Blatten : 150'000 litres de mazout menacent l'environnement

Quelque 150'000 litres de mazout et de carburant se trouvaient dans la zone ensevelie à Blatten, selon une nouvelle étude environnementale consultée par SRF. Face aux risques de pollution, les autorités prévoient une surveillance à long terme, alors que la reconstruction du village se prépare.

Lorsque le village de Blatten a été enseveli fin mai 2025 par un éboulement, ce ne sont pas seulement des maisons, des objets personnels et des souvenirs qui ont été perdus. Des voitures, des citernes de mazout, des machines, des batteries et des appareils frigorifiques ont également disparu sous le cône d'éboulis. Rapidement, des nappes de mazout sont devenues visibles sur le lac qui s'est formé derrière le cône d'éboulis.

Une nouvelle étude environnementale, que SRF a pu consulter, montre aujourd'hui qu'environ 150'000 litres de mazout et de carburant se trouvaient dans la zone ensevelie. On ignore quelle quantité s'est échappée lors de l'éboulement et quelle quantité se trouve encore actuellement dans des citernes ou dans les décombres.

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A Blatten, 150 mille litres de mazout se trouveraient encore sous les décombres

A Blatten, 150 mille litres de mazout se trouveraient encore sous les décombres / 19h30 / 2 min. / aujourd'hui à 19:30

Les mesures de la nappe phréatique ne révèlent rien d'inhabituel

L'étude réalisée sur mandat du canton du Valais conclut que ces hydrocarbures pétroliers représentent de loin le plus grand danger pour l'environnement. En même temps, les auteurs de l'étude soulignent qu'il serait disproportionné de récupérer totalement les substances nocives pour l'environnement. Car on ne sait pas exactement où elles se trouvent.

Très vite, les premières taches d'huile sont apparus sur le lac de retenue. [SRF]
Très vite, les premières taches d'huile sont apparus sur le lac de retenue. [SRF]

Les nappes de mazout sur le lac montrent qu'une partie du mazout et du carburant ensevelis s'est déjà échappée. Les auteurs estiment qu'il existe un risque que des substances polluantes parviennent dans la nappe phréatique. Mais les mesures effectuées jusqu'à présent ne révèlent rien d'inhabituel.

Il serait disproportionné de dire qu'on ne peut plus construire ici

Les auteurs soulignent également que l'eau peut pénétrer relativement facilement dans le corps d'éboulis. La surveillance des eaux de surface et de la nappe phréatique doit donc se poursuivre sur le long terme et même être renforcée. Le canton du Valais prévoit d'étendre ces contrôles à l'ensemble de la vallée de Loèche.

Malgré ces incertitudes, le canton estime que la reconstruction reste envisageable. "Il serait disproportionné de dire qu'on ne peut plus construire ici", affirme Christine Genolet-Leubin, cheffe du Service de l'environnement du canton du Valais.

Les travaux de reconstruction vont bon train. Les premiers habitants devraient réintégrer le nouveau Blatten à partir de 2029. [SRF]
Les travaux de reconstruction vont bon train. Les premiers habitants devraient réintégrer le nouveau Blatten à partir de 2029. [SRF]

Les cartes de dangers actualisées indiquent les secteurs où une reconstruction est en principe possible. Certaines de ces zones se trouvent directement sur les matériaux qui ont enseveli l'ancien village. La manière de construire sera donc déterminante, souligne Christine Genolet-Leubin: "Il s'agit de savoir à quelle profondeur on creuse et à quelle hauteur on remblaye."

Certaines substances présentes sous les décombres pourraient en effet se dégager sous forme de gaz ou de vapeurs. Les autorités examinent donc la nécessité d'installer des systèmes de drainage dans les secteurs où le village doit être reconstruit.

Les citernes de mazout sont en partie endommagées et fuient

Ces questions ne se posent pas uniquement lors de la construction. Certaines substances polluantes pourraient encore être libérées des décennies plus tard.

"Les citernes de mazout sont en partie endommagées et fuient, d'autres vont rouiller avec le temps et le mazout s'écoulera plus tard", explique le géologue et expert en sites pollués Walter Wildi, qui a analysé l'étude pour SRF. "Tôt ou tard, le mazout arrivera alors dans les eaux de surface ou éventuellement dans la nappe phréatique."

La reconstruction se prépare

Les mesures environnementales nécessaires doivent déjà être intégrées dans les travaux en cours. Car à partir de 2029, les premiers habitants devraient revenir dans le nouveau Blatten.

"Si ces travaux se font en parallèle, le calendrier sera respecté", estime Matthias Bellwald, président de la commune de Blatten. Mais ce que l'éboulement a laissé sous les masses d'éboulis occupera encore longtemps les habitants et les autorités.

Katharina Locher et Anna-Lisa Achtermann (SRF)

Méthode d'enquête

Dans le cadre de l'enquête, des questionnaires ont été distribués aux habitants de Blatten. Ils devaient indiquer s'ils possédaient une cuve à mazout et quelles autres substances étaient entreposées dans leurs bâtiments au moment de l'éboulement.

Au total, 220 questionnaires ont été remplis, ce qui signifie qu'environ 80% des ménages et des bâtiments ensevelis ont été recensés.

Outre le mazout et les carburants, l'inventaire a aussi inclus des huiles pour moteurs et transmissions, des batteries, des appareils de réfrigération, des peintures, des solvants, des bouteilles de gaz et des munitions.