Adieu, Paul Cieply, champion de France avec Béziers en 1974

Il avait été champion de France avec Béziers en 1974, pour sa seule saison au club. Mais il avait été formé à Clermont. 

C'était un centre trapu, d'1,75 m pour 75 kilos, assez fougueux, réputé bon défenseur. Il vient de nous quitter à 76 ans. Son nom d'origine polonaise nous avait toujours un peu intrigués quand on regardait les compositions d'équipe du passé. On retombait toujours sur lui avec une pointe de surprise, car on ne l'associait pas spontanément à la légende de l'AS Béziers ; seuls les connaisseurs et les puristes se souvenaient que Paul Cieply jouait au centre de l'ASB lors de la finale 1974, gagnée in extremis contre Narbonne, 16-14 avec le célèbre drop d'Henri Cabrol.

C' était un héros très discret, mais oui, il était bien sur la pelouse faisant la paire avec  Daniel Cosentino. Ce fut d'ailleurs sa seule saison au sein du club de l'Hérault, mais pas sa seule finale puisqu'il avait vécu celle de 1970 avec Clermont, perdue, celle-là, contre La Voulte, à l'âge de 20 ans. Chez les « Jaunards », Paul Cieply jouait en première depuis l'âge de 17 ans, après avoir pratiqué la gymnastique. Cette précocité l'avait conduit jusqu'en équipe de France scolaire, aux côtés, entre autres, de Michel Taffary.

Une saison extraordinaire 

C'est Gérard Lavagne qui l'avait fait venir à Béziers après l'avoir connu au Bataillon de Joinville, et on peut considérer que le nouveau venu avait fini par prendre la place de son pote. Paul Cieply, après un passage au Racing en 72-73, avait réussi à trouver sa place dans la prestigieuse écurie héraultaise aux côtés des Cantoni, Cabrol, Navarro, Pesteil, nourri par le pack d'Estève, Palmié ou Vaquerin.

Il avait aussi profité de la retraite de Jeannot Sarda et des tâtonnements qui avaient suivi, dans l'esprit de Raoul Barrière. On garde le souvenir de sa participation au magnifique essai de René Séguier en demi-finale face à Brive. Après cette saison extraordinaire, Paul Cieply était reparti en Auvergne sous les couleurs du Stade Clermontois, qu'il avait aidé à retrouver l'élite.

Puis on avait retrouvé sa trace à Cournon, auprès des jeunes du club. Parmi ses proches, il passait pour un érudit, amoureux des mots. "Je suis triste. J'ai eu la chance de jouer avec lui alors que j'étais encore junior, il m'a accueilli, conseillé, encouragé…", a déclaré sur Facebook Jean-François Gourdon, ailier international qui l'avait connu au Racing.