"Avons-nous encore une boussole commune ?" : Voici le plaidoyer de Maxime Prévot à l'assemblée générale des Nations Unies

Face aux crises mondiales, aux tentations du repli sur soi et du règne du plus fort, le multilatéralisme, le droit international et le dialogue continu incarnés par les Nations unies doivent rester notre "boussole commune", a affirmé la Belgique à la tribune de l'ONU.

C'est le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Les Engagés) qui portait ces mots à l'assemblée générale de l'ONU, mardi soir à New York, en l'absence du Premier ministre Bart De Wever (N-VA) resté au pays pour les dossiers budgétaires.

Citant la pièce de théâtre "Les Aveugles" du dramaturge belge Maurice Maeterlinck, le chef de la diplomatie belge a mis en avant le paradoxe de sociétés et d'économies de plus en plus connectées et interdépendantes, mais qui s'aperçoivent de leur méconnaissance mutuelle. "Or, plus nous sommes interdépendants, plus nous avons besoin de règles communes pour que nos désaccords puissent être gérés sans que la loi du plus fort devienne la seule règle qui compte", a pointé le ministre.

À l'ONU, Maxime Prévot a défendu le multilatéralisme, le droit international et le rôle des Nations unies comme "boussole commune" face aux crises mondiales.

"Face aux guerres, aux crises humanitaires, au dérèglement climatique, aux pandémies et aux bouleversements technologiques, la question est finalement assez simple : avons-nous encore une boussole commune ? Pour la Belgique, oui. Cette boussole, c'est la Charte des Nations Unies. C'est le droit international", a martelé M. Prévot.

C'est ainsi que pour l'agression russe de l'Ukraine, "toute paix durable devra être fermement ancrée dans la Charte des Nations Unies et dans le respect de la souveraineté, de l'indépendance politique et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine."

Citant les guerres en Palestine, au Soudan, au Myanmar, en République démocratique du Congo, en Haïti, etc., le ministre a appelé à ne pas réduire le financement de l'aide humanitaire.

Sans nommer les États-Unis, dont le président Donald Trump venait de presser les États membres à quitter la Cour pénale internationale (CPI), le chef de la diplomatie belge a pris la défense de l'indépendance de cette juridiction face aux pressions et sanctions visant ses magistrats. Ainsi que de la Cour internationale de justice.

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Et alors que le locataire de la Maison-Blanche s'était opposé à tout "projet mondialisé" de régulation de l'intelligence artificielle, la Belgique a répété la nécessité d'encadrer l'IA pour protéger les personnes, en particulier les enfants, sans brider l'innovation.

M. Prévot est aussi monté au créneau pour défendre la liberté de navigation, dont les entraves au détroit d'Ormuz et ailleurs menacent le prix de l'énergie, des engrais ou de l'alimentation. Pour la Belgique et son port d'Anvers, le Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires (ISPS) doit être renforcé, a-t-il plaidé.

Le ministre a aussi profité de la tribune du monde pour défendre la candidature de la Belgique au siège du traité BBNJ sur la protection de la biodiversité en haute mer et sur une utilisation durable des fonds marins. L'attribution devrait être décidée en janvier prochain, face au Chili et à la Chine.