène.
Suzanne ou la passion de la création, l’émancipation d’une batarde qui en aura payé le prix.
Pour lui donner corps au theatre il fallait une voix « qui ne fait pas dans la guimauve, c’est pas elle ça » ;
une actrice qui, Face public, dans une autre vie à la comédie francaise, aura jeté ces mots :
« Vive notre sexe et que crève celui qui en dit du mal » De Corallina chez Godoni à Suzanne aujourd’hui pour Catherine Hiegel, RIEN NE S’OPPOSE A LA NUIT

L'invitée

La Valadon
Elle a été modèle pour Puvis de Chavannes, Toulouse Lautrec... beaucoup de peintres, c'est en les observant qu'elle a appris son métier. Les femmes à cette époque, encore moins issues de milieu modeste, n'avaient pas accès aux écoles de peinture, c'était un combat perdu d'avance. C'est un parcours extraordinaire ! Suzanne Valadon est une grande peintre mais c'est aussi une mère redoutable. C'est une femme sans honte, même quand son comportement n'est pas reluisant. Mais c'est un personnage touchant à force d'aller au fond de ses aveux.

En scène
La grande difficulté c'était d'éviter le côté biographie pure, c'est donc la relation au fils, venu pour régler ses comptes avec sa mère qui éclaire mon personnage. J'aime savoir le texte le plus tôt possible, c'est la condition pour être libre d'inventer. Cette fois-ci je me suis sentie mauvaise élève car il me restait une dizaine de pages à apprendre pendant les répétitions.

Pas d'oreillette
Je veux être libre de mon humeur du moment, on ne peut pas être libre avec une oreillette. Chaque jour je revois mon texte avant de partir au théâtre, je peux aussi éplucher des légumes ou me brosser les dents en disant mon texte, c'est un exercice quasi automatique.

La passion du jeu de père en fille
Parmi les voix qui me touchent, il y a celle de mon père, Pierre Heigel qui m'a quasiment donné l'ordre de devenir comédienne. Chaque jeudi après-midi je l'accompagnais à la radio où il était producteur. Il avait un nez un peu en trompette comme celui qu'il m'a donné et se rêvait jeune premier. Papa recevait chaque jour toutes les productions de classique, je m'endormais et me réveillais en musique, cela éduque l'oreille. J'entends quand c'est juste.

Soubrettes
Je n'avais pas le physique de jouer les jeunes premières et les amoureuses, c'est une question de physique. Il ne faut pas croire, ces critères sont toujours appliqués pour les femmes. Pour les hommes, Belmondo a ouvert la voie à d'autres physiques. J'ai joué toutes les soubrettes, mais dirigée par des metteurs en scène formidables, j'ai vite découvert que cet emploi est passionnant.

Rôles
Chaque rôle nous amène à un progrès, c'est le but. Goldoni, quelle chance que de jouer ses rôles de soubrettes, ce sont les plus beaux rôles pour cet emploi. Il avait un regard très féministe sur le monde du travail, c'est rare au XVIII.

Comique
C'est musical un effet comique, Serrault avait un sacré caractère, je n'avais que 4, 5 phrases et il ne parlait qu'à moi. Un jour il a fait une improvisation de vingt minutes sur la manière de faire des trous dans le gruyère, il m'aimait bien parce que je l'aidais à rebondir. Les gens pensent que pour être drôle il faut faire des grimaces et des boudouilles. Les grands acteurs comiques sont totalement engagés dans la situation.

Angoisses
On ne peut pas faire ce métier sans angoisses, c'est du trapèze.
Metteurs en scène Il me semble que les acteurs qui dirigent des acteurs comprennent les difficultés qu'ils rencontrent. Strelher par exemple quand il sentait que l'on bloquait, il nous proposait un geste nouveau, et la réplique s'éclairait. Il faut vraiment regarder et aimer les gens pour faire cela.

Metteurs en scène
Il me semble que les acteurs qui dirigent des acteurs comprennent les difficultés qu'ils rencontrent. Strelher par exemple quand il sentait que l'on bloquait, il nous proposait un geste nouveau, et la réplique s'éclairait. Il faut vraiment regarder et aimer les gens pour faire cela.

A gauche
Si le Rassemblement National devait passer, ce serait épouvantable pour les citoyens, mais aussi pour la culture. Le théâtre public se bat avec des subventions misérables. Je les trouve plein de courage. La culture est absente des programmes, c'est lamentable est inquiétant !

La suite à découvrir à l'écoute de l'émission.

L'actualité

  • La pièce Suzanne au Théâtre Montparnasse

Les archives

  • La voix de Pierre Heigel disant le poète Charles Peguy
  • La voix de Berthe Bovy dans La voix humaine de Cocteau
  • La voix de Gisèle Halimi

La musique

  • FRANCOISE HARDY Suzanne
  • PHILIPPE KATERINE Je te donnerai
  • THE STROKES Going to babble on