Comment donner pour le Népal de manière sûre et efficace ?
La catastrophe a été aussi soudaine que dévastatrice. Après les coulées de boue extraordinaires qui ont frappé plusieurs vallées du Népal et le Tibet, les recherches se poursuivent au pied de l’Himalaya pour tenter de retrouver les plus de 1.400 personnes disparues alors que le bilan s’établit déjà à près de 600 morts.
Face à cette catastrophe naturelle brutale qui touche de nombreux pays par la présence de touristes de plusieurs nationalités, dont quatre Français, plusieurs Etats ont déjà annoncé débloquer une aide pour le Népal et beaucoup de particuliers souhaitent également contribuer à cette solidarité. Pour aiguiller ceux qui voudraient apporter leur soutien, 20 Minutes vous propose un petit guide des bonnes pratiques et des choses à éviter.
Attention aux cagnottes en ligne et aux arnaques
Chaque catastrophe ou drame médiatisé est autant une opportunité pour les escroqueries en tous genres et est irrémédiablement suivi d’appels aux dons frauduleux. Dans le doute, mieux vaut rejeter directement toutes les cagnottes douteuses dont le bénéficiaire n’est pas clairement identifié et dont les coordonnées ou les liens ne renvoient pas directement à une organisation bien connue. Pour cela, il est préférable de se rendre sur le site Internet officiel des organisations et associations connues pour vérifier l’existence d’un appel aux dons. Quelques minutes de vérifications suffisent souvent à lever le doute.
De la même manière, il est inutile d’alimenter les « buzz » qui pullulent sur les réseaux sociaux du type « 1 J’aime = 1 euro pour le Népal ». Ils ne servent qu’à faire gonfler l’audience de certains comptes et aucun argent ne sera, bien entendu, reversé pour aider les sinistrés.
La tentation de donner à une association sur place
Quel geste plus direct que de donner à une association présente sur place ? Bien évidemment la tentation est grande d’aller directement vers ceux qui sont le plus concernés, mais à condition de s’assurer de la fiabilité et des actions de l’association en question : ses précédents sur place, le cœur de son action, l’usage fait des dons, son existence réelle et actuelle. À moins, par une expérience personnelle, de connaître l’association en question, il est préférable de se tourner vers des organisations qui ont pignon sur rue en France et qui, elles, sont présentes sur place et sauront à qui s’adresser.
Le plus sûr reste de s’adresser à des ONG reconnues en France
Passons sur le manque d’originalité de la démarche, le sujet est infiniment secondaire à côté de l’importance de la cause. Pour s’assurer qu’un don sera utilisé de manière pertinente et efficace, le mieux reste de s’adresser à des ONG reconnues en France. Pour cela, il y a quatre critères qui peuvent aider à les reconnaître.
- le statut juridique, l’association est déclarée et reconnue d’intérêt général.
- la présence sur le terrain, l’ONG avait des équipes ou partenaires dans le pays avant la catastrophe.
- la transparence financière, l’association publie ses comptes qui témoignent de l’orientation des dons.
- Elle ne vous presse pas, l’ONG n’avance pas des délais urgents pour effectuer un don.
Pour trouver quelques organisations, Infodon.fr des organisations qui œuvrent pour les sinistrés. D’autres organisations comme Médecins sans frontières, la Croix-Rouge ou le Secours populaire ont également déjà communiqué sur leurs actions dans ce contexte.
N’envoyez pas de colis ou de fournitures aux associations
Les victimes sur place vont manquer de tout (nourriture, eau, vêtements, matériel médical, etc.) évidemment, aussi, il est naturel de penser à leur envoyer directement tout ce qui pourrait les aider. Mais ces intentions louables peuvent s’avérer contre-productives. L’envoi de matériel implique une logistique complexe, le matériel requiert un tri et une vérification. Or il peut s’avérer inadapté et risque, au contraire, d’encombrer les axes logistiques sur place. De plus, les destinataires pourraient ne pas avoir accès aux services postaux et de livraison. Les organisations sur place disposent de leurs propres réseaux, plus rapides, moins coûteux et mieux organisés. Ils travaillent avec des entreprises locales, ce qui permet de continuer à faire fonctionner l’économie locale. Il est ainsi préférable d’adresser des dons pécuniaires et de laisser les professionnels agir sur place.
Vous pouvez prendre votre temps avant de donner
Certes, la catastrophe nécessite une urgence extrême pour retrouver les disparus et aider les victimes. Ce n’est pas une raison pour ressentir une urgence à donner si vous hésitez ou si les moyens vous manquent en ce moment. Les pays et ONG disposent de fonds d’urgence pour gérer les premiers temps de la catastrophe. Si l’effervescence médiatique ne dure peut-être que quelques jours, les dons qui arrivent plus tard dans le temps sont tout aussi utiles aux secours et aux sinistrés pour la phase de stabilisation de la zone et de la reconstruction.