Quatre tableaux volés au musée Renoir de Cagnes-sur-Mer, dont deux abandonnés dans son jardin
France 08/09/2026 08:58 Actualisé le 08/09/2026 13:40
Les deux œuvres manquantes sont « Madame Colonna Romano » et « Jeune femme au puits », deux huiles du maître de l’impressionnisme.
Par Vincent Gibert avec AFP

NORBERT SCANELLA / Only France via AFP
Le musée Renoir à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), ici photographié le 14 février 2019.
Tout s’est joué à l’aube ce mardi 8 septembre au musée Renoir de Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes. Peu avant 6h, quatre tableaux y ont été dérobés.
Comme le rapporte Nice-Matin, l’alarme du musée s’est déclenchée à 5h48. Deux individus ont alors été repérés par les caméras de vidéoprotection. La police est arrivée cinq minutes plus tard sur place. Trop tard, les deux cambrioleurs ayant déjà pris la fuite.
Le commando, « bien équipé et bien renseigné », a découpé au moyen d’une « scie métallique » les accroches des cadres, selon le maire RN de Cagnes-sur-Mer Bryan Masson.
Mais « les sirènes du musée et de la police ont poussé les cambrioleurs à se précipiter », a-t-il expliqué à la presse. Si bien que sur les douze œuvres de Renoir exposées au musée, quatre ont été dérobées. Dans leur fuite, les individus ont été contraints d’en abandonner deux dans le jardin de l’établissement.
Une fois les alarmes déclenchées, informant simultanément la police nationale et la police municipale, cette dernière « est intervenue en moins de cinq minutes ».
Deux œuvres restent ainsi recherchées, indique la mairie de Cagnes-sur-Mer : Madame Colonna Romano et Jeune femme au puits, deux huiles du maître de l’impressionnisme. Quant aux deux tableaux récupérés, il s’agit des portraits Madame Pichon et Coco lisant, très célèbre représentation du fils de Renoir, avec ses longs cheveux blonds. L’enquête a été confiée au parquet de Grasse.
Un musée inauguré en 1960
Le maire de Cagnes-sur-Mer n’a pas actualisé le montant du préjudice après avoir dans un premier temps parlé de 9 millions d’euros.
« S’attaquer au musée Renoir, c’est s’attaquer à une part de l’histoire et du patrimoine de Cagnes-sur-Mer », a-t-il dénoncé dans un communiqué. « Je forme le vœu que le ministère de la Culture active des financements extrêmement importants pour préserver les musées de France (...) c’est le patrimoine de tous les Français qui est aujourd’hui la cible de gangs, de mafieux », a accusé le maire.
Créé en 1960, le musée Renoir de Cagnes-sur-Mer, non loin de Nice, a pris place dans la dernière demeure du peintre Pierre-Auguste Renoir (1841-1919). Aujourd’hui, outre le mobilier originel, le musée Renoir expose des objets, des meubles ayant appartenu à Renoir dont son chevalet et son fauteuil roulant ainsi que des portraits, des paysages, des nus peints par l’artiste.
Ce vol a eu lieu près d’un an après le casse retentissant au sein du Louvre, le musée le plus fréquenté au monde, en plein Paris, au cours duquel les huit joyaux de la Couronne de France - toujours introuvables - ont été dérobés dans la galerie d’Apollon. Depuis, le ministère de la Culture a fait de la sécurité des musées une priorité, que l’actualité se charge régulièrement de rappeler.
Fin juillet, un collier en or appartenant au Trésor de Vix, datant de l’époque celte et enfoui il y a 2 500 ans en Bourgogne, dans l’est de la France, a été dérobé en pleine matinée dans un musée de Châtillon-sur-Seine, déjà visé par deux précédentes tentatives de cambriolage.
Début juillet au nord de Strasbourg, des voleurs avaient également mis la main sur des pièces de joaillerie au musée Lalique de Wingen-sur-Moder. Préjudice estimé : plus de 4,5 millions d’euros.
Dans un plan de 33 mesures dévoilé en juillet, le ministère de la Culture recommande notamment de retirer temporairement certaines pièces des vitrines. Il s’agit de « mettre à l’abri, dans des lieux adaptés qui seront identifiés pour chaque département, les objets les plus vulnérables dans l’attente de la sécurisation de leur présentation », avait-il expliqué dans un communiqué.