Blocages de lycées en France: 440 interpellations et des images de violences policières
“Il y a eu 440 interpellations”, principalement de mineurs, mardi lors d’une nouvelle journée de mobilisation lycéenne émaillée d’incidents, a annoncé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Les images qui circulent sur les réseaux sociaux et dans les médias français font état de nombreuses violences policières et de blessés parmi les lycéens, victimes de tirs de flashballs et de gaz lacrymogènes.
MB
Source: Belga, Le Parisien, BFM TV
29 septembre 2026, 22:16Dernière mise à jour: hier à 22:18
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“Sur l’ensemble du territoire national, il y a eu 440 interpellations. On n’a pas encore le bilan complet mais on me dit que les deux tiers ont donné lieu à des gardes à vue. Ce sont des interpellations essentiellement pour dégradations, prises à partie des forces de sécurité intérieure, donc violences sur agents dépositaires de l’autorité publique”, a-t-il détaillé sur BFMTV, dénonçant “des faits qui sont quand même assez graves”.
Au total, 48 membres des forces de sécurité intérieure ont été blessés, a poursuivi le ministre, qui a également évoqué sept jets d’acide chlorhydrique sur les forces de l’ordre.
Le ministère de l’Education nationale a recensé en fin de journée 338 établissements encore affectés, dont 45 bloqués et 46 visés par des tentatives de blocage. “La violence n’est jamais légitime. Il n’y a rien qui justifie la violence. Il n’y a rien qui justifie que pour manifester, on puisse se présenter devant des établissements cagoulé, le visage grimé, avec des projectiles et qu’on attende l’intervention des forces de l’ordre pour les prendre à partie...”, a encore assuré Laurent Nuñez, déplorant des propos “très graves” du maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko.
Un peu plus tôt dans la journée, l’édile avait expliqué que, “à un moment donné, la violence peut être légitime”. “Mais chaque fois qu’on peut l’éviter, c’est mieux”, avait-il ajouté. “Quand on est un jeune de 15-16 ans, quand on vous balance un flash-ball sur l’abdomen ou sur le visage, forcément il y a un élan de solidarité. D’abord de protéger la personne, mais d’indignation parce que c’est normal, ce sont des humains”, avait-il expliqué.
Tir tendu dans la tête
Le maire fait référence au cas d’un lycéen du Val-d’Oise touché à la tête par le tir de flashball d’un policier, une pratique pourtant interdite. Selon des images diffusées sur les réseaux sociaux, le tir a été effectué à très courte distance, en tir tendu. “Il a la bouche défoncée. Toutes ses dents du haut sont cassées, comme en arc de cercle. En bas, on ne sait même pas encore ce qu’il lui reste”, confiait la mère de la victime au Parisien ce lundi.
Ces scènes de violence, dont les témoignages remontent petit à petit, suscitent des réactions outrées à gauche en France. Manon Aubry signale ainsi le cas d’une adolescente étranglée et traînée à l’écart par un policier à Alençon. “Des scènes analogues ont été observées partout en France”, insiste la députée européenne LFI.
En Seine-Saint-Denis encore, l’usage de gaz lacrymogène par un policier a été filmé. Alors qu’un groupe de lycéens semble brandir des pancartes devant l’établissement scolaire, le policier semble prendre l’initiative de les arroser avec sa bombe lacrymogène, déclenchant un mouvement de panique parmi les jeunes. Aucun des autres policiers présents n’a réagi.