Indice UBS : Genève et Zurich face à un risque immobilier accru

Publié22. septembre 2026, 13:22

Indice UBSBulle immobilière: risque maximal à Zurich, «accru» à Genève

Les prix des logements se sont considérablement éloignés des revenus au cours des vingt dernières années dans les deux métropoles suisses, souligne l'indice d'UBS.

Martine Anastasiou

Arnaud Gallay

La marché de l'immobilier genevois est aussi tendu que celui de Dubaï ou de Séoul.

La marché de l'immobilier genevois est aussi tendu que celui de Dubaï ou de Séoul.LAURENT GUIRAUD/TAMEDIA

Acheter un appartement dans une grande ville suisse semble, depuis longtemps, hors de portée du commun des mortels. Dans un marché extrêmement tendu, les prix n'en finissent plus de s'envoler, alors que les revenus et les loyers évoluent bien moins rapidement.

Examinant 23 villes, dont Zurich et Genève, le nouvel indice UBS Global Real Estate Bubble Index montre à quel point cet écart s'est creusé, en particulier à Zurich. Au cours des vingt dernières années, les prix réels des logements y ont augmenté de près de 140%, selon UBS, alors que les loyers augmentaient d'environ 40% et les revenus de 30%.

Zurich en tête à l'échelle mondiale

L'évolution de ces facteurs fait de la métropole alémanique la ville du monde où le risque d'éclatement de bulle immobilière est le plus fort. Avec un indice de 1,69 sur l'UBS Global Real Estate Bubble Index, Zurich est la première des deux seules villes présentant un risque élevé, devant Tokyo (1,54).

UBS cite les faibles coûts de financement comme un des moteurs de cette aggravation. Ceux-ci soutiennent la demande de propriété, mais ont également conduit à une augmentation significative de l'endettement des ménages, selon l'étude.

«Risque accru» à Genève

La situation est à peine moins préoccupante à Genève, dont l'indice est également en hausse, à 1,12, signifiant un «risque accru», comme Séoul ou encore Dubaï. À l'instar de Zurich, le marché immobilier est soutenu par des taux d'intérêt bas et par la croissance soutenue de l'emploi et de la population. Les analystes de l'UBS notent par ailleurs l'intérêt des acheteurs du Moyen-Orient.

UBS estime qu'un éclatement de la bulle est improbable à court terme pour Zurich. En cause: un taux de vacance proche de zéro et le peu de nombre de logements mis en vente. À Genève, le rapport cite toutefois «les réductions de dépenses opérées par les organisations internationales», qui «constituent un risque pour les perspectives».

Pas si inabordables?

Théoriquement, en comparaison internationale, les deux villes helvétiques ne sont pas aussi inabordables que ça, relève l'UBS Global Real Estate Bubble Index. Il faut une quinzaine d'années de salaire pour s'offrir un logement de 60 m² à Hongkong et environ onze à Paris ou à Londres, mais seulement huit à Genève et Zurich.

Martine Anastasiou

Arnaud Gallay

Arnaud Gallay (arg) est journaliste à 20 minutes depuis 2009. Ses sujets de prédilection: actu internationale, genre/sexualités, mobilité et faits divers.

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