BDW, l'historien qui a oublié le passé

Bart De Wever aime rappeler que la connaissance de l'Histoire aide à comprendre les comportements humains. Un atout précieux pour l'historien et le politique qu'il est. Le Premier ministre récuse toutefois l'idée que l'Histoire se répète, tant les contextes changent. Difficile pourtant de ne pas voir dans la crise fédérale actuelle une répétition de celle d'il y a un an. Certes, la pression des marchés financiers, la grogne sociale et certains tabous politiques ont évolué. Mais le comportement des cadres de coalition, lui, n'a guère changé. Notre historien de la rue de la Loi aurait-il perdu de vue son rétroviseur ?

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Georges-Louis Bouchez irrite toute la N-VA, des députés jusqu'au chat Maximus. Mais son refus de toute hausse de la TVA ne date pas d'hier. Les autres partenaires ont beau l'accuser de bloquer les négociations, ils peinent à démontrer leur propre détermination à trouver un compromis et à lâcher leurs totems. À force de désigner le président du MR comme responsable de l'impasse, ils contribuent à façonner son image de dernier défenseur du pouvoir d'achat et de premier pourfendeur de la gabegie publique. Quand le valet noir devient un trophée, il y a de quoi s'inquiéter.

Face à l'intransigeance bien réelle du premier parti francophone, la méthode De Wever est à nouveau en échec. Pour la deuxième fois, la procrastination et le manque de créativité conduisent au blocage. Les conflits de personnes et les divergences idéologiques ne font qu'aggraver cette impasse.

Le duel MR/N-VA permet aux autres partenaires d'éviter d'exposer leurs lignes rouges. Tout semble mener vers un compromis qui sort des équilibres prévus dans l'accord de gouvernement, c'est pourquoi le Premier a tout intérêt à convoquer les présidents de parti pour sortir de la crise.

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Dans cette séquence, Georges-Louis Bouchez joue avec le feu. Une chute du gouvernement et une rupture avec l'homme fort de la Flandre pourraient lui coûter cher, ainsi qu'aux libéraux. Le MR ne retrouvera sans doute pas de sitôt une coalition fédérale qui lui est aussi favorable, sans le PS ou Ecolo. Son pari est considérable. En mesure-t-il toutes les conséquences ?

Si l'Histoire ne se répète jamais tout à fait, elle offre des avertissements à ceux qui acceptent de les entendre. Fin stratège, Bart De Wever le sait mieux que quiconque. Encore faut-il que le Premier tire les leçons du passé…

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