Blocus des lycées : Sébastien Lecornu a-t-il tenté de poursuivre Jean-Luc Mélenchon pour "incitation à la rébellion" ?

Sébastien Lecornu et Laurent Nunez auraient tenté de poursuivre Jean-Luc Mélenchon et des élus LFI pour "incitation à la rébellion", selon Le Canard Enchaîné. Face à une contestation lycéenne massive et marquée par 6 800 interpellations, l’exécutif est accusé de durcir sa réponse politique et judiciaire.

Dans un contexte brûlant, et alors que la mobilisation lycéenne se poursuit depuis plus de deux semaines, Sébastien Lecornu et Laurent Nunez auraient tenté d’engager des poursuites contre plusieurs figures insoumises, parmi lesquelles leur leader Jean-Luc Mélenchon, pour "incitation à la rébellion" selon nos confrères du Canard Enchaîné.

Mis en cause à l’Assemblée nationale ce mardi 13 octobre concernant la répression policière du mouvement, Laurent Nunez a répondu que si les manifestations se déroulaient de manière pacifique, "il n’y aurait pas d’interpellation de police", en référence aux 6 800 personnes interpellées et placées en garde à vue depuis le début du mouvement, dont 86 % de mineurs.

"Le but de la manœuvre était d’effrayer les élèves"

Selon nos confrères du Canard Enchaîné, ces interpellations nombreuses seraient notamment dues aux directives du ministère de l’Intérieur, qui aurait "ordonné de ratisser large". Ils précisent que suite à ces interpellations, un tiers des lycéens interpellés seraient poursuivis pour "attroupement non autorisé", et citent un commissaire qui leur aurait confié que "le but de la manœuvre était d’effrayer les élèves et leurs parents pour ­stopper au plus vite la fronde".

Pour rappel, 36 enquêtes ont été ouvertes par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) depuis le début du mouvement.

S’appuyant sur les notes des renseignements généraux, Sébastien Lecornu aurait en outre donné l’ordre d’effectuer un "grand ramassage" pour neutraliser "LFI et ses proxys d’ultragauche".

Jean-Luc Mélenchon toujours aux côtés des lycéens

D’autres consignes plus ciblées auraient également été données : le Premier ministre aurait par exemple demandé au préfet de Paris de saisir la justice contre Bally Bagayoko pour "provocation à commettre un délit".

Sébastien Lecornu aurait en outre ordonné au ministre de l’Intérieur d’attaquer en justice le leader insoumis. Laurent Nunez aurait ainsi essayé de poursuivre Jean-Luc Mélenchon pour "incitation à la rébellion". Ce dernier a finalement porté plainte pour "diffamation envers une administration publique".

Une stratégie très offensive qui n’a pas affecté le soutien des membres de La France Insoumise au mouvement lycéen. Le leader de LFI était effectivement présent, ce mardi, dans le cortège parisien, avec de nombreux autres élus du parti.