Biennale "Butor" à Molenbaix : nos artistes à ciel ouvert

La Biennale d'Art contemporain est ouverte à la promenade, du hameau de Butor au centre du bourg. Entre le mont Saint-Aubert et celui de l'Enclus, Molenbaix déplie son vaste paysage campagnard.

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Quatre pages tournaisiennes

Plusieurs artistes d'ici ont été invités à la création, à l'appel de Julien Foucart et de Robin Legge, commissaires de l'exposition, de l'échevine de la Culture de Celles, Ophélie Huvenne, et de la famille Adins, propriétaire de la Ferme d'Ecavée. Laurence Dervaux, plasticienne, a choisi une parcelle de prairie. "La terre saigne", c'est un jaillissement de sang au cœur d'une mare créée là où le sol ne pouvait l'accueillir. La terre malmenée, humiliée, serait-elle sujette à une hémorragie ? La réflexion de l'artiste ne s'arrête pas là. Elle interroge les brisures du monde, de la guerre à l'incendie, de la pollution à l'usure et à la mémoire faillible. Ce liquide coloré naturellement, c'est le symbole du sang humain qu'il est temps d'écouter, d'interpréter librement.

Dans l'ancien poulailler industriel, le photographe Nicolas Clément a installé "Y'a rin qui va mal", une exposition privilégiant les gens et le territoire de Molenbaix. Au cours de ses promenades, venu en voisin, il a rencontré des personnes et des images qui, par hasard, croisaient son regard. Les liens entre silhouettes et paysages sont témoins de ces carrefours tissés par la cordialité, l'empathie. Dans ce local insolite et longiligne, le collectif Various Artists réinvente des plantations miniatures, après le passage du temps et des éléments.

Le jeune duo de Léo Devaddere et Tom Lombardo (Fatras) s'inspire de l'art de la tapisserie pour inventer une traversée des siècles, du Moyen Âge à la fantasy, du romantisme à la science-fiction. La fresque colorée défie les codes dans une turbulence de matières et de couleurs, ouvrant les tamis de l'imaginaire. Ce "Dialogue de Princes" se situe au cœur de la ferme. Marjorie Van den Hauwe se régale, elle, de coupes sportives, objets religieux, bibelots collectés, tout ce qui porte un pan de mémoire : le match, la prière, le jeu, le talisman, la maison… Elle crée des ligues de rubans et joyaux bariolés, nouvellement signés, solidaires. Dans l'écurie, elle pose un lasso déroulé qui raconte une histoire. Et l'endroit choisi révèle le langage de chevaux d'escapade, de bohème ou de courses fantasques.


Accueil à la Ferme d'Ecavée, promenade de 3 à 4 km d'un hangar au terrain de foot, de l'église à un sentier poétique ou à la drève, du jeudi au dimanche jusqu'au 4 octobre (10h30 à 18h). www.butor-biennale.be

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