C'est "une vraie convergence franco-allemande" selon Emmanuel Macron: l'UE prépare des mesures pour se défendre "rapidement" en cas de conflit commercial

C'est "une vraie convergence franco-allemande" selon Emmanuel Macron: l'UE prépare des mesures pour se défendre "rapidement" en cas de conflit commercial

Publié hier à 20h53

Lire dans l'app

"Nous allons développer un nouvel outil qui permettra d'agir rapidement et efficacement, dans l'intérêt de l'UE, en fermant l'accès au marché unique européen", a expliqué ce vendredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

L'UE prépare un nouvel outil qui lui permettra de fermer "rapidement et efficacement" l'accès à son marché intérieur, en cas de conflit commercial avec un pays tiers, a confirmé vendredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Bruxelles s'inspire ainsi d'une proposition conjointe de la France et de l'Allemagne, qui vise à renforcer l'arsenal de défense de l'UE, en cas de conflit commercial avec la Chine ou un autre pays.

"En s'appuyant sur cette proposition franco-allemande, nous allons développer un nouvel outil qui permettra d'agir rapidement et efficacement, dans l'intérêt de l'UE, en fermant l'accès au marché unique européen", a déclaré lors d'une conférence de presse la présidente de l'exécutif européen, à l'issue d'un sommet des 27 à Bruxelles.

En outre, cette nouvelle mesure n'empêchera pas l'UE d'utiliser "autant que nécessaire" ses autres instruments de défense commerciale, a-t-elle prévenu.

Pékin veut que l'UE "s'abstienne d'instaurer des mesures protectionnistes"

Le président Emmanuel Macron a salué une "vraie convergence franco-allemande qui a permis d'acter des avancées très concrètes, et un changement de cette politique commerciale (...) face à cette concurrence déloyale".

Selon lui, la nouvelle orientation de l'UE traduit "une politique commerciale beaucoup plus pragmatique et qui accepte de protéger (...) ses secteurs, ses acteurs économiques face à la concurrence déloyale" de la Chine et d'autres pays. Le chancelier allemand Friedrich Merz s'est quant à lui félicité que la mesure ait reçu un soutien "unanime et inconditionnel" des 27.

De son côté, Pékin a réitéré vendredi son appel à ce que l'UE "s'abstienne d'instaurer des mesures protectionnistes ou discriminatoires" à l'encontre des entreprises chinoises, selon une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Le dispositif franco-allemand permettrait à Bruxelles d'agir en quelques jours pour interdire les importations en provenance pays se livrant à une guerre commerciale à avec l'UE, à moins que les 27 Etats membres ne décident de s'y opposer à la majorité qualifiée.

Il a été proposé sur fond de tensions grandissantes entre Bruxelles et Pékin, alors que le déficit commercial de l'UE avec la Chine a explosé, atteignant depuis l'an dernier autour d'un milliard d'euros par jour. Les Européens l'imputent en grande partie à des pratiques déloyales de la Chine, avec des surcapacités industrielles alimentées par d'importantes subventions, ce qui met en péril des secteurs industriels entiers en Europe (automobile, chimie...). Pékin a accepté de limiter à 350.000 le nombre de véhicules hybrides qu'elle exporte vers l'UE chaque année, dans le cadre d'un accord conclu entre Pékin et Bruxelles pour tenter de résoudre à l'amiable la crise commerciale sino-européenne.

Sujets liés :