Lewis attend que le NPD soit « prêt » pour les élections
Quatre mois après son entrée en fonction, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Avi Lewis, veut encore faire preuve de patience.
Depuis qu’il a pris la tête d’un parti mis à genoux lors des élections fédérales de 2025, M. Lewis affirme que sa priorité immédiate est de préparer le NPD pour les élections – et non de décrocher un siège à la Chambre des communes. Plusieurs élections partielles doivent avoir lieu d’ici la fin de l’année; M. Lewis fera du porte-à-porte avec les candidats dans ces circonscriptions, mais ne se présentera pas.
À un moment donné dans la prochaine année, j’aurai le sentiment que nous sommes prêts pour les élections dans tout le pays. Nous voulons mener des campagnes sérieuses partout, a déclaré M. Lewis lors d’une récente entrevue dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, à Montréal.
En tant que parti qui doit effectuer sa remontée, nous ne sommes pas en mesure de me permettre de briguer un siège à tout prix. J’ai besoin d’un critère décisif pour déterminer quand il sera temps pour moi de me lancer. Et ce sera soit lors des prochaines élections, soit dans la période précédant celles-ci, une fois que nous serons prêts pour les élections, a-t-il expliqué.
M. Lewis s’est présenté et a perdu dans des circonscriptions de Vancouver aux élections de 2021 et de 2025.
Il a passé les trois dernières semaines à Montréal à faire campagne aux côtés des candidats du NPD Pierre Céré et Nima Machouf, qui se présentent respectivement dans les circonscriptions de Rosemont–La Petite-Patrie et de Laurier–Sainte-Marie.
Des cours particuliers de français
Les cartes de ces deux circonscriptions recouvrent une partie du mur d’un bureau dans une église presbytérienne de Montréal, où M. Lewis a suivi quotidiennement des cours particuliers de français de trois heures pendant son séjour dans la ville.
Normalement, quand on suit un programme d’immersion en français, on va à Jonquière, à Trois-Rivières ou ailleurs en dehors de Montréal, car c’est une ville très bilingue. J’ai fait un réel effort pour parler en français ici en faisant du porte-à-porte dans le cadre de ces deux élections partielles à venir.
Le NPD cherche à conserver la circonscription de Rosemont–La Petite-Patrie, actuellement représentée par le député indépendant Alexandre Boulerice, qui a quitté le groupe parlementaire du NPD après avoir annoncé son intention de se présenter aux élections québécoises sous la bannière de Québec solidaire, cet automne.
L’ancien ministre libéral Steven Guilbeault a déclaré qu’il démissionnerait de son poste de député de Laurier–Sainte-Marie.
Le souvenir de Jack Layton

L'ex-chef du NPD, Jack Layton, décédé en 2011 (Photo d'archives)
Photo : AFP/Getty Images / Geoff Robins
M. Lewis connaît bien l’histoire de son parti. On attribue généralement à l’ancien chef Jack Layton, lors de la campagne électorale de 2011, le mérite d’avoir contribué à la percée du NPD dans la province – un exploit que M. Lewis espère renouveler.
Lors des dernières élections, le NPD a vu son nombre de sièges réduits à seulement sept à la Chambre des communes. Depuis, l'ancienne députée néodémocrate Nunavut Lori Idlout s'est jointe aux libéraux, et M. Boulerice a complètement quitté la politique fédérale – laissant à M. Lewis un groupe parlementaire de cinq membres.
Le parti s’est ainsi retrouvé sans représentation au sein des comités parlementaires et avec une visibilité réduite à la période de questions. M. Lewis a déclaré que le groupe parlementaire et les partisans du NPD ne voulaient pas qu’il soit retenu à Ottawa alors qu’il pourrait être sur le terrain à faire du porte-à-porte.
M. Lewis a attribué la défaite cuisante du NPD l’année dernière à l’inquiétude généralisée provoquée par la guerre commerciale menée par le président américain, Donald Trump. Cette crainte persiste, a-t-il déclaré, et de nombreuses personnes considèrent toujours le premier ministre, Mark Carney, comme la personne la mieux placée pour gérer la situation.
Mais M. Lewis a également affirmé qu’il percevait des signes de remords de l’électeur chez les néo-démocrates qui avaient voté libéral en 2025 ainsi que chez les libéraux rebutés par l’engouement de M. Carney pour l’intelligence artificielle, l’augmentation des dépenses militaires et son pari sur les énergies fossiles en pleine urgence climatique.
Il y a beaucoup de libéraux progressistes qui sont prêts à nous rejoindre, et je pense que nous avons le potentiel de remporter certains sièges lors des prochaines élections, dans des circonscriptions qui pourraient surprendre, a-t-il déclaré, ajoutant que le NPD serait là lorsque les Canadiens seraient prêts à recommencer à voter en fonction de leurs valeurs.
Il n’a peut-être pas tort. Un récent sondage en ligne d’Angus Reid laisse à penser qu’un électeur libéral sur six en 2025 déclare désormais qu’il soutiendrait le NPD, et la moitié de ces électeurs citent le changement climatique comme leur principale priorité politique.
M. Lewis a affirmé qu’il considérait les circonscriptions de Montréal qu'il a parcourues comme des zones très progressistes où le NPD peut se positionner en qualifiant la guerre menée par Israël à Gaza de génocide, en condamnant les actions militaires israéliennes et américaines au Moyen-Orient, et en soutenant les énergies vertes plutôt que l’augmentation de la production de combustibles fossiles.
Les jeunes attirés par le NPD, selon lui
M. Lewis a indiqué qu’une fois sa campagne terminée à Montréal, il se rendra dans la circonscription de Beaches–East York, à Toronto, puis à North Vancouver–Capilano au cours des prochaines semaines. Des élections partielles auront lieu dans ces circonscriptions ainsi qu’à Chicoutimi–Le Fjord, au Québec, le 31 août.
Le NPD n’a pas encore de candidats dans ces circonscriptions, mais M. Lewis a indiqué que des bénévoles faisaient déjà du porte-à-porte en vue du scrutin.
M. Lewis a expliqué que le parti prévoyait organiser des primaires à part entière dans ces circonscriptions, mais qu’il n’avait pas prévu que M. Carney convoquerait des élections partielles cet été. Il a ajouté qu’il pourrait être amené à désigner des candidats dans ces circonscriptions.
Ces élections partielles mettront à l’épreuve l’affirmation de M. Lewis selon laquelle, après avoir perdu des voix au profit des libéraux et des conservateurs l’année dernière, son parti regagne du terrain dans des circonscriptions clés.
M. Lewis a déclaré qu’il percevait des signes indiquant qu’un électorat clé que le NPD avait en partie perdu au profit des conservateurs commençait à revenir vers lui : les jeunes. Il a expliqué que les jeunes Canadiens, confrontés à un marché immobilier inabordable et à des menaces, telles que l’intelligence artificielle et le changement climatique, s’intéressaient à nouveau au NPD.
À lire aussi :
- Nouvellement élu chef du NPD, Avi Lewis promet un retour en force du parti
- Quels défis attendent Avi Lewis, le nouveau chef du NPD?
- Analyse – Avi Lewis à la tête du NPD : le pari du virage à gauche