Les pépites musicales de RFI - Babel Music XP: Djazia Satour, quand l’élégance et la délicatesse sonnent la révolte

Ce dimanche, direction Marseille où se tenait en mars dernier le Babel Musix XP, un festival ouvert sur le monde où jouait la chanteuse Djazia Satour. Tête-à-tête avec cette artiste touchante : quand l’élégance et la délicatesse sonnent la révolte.

Prendre le temps tout en avançant. Si Djazia Satour accepte, pour quelques instants, de se poser, de se raconter, l’artiste est une bombe d’énergie toujours prête à chevaucher le monde. Début de l’aventure : Alger, sa douceur et son soleil avant des années sombres. Posée sur le balcon du domicile familial, elle raconte : « Je suis sur mon balcon et mes parents mettent de la musique, de la musique arabe, parfois Carmen. J'ai aussi écouté beaucoup Elvis Presley, Renaud, tout ça, je m'en rappelle très bien. C'est toujours des madeleines de Proust aujourd'hui quand je réécoute certains albums qu'on avait à l'époque en vinyle. J'ai toujours eu le sentiment que la musique, c'était une énergie très puissante, très forte. »

« Pour faire face à l'ambiance du monde, il faut chanter »

Si l’amour reste une valeur essentielle dans la vie de Djazia Satour, les traumatismes du monde prennent pour le moment le dessus. Une violence sans limites, des peuples opprimés sans raison qui laissent bouche bée, explique-t-elle : « Mais je n’aurais jamais pensé qu'on aurait atteint de telles limites. Je dis ça aussi bien à l'égard des Palestiniens qui vivent, je crois, le pire, mais je pense aussi à tous les autres peuples du Proche-Orient, d'Afrique qui subissent des violences sans que personne ne soit suffisamment fort et capable d'arrêter tout ça. »

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Comment vivre lorsque notre monde nous désespère, nous exaspère ? Son tambour, son bendir à la main, Djazia Satour refuse d’être résignée, refuse de se laisser dicter un avenir assombri. Sans se faire duper, l’artiste a fait du chant un chemin vers l’égalité : « Ça veut dire à chaque fois qu'on a demandé après toi, ô liberté. Ce que l’on nous répond, c'est l'esclavagisme, c'est la violence. Nous n'avons pas dans notre réalité une vraie existence de la liberté. Nous l'avons dans le discours. Le chant, parfois, surgit vraiment comme quelque chose qui est de l'ordre de la plainte. Pour faire face à l'ambiance du monde, il faut chanter, ça fait du bien. »

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