Carole Rousseau et Jacques Legros reforment leur duo pour "Plein les yeux" sur AB3 : "Ce retour n'était pas prévu !"

Dès ce mardi, AB3 diffuse en prime Plein les yeux, avec le duo original Carole Rousseau et Jacques Legros. Diffusée sur TF1 entre 1997 et 2003, l'émission décryptait des images spectaculaires ou insolites venues du monde entier. Près de trente ans après leurs débuts, les deux anciennes figures de TF1 ont vite retrouvé leurs habitudes à la tête du programme.

Carole et Jacques, c'était impossible de présent l'émission l'un sans l'autre ?

Carole Rousseau : Oui, car je pense qu'on a réussi à créer un vrai duo. On s'entendait très bien à l'époque et pour moi, c'était impossible que ce soit différent avec quelqu'un d'autre.

Jacques Legros : Je suis tout à fait d'accord avec Carole. Certes, au début, c'étaient les séquences qui étaient en vedette, mais au bout d'un moment, les téléspectateurs regardaient aussi l'émission parce qu'on avait trouvé une complicité à l'écran qui les faisait sourire. Donc présenter sans Carole ou avec quelqu'un d'autre, c'était se priver de ce côté-là.

Jacques, à l'époque, votre passage du JT de TF1 au divertissement avait suscité des critiques. Comment est-ce que vous les avez vécues ?

J.L. : Oui, il y en a eu beaucoup. Mais la bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe, que je ne suis pas d'ailleurs (rires). Je suis loin d'être parfait, Carole peut le confirmer, mais ces critiques, c'était de la malhonnêteté intellectuelle. Et pour moi, vu d'où cela venait, c'était presque un compliment !

C.R. : Si je peux me permettre, je pense aussi qu'il y avait pas mal de jalousie, car c'était assez rare à l'époque qu'un journaliste de JT s'aventure dans le divertissement. Et au fil du temps, c'est devenu plus courant.

Carole, vous aviez déclaré il y a quelques années qu'un retour à la télé n'était pas envisageable, que l'image ne vous intéressait plus…

C.R. : Ah mais c'est toujours le cas ! Honnêtement, ce retour n'était pas prévu. Mais j'ai dit oui parce que Jacques en avait envie aussi et parce que je me suis dit que c'était sympa. C'est l'occasion qui fait le larron. Mais faire de l'antenne reste quelque chose d'assez contraignant. Quand ça ne fait plus partie de votre quotidien, vous perdez un peu l'habitude.

Quasi trente ans après la première émission "Plein les yeux", qu'est-ce qui a le plus changé dans votre manière de présenter ?

J.L. : L'époque a beaucoup changé. L'image a pris le pouvoir sur tout. Aujourd'hui, on reçoit un flot d'images sans en connaître ni l'origine ni la véracité. Nous devons donc être dix fois plus vigilants. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'on a introduit une séquence dans l'émission où l'on invite les téléspectateurs à distinguer le vrai du faux.

C.R. : J'ai trouvé que c'était une bonne idée, car aujourd'hui, il faut vraiment avoir un œil aguerri. Et je crois que ça va aller de pire en pire. Il faut vraiment s'éduquer et éduquer la jeunesse.

Justement, vous êtes des professionnels de l'image, mais vous vous faites attraper aussi par des fausses images, parfois ?

J.L. : Non, parce que justement, on a l'œil… professionnel. Mais parfois, on pourrait, parce que c'est tellement ressemblant. Mais il y a toujours un petit truc, un petit détail qui nous alerte.

C.R. : Moi je pourrais me laisser avoir, mais j'ai toujours cette petite alarme dans ma tête : est-ce un fake ou pas ? Mais c'est fatigant…

Aujourd'hui, nous sommes assaillis par des images spectaculaires qui viennent du monde entier. Quels sont les critères qui font que vous retenez une image plutôt qu'une autre ?

C.R. : Le critère, c'est qu'on puisse raconter une histoire autour de l'image. C'était l'ADN de Plein les yeux au départ et ça le reste. Et je pense que c'est bien qu'on prenne le temps de se poser, de comprendre et de décortiquer l'image. C'est une émission familiale où l'on apprend des choses.

Ces derniers jours, y a-t-il une image qui a circulé et qui a retenu votre attention ?

C.R. : Pour l'instant, je ne regarde plus trop la télé… Je suis en train de préparer les nouveaux numéros que l'on va tourner la semaine prochaine…

J.L. : Je n'ai pas de souvenir récent. Mais dans l'une des premières émissions, on évoque le cas de cette petite fille de Taïwan qui a été emportée par un cerf-volant. Cette image m'a vraiment frappé.

L'émission a fait son retour en France en décembre dernier sur RMC Story. Vous avez eu des retours des téléspectateurs ?

C.R. : Oui, ils sont contents de nous retrouver apparemment. Il y a des gens autour de moi qui m'ont dit : "J'ai regardé, c'était sympa."

Vos jumeaux Luchino et Vittorio ne vous ont pas forcément vue à la télé quand ils étaient petits… Ils vous ont vue, cette fois ?

C.R. : En fait, je n'ai pas du tout le culte de la personnalité. Chez moi, à Marseille, je n'ai pas une photo de moi. Quand ils étaient petits, ils ne m'ont sans doute pas vue souvent. J'ai dû les faire venir une fois sur le plateau de 90'enquêtes, ils devaient avoir 3 ou 4 ans. Ici, ils ont peut-être regardé l'émission avec leur père, mais je ne sais pas vous dire car moi, je ne me regarde pas.

L'émission arrive ce mardi sur AB3. Quel rapport avez-vous avec notre pays ?

C.R. : Ah mais moi, j'ai une histoire d'amour avec la Belgique, avec les Belges. J'ai des copines à Bruxelles. J'ai vécu un an à Londres avec une Belgo-Portugaise que je vois toujours. J'ai fait des fêtes incroyables chez vous. Il y a cette hospitalité absolument dingue. Je connais mieux Bruxelles que le reste, et c'est une ville où je pourrais vivre carrément.

J.L. : Moi, je suis né près de la frontière (NDLR : Lapugnoy, pas loin de Béthune). Ma sœur est née avec la double nationalité belge et française. J'ai eu l'occasion de m'y rendre souvent. Quand on fait des études à Lille et qu'on veut s'amuser, on va en Belgique. Et puis ma sœur avait un appartement à Coxyde. Donc, j'ai fait beaucoup de vélo là-bas, en suivant le tram de la côte.

Quels sont vos projets à tous les deux ?

J.L. : Je suis tous les jours dans Bonjour avec vous sur TF1, entre 10 et 11h tous les jours, du lundi au vendredi. J'ai un billet quotidien qui me demande un peu de boulot. Pour le reste, j'aimerais aussi prendre un peu de repos de temps en temps (rires).

C.R. : Et là, toujours pour RMC Story, on va reconstituer notre duo pour Les 100 plus grands. J'ai aussi un autre projet d'émission sur les années télé pour début 2027. Pour le reste, je continue mon boulot de production, plutôt du côté institutionnel.

AB3, 20.20

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