« C’est une première pour l’arrière-pays » : ce village des hauteurs du Var sera bientôt doté d’une chambre funéraire
Il existe des lieux que personne ne souhaiterait découvrir. Des lieux synonymes de chagrin et de déchirement lorsque sonne l’heure de la séparation… Irréversible. Mais des lieux ô combien nécessaires pour les personnes endeuillées, lesquelles sont souvent confrontées pour la première fois à devoir pousser les portes d’une chambre funéraire, afin d’organiser des obsèques.
À ce titre, des professionnels s’engagent à accompagner les proches des défunts en leur proposant un service et des prestations de qualité.
Parmi eux, la famille Manzo. Benoît et sa sœur Laetitia sont cogérant de l’entreprise familiale créée en 2006. Après l’ouverture de deux agences de pompes funèbres et d’une première chambre funéraire à proximité du Centre hospitalier de la Dracénie, en 2022, un nouveau bâtiment verra le jour à Villecroze.
« Casser les codes du funérarium traditionnel »
« Avec nos agences de Draguignan et Salernes (depuis 20 ans), nous avions déjà une activité qui nous permettait d’avoir notre propre chambre funéraire. Avant cela, nous dirigions les familles chez nos confrères. Nous avons donc fait le choix de l’autonomie et de la logistique, en imaginant un service funéraire à notre image, et de qualité, à proposer aux familles avec un premier bâtiment à Draguignan. »
Trois salons de présentation où les proches peuvent se retrouver dans l’intimité, un espace de convivialité plus grand, un décor apaisant… Les lieux ont été pensés avec soin.
« Nous voulions casser les codes du funérarium traditionnel et ça a marché, les gens nous ont fait confiance », se targue Benoît Manzo.
Cyril Hiély / Nice-matin
Un premier bâtiment sur le territoire
Des installations et des prestations qui ont occasionné des retours positifs, à la hauteur de l’investissement.
« Les gens nous contactent de leur propre gré. Nous sommes présents sur une liste préfectorale mise à jour tous les ans, au même titre que nos confrères », poursuit-il.
De quoi envisager l’ouverture d’une deuxième structure, à l’intérieur des terres cette fois, au carrefour Les Esparrus, sur la commune de Villecroze. « Les travaux ont démarré début septembre, annoncent Laetitia et Benoît Manzo. C’est une première pour l’arrière-pays. Auparavant, les habitants devaient descendre jusqu’à Vidauban ou Draguignan pour se recueillir auprès de leurs défunts ».
Bienvenue en milieu rural, l’initiative facilitera les démarches aux villageois de la Communauté de communes des Lacs et gorges du Verdon (CCLGV), en écourtant par ailleurs la durée d’attente pour des obsèques qui se déroulent dans l’arrière-pays varois.
« Le secteur mérite d’avoir une chambre funéraire. Il y a malheureusement beaucoup de décès. Avec le nombre de maisons de retraite et la population qui grandit, les étrangers qui viennent passer leur retraite par ici… Le besoin se fait sentir, enchaîne Laetitia Manzo. Les familles qui nous contactent viennent de tout le secteur. »
Un métier qui se « démocratise »
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Vincent Vagh, maire de Villecroze, a tenu à saluer la démarche : « La création de cette chambre funéraire représente un véritable service pour notre territoire et pour les habitants qui traversent ces moments difficiles », écrit-il.
Le projet de 150 m² comprend une maison déjà existante. Il sera composé de deux salons de présentation de 25 m² chacun, un accueil, une chambre froide et une salle technique. Côté décoration, de la terre cuite ou encore du verre seront utilisés afin de « garder l’esprit Manzo avec un côté cosy. Le magasin sera collé à la chambre » (1), détaille le responsable.
Neuf places de parking seront par ailleurs créées sur les 1 400 m² de terrain qui entourent la maison. Le tout pour un coût d’investissement qui avoisine les 700.000 euros.
À cette occasion, deux emplois vont être créés, portant jusqu’à 10 personnes le nombre de salariés de la petite entreprise familiale.
Conseillère funéraire, chauffeur porteur… Malgré les contraintes dues aux astreintes, « le métier ne fait plus peur comme il y a 20 ans, il se démocratise », termine Benoît Manzo.
1. La bâtisse abritera le magasin initialement situé à Salernes.