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  • 2026-08-16 06:00:00 +0000 UTC

    Aug 16, 2026

    Biodiversité. « C'est catastrophique » : dans les rivières françaises à sec, une hécatombe de poissons

    Au 1er août, 1 373 cours d’eau de l’Hexagone étaient touchés par des ruptures d’écoulement ou des assecs, selon les données de l’Office français de la biodiversité, qui note qu’il s’agit de « la situation la plus critique jamais observée à cette période ». Si cette sécheresse qui touche toutes les régions impacte les activités humaines, elle frappe en premier lieu la biodiversité qui peuple les rivières françaises : les poissons, les amphibiens, les insectes, les crustacés.

    Ces dernières semaines, de nombreuses images de ce qu’il reste de cours d’eau ont circulé, montrant des poissons morts ou amorphes à la surface de simples flaques qui étaient auparavant des rivières. « La situation est assez catastrophique », confirme Xavier Colombet, chargé de mission technique à la fédération de pêche de l’Isère.

    Selon lui, les truites sont parmi les poissons les plus vulnérables. « Ce sont des poissons d’eau froide. Leur optimum thermique est entre 4 et 19 °C. Entre 19 et 25 °C, elles sont en stress thermique - elles bougent moins, elles s’alimentent moins. Et au-dessus de 25 °C, c’est létal pour elles », détaille-t-il. Les chabots, également poissons d’eau froide, sont aussi menacés de la même manière par la hausse des températures des cours d’eau.

    De l’eau moins oxygénée

    Dans certaines rivières, les truites peuvent heureusement trouver des refuges thermiques. C’est-à-dire des zones où il y a des résurgences d’eau froide grâce à des échanges avec les nappes phréatiques. « Mais plus on anthropise (on adapte aux besoins humains, ndlr) les cours d’eau, plus on supprime ces refuges thermiques favorables à la survie des truites », pointe Xavier Colombet.

    Certains poissons, comme la loche franche ou le blason, sont plus résistants à la hausse des températures de l’eau. « Mais ils sont vulnérables dans les cours d’eau en rupture d’écoulement, détaille le spécialiste. Lorsqu'un fleuve est en assec, les bactéries vont plus fonctionner et consommer le peu d’oxygène dans l’eau, donc les poissons vont manquer d’oxygène et on va avoir de la mortalité. »

    Des pêches de sauvetage

    À travers la France, les fédérations de pêche s’activent depuis plusieurs semaines pour tenter de sauver les poissons menacés par l’eau trop chaude et les assecs. Leur solution ? La pêche électrique, une méthode non létale envoyant des ondes électriques dans l’eau pour tétaniser quelques instants les poissons, avant de les attraper dans une épuisette. Ils sont ensuite relâchés dans les zones d’écoulement pérennes, plus oxygénées et aux températures plus favorables.

    Mais en Isère, comme dans de nombreux départements, « on a trop de sollicitations d’associations de pêches qui nous demandent de venir sauver les poissons pour pouvoir répondre à toutes », explique Xavier Colombet. Une solution imparfaite, donc, pour la faune piscicole alors que les sécheresses sont amenées à se multiplier dans les années à venir en raison du réchauffement climatique. Le spécialiste l’assure : « On aura des plus longues périodes d’assèchement, et donc des populations piscicoles plus impactées. »

    2026-08-16 06:00:00 +0000 UTC