Caïman rockeur et léopard acrobate : les finalistes des Nikon Comedy Wildlife Awards 2026
Chaque automne, les Nikon Comedy Wildlife Awards rappellent que la photographie animalière sait aussi faire rire. L’édition 2026 a dévoilé ses finalistes : 40 photos individuelles, auxquelles s’ajoutent 3 images de la catégorie des moins de 16 ans, 4 portfolios et 9 vidéos. Le concours a reçu cette année plus de 10 000 candidatures venues de 112 pays, un record depuis sa création.
Comme l’an passé, nous avons retenu 20 images parmi les finalistes, accompagnées des anecdotes de leurs auteurs. Caïman à banane, léopard en équilibre, girafe coiffée d’un acacia : voici de quoi patienter jusqu’à l’annonce des lauréats, le 8 décembre.
Sexy mantis

C’est l’image choisie par l’organisation pour illustrer l’annonce des finalistes. Diego Perez a photographié cette petite mante lors d’une marche nocturne à Camanti, dans la région de Cusco au Pérou. La moitié de l’insecte est cachée par la feuille : les pattes arrière disparaissent et les énormes pattes ravisseuses prennent soudain des allures de jambes humaines en pleine séance de pose.
Le cadrage n’a rien d’un hasard. Le photographe raconte avoir d’abord tenté des images de l’insecte en entier, qu’il trouvait trop banales, avant de baisser son angle de vue et de jouer avec la feuille pour masquer différentes parties du corps. Il documentait alors les forêts de la future aire de conservation régionale Bosques del Araza, menacée par l’orpaillage illégal.
Elvis

Une banane digne des années 1950 : en sortant d’une zone couverte de végétation flottante, ce caïman du Pantanal brésilien a gardé sur le crâne une touffe de plantes aquatiques. Paolo Torre n’a eu qu’à déclencher pour obtenir le sosie reptilien du King.
The Handstand

Ce léopard semble réussir un équilibre sur les mains parfait. Homagni Sahana l’a suivi toute une matinée dans la réserve nationale de Samburu, au Kenya : la femelle grimpait sur différents points d’observation à la recherche de son petit, qu’elle a fini par retrouver. Une journée que le photographe indien décrit comme un documentaire animalier joué sous ses yeux.
Fashion fades. Feather coats are forever.

Démarche assurée, plumage ébouriffé, décor de cabane rouge : ce pygargue à queue blanche défile sur la mer gelée comme sur un podium. Tapani Linnanmäki photographie l’espèce depuis quatre hivers autour de Kustavi, sur la côte ouest de la Finlande.
Le photographe pense qu’il s’agit du même individu que celui de son image « Shake, Ruffle, Rattle and Roll », prise il y a quelques années, sans pouvoir le certifier. L’oiseau, lui, ne s’est pas apprivoisé pour autant : il s’envole toujours dès qu’il l’aperçoit.
If I were just a little faster…

Un face-à-face qui ressemble à une conversation. Au nord du Svalbard, Eric Boren a suivi une ourse polaire harcelée pendant un long moment par des mouettes ivoire. L’ourse était sans doute passée trop près d’un nid : les ours polaires, opportunistes, ne dédaignent pas les œufs. Lorsqu’elle s’est enfin allongée, l’une des mouettes s’est posée à quelques mètres, et les deux animaux ont semblé se jauger en silence.
Squirrel Wars

Seul Français de cette sélection, Rémi Schnell a photographié cet écureuil roux à La Montagne, en Loire-Atlantique. Saisi en plein vol sur un fond sombre constellé de particules, l’animal semble tout droit sorti d’un film de science-fiction.
Le photographe s’amuse lui-même de l’ambiguïté (écureuil, oiseau ou super-héros ?), mais souligne qu’il lui a fallu une année entière d’attente pour réunir toutes les conditions nécessaires à cette image, qui n’a rien d’un montage.
Are You Kidding Me?

Kevin Lohman observe les grands-ducs d’Amérique du parc de Natural Bridges State Beach, en Californie, depuis près de neuf ans. Ce matin-là, il photographiait un jeune de sept semaines perché dans un pin quand un écureuil a surgi d’une branche voisine pour lui tomber littéralement sur la tête, faisant chuter les deux animaux.
Le plus surprenant reste la suite : en une heure et demie, le jeune hibou a été délogé trois fois de son perchoir par un écureuil, sans dommage pour personne. L’image a été prise à main levée avec un Nikon Z9 et le Nikkor Z 400 mm f/2,8 TC VR S, en rafale à 20 images par seconde.
Just a gentle nudge… for traffic discipline

Tout est affaire de perspective. Dans le lit asséché du lac d’Amboseli, au Kenya, cet éléphant semble sur le point de donner un coup de patte à un 4×4 qui croise sa route. Le véhicule se trouvait en réalité très loin derrière.
Shailza Singhal raconte avoir d’abord tout fait pour garder la voiture hors du cadre, avant de se résigner à composer avec. Elle avait choisi un grand-angle pour montrer l’immensité du paysage : c’est cet alignement imprévu qui a fait l’image, lors du dernier safari de son voyage.
The different one

Trois jeunes girafes, un seul acacia parasol, et un alignement parfait. Dans le secteur d’Oltepesi, au Masai Mara, Dirk Koster a remarqué que l’arbre se plaçait exactement derrière la tête de la girafe du milieu, qui semble ainsi coiffée d’un chapeau extravagant.
Le photographe néerlandais insiste : rien n’a été arrangé, il s’agissait simplement d’être au bon endroit et de le voir. Ses images d’arbres illustreront aussi un livre consacré aux plus beaux arbres d’Amsterdam, attendu à la mi-novembre.
Angry Bird

Le roitelet huppé est le plus petit oiseau d’Europe, ce qui ne l’empêche pas d’afficher un air redoutable. Jan Wittmer l’a rencontré pour la première fois sur l’île d’Helgoland, en Allemagne. Appareil posé au sol pour se placer à hauteur d’oiseau, il a déclenché au moment précis où celui-ci s’est arrêté net pour fixer l’objectif.
Did I sleep past my alarm?

La tête de quelqu’un qui réalise qu’il est en retard au travail. Ce blennie photographié à Curaçao vit dans un minuscule tube camouflé du récif et n’ouvre la bouche qu’une fraction de seconde pour se nourrir.
Fabi Fregonesi a dû multiplier les plongées pour saisir cette expression, avec un objectif macro de 100 mm associé à une lentille +10 dioptries. La profondeur de champ était si réduite que le moindre décalage dans le timing ruinait la netteté du regard.
Nature’s Window

Il est 6 heures du matin, en mai, près de Stoke-on-Trent, en Angleterre. Lee Frost s’apprêtait à rentrer après une séance consacrée aux insectes quand il a déposé un agrion jouvencelle encore engourdi sur une feuille pour un dernier portrait.
Plutôt que de prendre la pose, la demoiselle s’est glissée derrière la feuille, a passé la tête par un trou providentiel et a levé une patte au moment du déclenchement, comme pour saluer le photographe.
Doris with her hat

Lorsque ce buffle d’eau a relevé la tête, au Sri Lanka, elle était couverte de plantes aquatiques formant un chapeau digne d’un mariage champêtre. Andy Rouse et ses compagnons l’ont aussitôt baptisée Doris.
A Very Pressured Spadefish

Ce platax semble sentir peser sur lui une pression considérable, et pour cause : un requin-baleine se profile juste derrière. Kyo Chen photographiait un banc de ces poissons lors de sa première plongée aux Philippines, un séjour entièrement organisé autour des requins-baleines, quand la gigantesque silhouette est apparue dans son cadre.
Pour cet artiste visuel taïwanais habitué à composer ses images, c’est justement ce qui fait le prix de la nature : rien ne peut y être mis en scène.
Smile

À Gold Harbour, en Géorgie du Sud, manchots royaux et éléphants de mer partagent la même plage, et l’espace personnel n’y existe pas. Marek Jackowski a saisi ce mâle dressé au milieu des poussins, gratifiant l’objectif d’un large sourire pendant que la colonie s’écarte prudemment de ses quatre tonnes.
Le photographe polonais signe un doublé parmi les finalistes, avec une seconde image de morses aux allures de gang, prise au Svalbard.
The Ground Is Lava!

Un pas après l’autre, ce caméléon du Sénégal traverse le sol sableux comme si chaque caillou était brûlant. Photographié au Togo par Robert Gondek, il évoque ce jeu d’enfant où le sol se transforme en lave. Avec sa patte levée et sa mine sérieuse, il fait davantage penser à un petit héros de film d’action qu’à un reptile adepte du camouflage.
Morning calisthenics

Les corps de plage se travaillent, même chez les grands prédateurs. Sur les rives de Lake Clark, en Alaska, cette ourse brune semble enchaîner les exercices d’abdominaux en pédalant dans le vide. Scott Suraino y voit une séance de gainage matinale en vue de l’été.
Hair Check Before the Family Photo

Trois suricates prennent la pose en Namibie, mais l’un d’eux tient à une dernière inspection capillaire avant la photo de famille. Subi Sridharan a saisi l’instant où il passe la patte sur la tête de son voisin, pendant que le troisième fait de son mieux pour garder une allure respectable.
Little Godzilla

Bras levés et gueule débordante d’herbe sèche, cet écureuil roux de Hanovre prend des airs de monstre de cinéma. Il avait simplement pris une bouchée un peu trop généreuse, qu’il a fini par faire rentrer à force de mastication. Udo Harms l’a photographié avec un Nikon Z6 II et l’AF-S Nikkor 500 mm PF, au 1/1000 s à f/8 et 4500 ISO.
Lessons

Les bains de poussière protègent la peau des éléphants du soleil, mais celui-ci a été administré avec une générosité particulière. Dans le parc d’Amboseli, alors en pleine sécheresse de quatre ans, Heather Cudworth a vu une femelle armer sa trompe comme un lanceur de baseball avant d’envoyer un nuage de terre droit dans le visage de son petit.
La photographe y voit une leçon pour les humains : nos actions ont des répercussions bien plus larges qu’on ne l’imagine, à l’image de ce nuage de poussière. Elle précise toutefois que l’ampleur de la scène tient aussi à l’extrême sécheresse du terrain.
Un concours photo au service de la conservation
Ces vingt images ne représentent que la moitié des finalistes individuels. Ours brun en plein fou rire, oisons assoupis, anhinga coiffé d’un poisson ou morses aux allures de gang complètent une sélection particulièrement riche cette année.

Derrière l’humour, le concours poursuit un objectif sérieux. Fondé en 2015 par les photographes Paul Joynson-Hicks et Tom Sullam, il mise sur le rire pour susciter de l’empathie envers les animaux sauvages. « Nous utilisons l’humour pour amener les gens à ressentir de l’empathie envers la faune, et c’est cette empathie qui fait évoluer les comportements », résume Tom Sullam dans l’annonce des finalistes. Chaque année, une partie des bénéfices revient à une organisation de protection de la nature : en 2026, 10 % des profits sont reversés à la Born Free Foundation, qui secourt les animaux sauvages exploités et protège les espèces menacées et leurs habitats.
Le jury, qui compte notamment la présentatrice Kate Humble, l’humoriste Hugh Dennis et le photographe Will Burrard-Lucas, accueille cette année quatre nouveaux membres : l’autrice Roma Wells, les photographes animaliers Will Fortescue et Jamie Smart et l’humoriste Stuart Goldsmith. Le grand gagnant remportera un safari dans le Masai Mara avec Alex Walker’s Serian. Parmi les autres dotations figurent des Nikon Z6 III, Z50 II et ZR, ainsi que des sacs photo ThinkTANK.
Les lauréats seront dévoilés le mardi 8 décembre 2026 lors d’une soirée à Londres. Tous les finalistes seront ensuite exposés gratuitement à la Gallery@Oxo du 9 au 13 décembre. D’ici là, le public peut voter pour son image préférée sur le site du concours afin de désigner le prix du public, parrainé par Sterna : le vote est ouvert jusqu’au 1er mars 2027 et un votant tiré au sort remportera 500 livres sterling.
Retrouvez également notre sélection des finalistes 2025 et le palmarès de l’édition 2025.