Bruxelles prépare une amende contre Google, au risque d'irriter Trump
Publié le 21/07/2026 - 19:24 UTC+2
La Commission européenne devrait annoncer la première amende visant le moteur de recherche Google au titre du Digital Markets Act (DMA), rapporte le quotidien économique allemand Handelsblatt.
S'appuyant sur deux hauts responsables européens restés anonymes, le journal indique que l'amende potentielle d'un milliard d'euros sera annoncée jeudi et qu'elle est liée à deux principales procédures pour abus de position dominante.
La première affaire porterait sur la question de savoir si Google favorise ses propres services dans les résultats de recherche en ligne, tandis que la seconde serait centrée sur des accusations selon lesquelles le groupe empêcherait les développeurs d'applications de promouvoir des options de téléchargement en dehors du Google Play Store.
Le montant exact de l'amende doit être arrêté lors d'une réunion du Collège des commissaires, qui rassemble l'exécutif dirigé par Ursula von der Leyen.
La Commission a lancé les deux procédures en mars 2024.
Google n'a pas réagi publiquement aux informations de Handelsblatt et le service des porte-parole de la Commission européenne n'a pas donné suite à la demande de commentaire d'Euronews au moment de la publication.
L'amende évoquée s'inscrit dans le cadre du DMA, qui impose à toutes les entreprises technologiques opérant dans l'UE de respecter les règles de concurrence afin d'offrir davantage de choix aux utilisateurs.
Ce dispositif législatif a été vivement critiqué par l'administration du président américain Donald Trump, Washington accusant par le passé Bruxelles de s'en prendre de manière injuste aux entreprises américaines.
Cette annonce intervient quelques jours après que la Commission européenne a ordonné à Google de partager ses données de recherche avec des moteurs de recherche concurrents à partir de janvier 2027 et d'ouvrir son système d'exploitation Android à des services d'IA rivaux, dans le cadre de la réglementation DMA.
À l'époque, la responsable européenne du numérique, Henna Virkkunen, avait estimé que cette décision permettrait aux utilisateurs de l'UE de bénéficier d'un « plus grand choix » de services.
Kent Walker, directeur des affaires mondiales de Google, avait pour sa part jugé que cette décision de l'UE risquait de « compromettre des garde-fous essentiels en matière de protection de la vie privée et de sécurité pour des millions d'Européens ».
Les amendes pour violation du DMA peuvent atteindre jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires mondial total d'une entreprise.
La maison mère de Google, Alphabet, a réalisé en 2025 un chiffre d'affaires annuel record de 402,8 milliards de dollars (353,08 milliards d'euros).