'Bingo', 'le Grand Chelem pour Remco' : Evenepoel a bluffé la presse belge à l’Euro - RTBF Actus
"Un centimètre en or" pour un "Remco Evenepoel reçu huit sur huit" : pour le journal L’Avenir, "le nouveau champion d’Europe a renforcé sa légende sur les terres de Tadej Pogacar" ce dimanche en Slovénie, en s’imposant d’un boyau à Sencur aux dépens de l’Italien Giulio Ciccone. "À 26 ans, il compte déjà 80 victoires à son tableau de chasse, rappellent nos confrères. Une performance majuscule pour un gars qui shootait dans un ballon rond il y a encore neuf ans. […] Imaginez ce que ça aurait donné s’il n’avait été pas sur la touche de très longs mois suite à plusieurs blessures graves !"
"Bingo après le jump de sa vie", titre de son côté Het Laatste Nieuws. Une manière de rappeler que Remco a désormais remporté tous les grands titres internationaux sur la course en ligne et en contre-la-montre : les Jeux Olympiques, les Mondiaux et les championnats d’Europe. Sans oublier bien sûr ses titres nationaux dans les deux disciplines. "La carte de bingo est complète. Après avoir – littéralement – connu des hauts et des bas, Remco Evenepoel s’est battu jusqu’au titre européen sur route en Slovénie. Le soulagement était immense, et l’envie de prendre sa revanche après l’échec aux Championnats du monde peut-être encore plus grande."
"Jump parfait" et "équipe forte"
"Ce qui s’est déroulé sur les routes slovènes tenait un peu du thriller hollywoodien, retrace HLN. Evenepoel a été le premier à mettre le feu aux poudres : après son attaque, il a fait une violente chute, s’est rapidement remis sur pied et, quatre kilomètres après sa chute, a lancé une nouvelle offensive. Un (petit) problème : il n’arrivait pas à se débarrasser de Giulio Ciccone. L’Italien rusé s’est accroché à la roue arrière de notre compatriote et s’est laissé entraîner dans son sillage jusqu’à un sprint à deux."
"Et ça a été serré, complète De Morgen ! Sur la photo d’arrivée, la différence entre Evenepoel et Ciccone était à peine visible. L’épaisseur d’un pneu, pas plus. Qu’est-ce qui a donc fait pencher la balance en faveur du Belge lors du sprint ? Le saut d’Evenepoel. Sur la photo, on voit clairement comment notre compatriote, les bras complètement tendus et les fesses en arrière de la selle, effectue un saut, tandis que Ciccone ne saute pratiquement pas."
Le quotidien du nord du pays liste trois autres facteurs que ce "jump parfait" pour expliquer le triomphe d’Evenepoel une semaine après sa décevante douzième place aux championnats du monde québécois. "La motivation d’effacer l’échec des Mondiaux, de bonnes jambes" mais surtout "une équipe forte". "Evenepoel n’a pas été le seul à décevoir à Montréal : ses coéquipiers n’ont pas non plus réussi à peser dans la course, rappellent nos confrères néerlandophones. En Slovénie, en revanche, c’était une autre histoire. Sander De Pestel a mené la course pendant plusieurs kilomètres sur le tronçon plat afin de contrôler l’échappée précoce. Quinten Hermans a pris la tête à plusieurs reprises lors des premiers tours locaux, tout comme Jenno Berckmoes. […] Au troisième tour, un Ramses Debruyne au sommet de sa forme a opéré une sélection drastique sur la Mozjanca. […] Après le passage de Debruyne, Pavel Sivakov s’est échappé. Ilan Van Wilder a connu des difficultés dans la montée, mais il est tout de même revenu pour garder le Français à portée de tir sur le plat. Lui aussi a fait ses preuves. […] Au quatrième tour, Maxim Van Gils a quant à lui ouvert la voie à l’attaque d’Evenepoel."
Cap sur la Lombardie
Grâce à ce "travail au millimètre", "Remco Evenepoel occupe d’ores et déjà une place unique dans l’histoire du cyclisme juge Het Nieuwsblad. Et ce, à une époque dominée par Tadej Pogacar, considéré avec Eddy Merckx comme le meilleur coureur de tous les temps. Il reste encore plusieurs années à Evenepoel pour cocher les dernières cases de son palmarès. Un deuxième titre mondial sur route figure en tête de sa liste de souhaits, tandis qu’une victoire finale au Tour de France reste son rêve ultime. Et pourquoi pas dès le week-end prochain une première victoire au Tour de Lombardie, après cinq victoires de Pogacar ?"
Mais Sudinfo met en garde. "La Lombardie l’attendra avec une autre histoire, plus intime. En 2020, la descente du Mur de Sormano avait failli lui coûter la vie, faut-il le rappeler. Cette fois, Evenepoel se présentera à Bergame avec le grand huit dans la poche de son nouveau maillot étoilé." En l’absence de Pogacar, le Belge visera en Italie l’ajout d’un deuxième Monument à son palmarès après sa double victoire sur Liège-Bastogne-Liège en 2022 et 2023.