"C'est ma première et ma dernière expérience politique": Monique Barbut sera ministre tant qu'elle aura "la garantie de pouvoir agir"

La ministre française de l'Environnement, Monique Barbut, quitte l'Élysée à Paris à l'issue de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, le 22 juillet 2026. - DIMITAR DILKOFF / AFP
Après avoir annoncé sa démission pour protester contre l'adoption de la loi d'urgence agricole, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a finalement décidé de "poursuivre sa mission à la demande" du président Macron "qui l'a assurée de son soutien".
La ministre de la Transition écologique Monique Barbut, démissionnaire avant qu'Emmanuel Macron ne la persuade de rester, se dit "très libre" dans une interview aux Échos publiée mercredi 22 juillet au soir et veut rester au gouvernement tant qu'elle aura "la garantie de pouvoir agir".
"Je resterai tant que j'ai la garantie de pouvoir agir mais, clairement, je peux vous assurer que c'est ma première et ma dernière expérience politique. C'est pour cela que je me sens très libre", a-t-elle confié à l'issue d'une journée de rebondissements quant à son avenir, à la suite de l'adoption de la loi d'urgence agricole au Parlement.
"C'est pour cela que je me sens très libre. Très libre mais toujours loyale", s'est expliquée Monique Barbut, se disant malgré tout "en désaccord avec la façon, sur la forme comme sur le fond, dont la version finale du projet de loi agricole a été ficelée, en particulier sur l'acétamipride".
Réintroduction de deux pesticides interdits
Le Parlement a entériné mardi le projet de loi d'urgence agricole, qui donne à l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) la possibilité de réintroduire sous condition deux pesticides interdits, l'acétamipride et le flupyradifurone, pour une poignée de filières en difficulté, dont celles des noisettes et de la betterave.
"Ce qui m'a profondément gênée, c'est la méthode car la discussion spécifique sur l'acétamipride n'a pas pu avoir lieu à l'Assemblée malgré les garanties que l'on m'avait apportées", a indiqué la défenseuse de l'environnement de 69 ans, qui a annoncé mercredi matin sa démission sur le réseau LinkedIn avant de se maintenir.
"Je reste totalement opposée à sa réintroduction", a martelé l'ancienne présidente de l'ONG environnementale WWF France, qui affirme respecter "un vote démocratique" au Parlement et fait part de "garanties" obtenues sur des sujets qui seront "traités en priorité".
Parmi eux, un décret "mis en consultation dans les prochains jours" sur la trajectoire de baisse du cadmium. La protection des captages de l'eau potable fera aussi partie des premiers décrets en application après la promulgation de la loi d'urgence agricole, a-t-elle détaillé.

"Le président de la République m'a assurée de son soutien"
La ministre évoque aussi l'obtention du pilotage du plan d'accélération de l'adaptation au changement climatique et annonce "un débat sur l'élargissement des PFAS qui doivent être surveillés et réglementés".
"Le président de la République m'a assurée de son soutien et nous allons nous revoir de façon très régulière avec le Premier ministre pour suivre l'avancée de tous ces dossiers", a encore dit l'ancienne secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies (ONU) sur la lutte contre la désertification.
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"Je ne jouerai jamais le président de la République contre le Premier ministre", a-t-elle aussi assuré, après des tensions avec Matignon lors de l'adoption du projet de loi d'urgence agricole.