Bébé retrouvé dans un campement : « Ça fend le coeur »

Les chefs des principaux partis se sont émus, jeudi, qu'un enfant d'un peu plus d'an ait été retrouvé par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dans une tente du campement installé par des personnes en situation d'itinérance, le long de la rue Notre-Dame.

Ça fend le cœur, a d'abord commenté la première ministre sortante et cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, ce midi, lorsque questionnée sur le sujet en point de presse. Je suis une maman, d'abord et avant tout. Je ne peux pas croire, a-t-elle poursuivi, visiblement émue.

Gros plan sur Christine Fréchette qui s'exprime devant des microphones, vêtue d'une veste sombre.

La cheffe de la Coalition avenir Québec, Christine Fréchette, répond aux questions des journalistes.

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

L'enfant, dont la santé et la sécurité n'étaient pas compromises, selon le SPVM, a été confié à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). La mère a quant à elle été prise en charge par les services sociaux.

Il faut éviter que ça se reproduise à tout prix, a soutenu Mme Fréchette. Selon elle, ce dossier doit être traité par l'ensemble des partenaires, dont les municipalités, le gouvernement du Québec, le fédéral, le secteur privé et les organismes communautaires.

On a tous un rôle à jouer. On travaille à l'élaboration d'un plan national de lutte contre l'itinérance, a rappelé Mme Fréchette, qui a aussi plaidé en faveur d'un dénombrement des personnes en situation d'itinérance chaque année plutôt que tous les trois ou quatre ans.

La première ministre assure également avoir communiqué avec la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, quelle doit par ailleurs rencontrer dans les prochains jours.

Or, cette dernière dénonce l'inaction de Québec concernant le campement Notre-Dame, puisque la friche appartient au ministère des Transports et de la Mobilité durable. Moi, je ne peux plus attendre, a laissé tomber Mme Ferrada Martinez, qui dit être en train d'explorer toutes les options possibles, même légales, pour se donner les moyens d'agir.

J'en parle et j'en shake, dit Ruba Ghazal

Si Mme Fréchette s'est montrée ébranlée par la nouvelle en provenance du campement Notre-Dame, la co-porte-parole de Québec solidaire (QS) Ruba Ghazal semblait, elle, plutôt en colère.

J'ai été extrêmement choquée qu'on soit rendus à avoir un enfant d'un an dans un campement. [...] J'en parle et j'en shake.

On est en 2026, dans un Québec riche... qu'on en soit là, c'est totalement inacceptable et choquant.

Rappelant les décès de nombreuses personnes en situation d'itinérance lors des dernières années, elle s'est inquiétée que la situation puisse encore s'empirer. Je ne veux pas penser à la prochaine chose.

Mme Ghazal a aussi dit comprendre le cri du cœur de Soraya Martinez Ferrada, soulignant que d'autres maires ou mairesses ont lancé bien avant elle des appels à l'aide de la sorte au Québec.

Ce que je peux dire, c'est que c'est possible de régler l'itinérance. Ce que ça prend, c'est des investissements et une volonté politique ferme.

Selon la plus récente étude publiée par l’Union des municipalités du Québec (UMQ), le coût des services sociaux destinés à une personne en situation d’itinérance s’élève à 95 284 $ en moyenne par année, soit 16 fois plus que pour le Québécois moyen, pour qui la facture s'élève à 5900 $.

C'est gênant, lâche PSPP

Indigné par la situation, le chef du Parti québécois (PQ) – qui a dit, pendant le premier débat, faire de l'itinérance une affaire personnelle – a tout de même tenté de se faire porteur d'espoir.

C'est gênant pour notre société. On est une société riche. À nouveau, on ne devrait pas accepter ça, a dénoncé Paul St-Pierre Plamondon, avant d'ajouter, du même souffle : Des solutions, il y en a.

Paul St-Pierre Plamondon, les bras croisés, écoute les journalistes devant des microphones.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a promis lors des débats qu'il serait personnellement responsable de ce dossier dans un éventuel gouvernement du PQ.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Nous, on veut réduire l'itinérance de 50 % et ça ne se fait pas par magie, ça se fait par le concept de l'habitation en premier, a expliqué le chef, déplorant qu'une situation aussi triste sur le plan humain puisse se produire au Québec.

Il y a des exemples de sociétés qui sont parties exactement de la situation qu'on vit en ce moment et qui ont vraiment changé la direction en quelques années, a-t-il aussi affirmé, citant la Finlande et la ville de Houston, aux États-Unis.

Le concept, c'est qu'une fois qu'il y a un espace, on peut avoir des accompagnateurs et des spécialistes pour encadrer, aider. C'est pour ça que mon premier réflexe, c'est le filet social. Est-ce qu'on peut renforcer le filet social d'intervention?

Tous les élus ont une responsabilité, dit Milliard

À l'instar de Christine Fréchette, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a soutenu que les élus de tous les paliers de gouvernement avaient leur part de responsabilité dans la crise de l'itinérance.

Je pense que tous les élus qui ont un pouvoir devraient intervenir dans cette situation, a-t-il soutenu en point de presse à Lac-Mégantic, déplorant des manquements graves et des vies humaines qui sont perdues.

M. Milliard a refusé de se prononcer ou non en faveur des démantèlements. Selon lui, il faut plutôt agir sur les causes à l'origine de la crise. Il a ainsi vanté son plan sur l'itinérance comme étant le plus ambitieux.

Ça prend davantage d'intervenants pivots, davantage de logements sociaux et abordables, multiplier les investissements dans des programmes comme PRISM.

Avec les informations de Jérôme Labbé et Patrick MacIntyre