"C’est incontestable" : après l’afflux de migrants, l’Espagne répète que "Ceuta et Melilla font partie intégrante" de son territoire
L’Espagne a défendu, ce lundi 3 août, sa souveraineté sur Ceuta après que 60 000 réfugiés ont investi l’enclave depuis le Maroc, dans la nuit du 29 au 30 juillet.
L’Espagne a souligné ce lundi 3 août que sa souveraineté sur l’enclave de Ceuta était "incontestable", après que des dizaines de milliers de migrants ont pénétré illégalement sur ce territoire nord-africain depuis le Maroc.
Madrid s’est abstenue de critiquer Rabat sur les arrivées massives de la semaine dernière, interprétées par certains analystes comme un moyen pour le Maroc de faire pression sur l’Espagne. Les présides (place fortes) de Ceuta et Melilla furent conquis dans le cadre d’une stratégie visant à établir des avant-postes de la chrétienté sur le continent africain. Ils sont revendiqués par le Maroc.
"Le fait que Ceuta et Melilla fassent partie intégrante du territoire espagnol est incontestable, aux yeux du monde entier", a stipulé lundi le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, lors d’une intervention télévisée.
Près d’un millier de mineurs toujours là
Selon Madrid, la "quasi-totalité" des quelque 60 000 personnes ayant franchi illégalement la frontière jeudi et vendredi, surtout des jeunes Marocains, ont depuis été renvoyées au Maroc.
Le délégué du gouvernement local de Ceuta, Miguel Angel Perez Triano, a déclaré lundi que le nombre de personnes se trouvant encore à Ceuta était estimé à 2 500.
Le plus haut responsable de Ceuta, Juan Jesus Vivas, a quant à lui estimé que ce chiffre était compris entre 3 000 et 5 000. Près d’un millier de mineurs sont restés dans l’enclave, selon l’ONG Save the Children.
L’AFP avait rencontré durant le week-end dans une zone industrielle désaffectée de Ceuta des centaines de mineurs isolés dormant en plein air et qui espèrent encore pouvoir rejoindre l’Europe continentale.
L’arrivée en masse de ces jeunes a déclenché une crise diplomatique entre l’Espagne et certains de ses partenaires européens. L’Italie ou le Danemark ont appelé à suspendre l’Espagne de l’espace Schengen, même si la ville autonome de Ceuta n’appartient pas par dérogation à cet espace de libre circulation.