« Avec Moscato, une famille » : ancien Monégasque et Marseillais, Eric Di Meco raconte son quotidien sur les ondes de RMC avant le choc entre ses anciens clubs
Mardi, 16h45. le tintement d’un SMS sur notre téléphone : « Ho merde, pas vu ton texto. Oui, sans problème pour l’interview. Tu veux faire ça quand ? » Ouf ! ! ! On avait presque fini par se convaincre, après 2 jours sans réponse de sa part, que le père Di Meco avait subitement ‘‘chopé le boulard’’, comme dit Moscato…
On a compris, du coup, que contrairement à nous, Di Mec’, lui, doit en recevoir des quantités industrielles, de SMS… Radio (Super Moscato Show, Rothen S’enflamme), scène (son groupe musical Osiris), cuisine (trois pizzerias Casa Di Meco) et papi aussi : l’ancien latéral de l’OM (277 matchs, 1980-86 puis 1988-1994) est de ces retraités qui ne le sont pas. Du tout !
Bientôt 63 piges, pourtant, le Eric (7 septembre). Mais pas question de dételer. L’animal - il ne nous en voudra pas - fait partie de ces interlocuteurs précieux qui cochent les trois cases de base : expertise-sincérité-sympathie. Un bon client, donc, pour l’interview du dimanche dans Nice-Matin. Mais lisez plutôt.
Complètement ! Tu sais, quand on a commencé avec Vincent, c’est quand même quelque chose qu’on visait, en rigolant. On se disait, bah, on va faire comme Bouvard et ses Grosses Têtes… Et nous y voilà ! Je prends toujours le même plaisir avec cette famille qu’on a créée.
Les auditeurs aussi, on confirme…
Quand j’allume la machine à 14h30 pour prendre l’antenne à 15h, hé ben j’ai la banane. Je l’ai parce que je sais, d’abord, que mon con de gros (Moscato), il va me faire rire et qu’on va prendre du plaisir à l’antenne. J’ai passé plus de temps avec Vincent que chez mes parents, d’où je suis parti à 14 ans, qu’à l’OM où j’ai passé 14 ans aussi et en politique à Marseille où j’ai fait 13 ans. J’ai passé moins de temps avec mes ex-femmes qu’avec Vincent ! (rires)
Vous bossez à l’antenne depuis chez vous, dans le Lubéron. En quoi est-ce différent ?
Bonne question. Oui je bosse de la maison avec le Scoopy (un boîtier de connexion via internet avec casque audio). Au début j’avoue, t’as l’impression que ça va être compliqué et t’as aussi un écran pour les voir. Mais avec la qualité numérique, tu entends même les respirations ! Du coup, avec le temps, je pense être meilleur de chez moi qu’avec eux, je m’éparpille moins. Quand t’es en studio, Vincent fait le con, ça discute entre les pubs, je sais que je suis un peu moins dans le truc, quoi.
« À un moment donné, quand les cochons se transforment en sangliers, il vaut mieux partir de là ! »
Le Super Moscato Show, ça se prépare ?
On rigole beaucoup à l’antenne avec ça, genre on prépare l’émission à 7 heures du mat’, mais ce n’est pas le cas. Moi, je ne suis pas journaliste mais je suis fan de sport, tous les week-ends je ne rate jamais un GP Moto, la F1 pareil, les principaux matchs de foot, de rugby aussi je les regarde. On reçoit le programme de l’émission en milieu de matinée et si jamais t’a raté un truc, il y a internet. Et après, on n’est pas là non plus pour tout décortiquer avec des tonnes de stats.
Vincent, le même à l’antenne que dans la vie ?
Oh putain, oui ! J’organise un festival de l’humour chez moi à Robion depuis l’an dernier, c’est lui le premier à qui j’ai demandé de venir. Il l’a fait et il ne m’a pas pris un euro, t’imagines ! On se voit plusieurs fois dans l’année. L’été par exemple, on se retrouve au Pyla chez William Téchoueyres (ex-rugbyman) avec Vincent et Denis (Charvet). Le soir on fait l’apéro mais à un moment donné, quand les cochons se transforment en sangliers, il vaut mieux partir de là ! (rires) En plus ils sont très tactiles, ils peuvent te serrer un peu fort… Donc je m’exfiltre et ils ne se rendent compte de rien, parce qu’ils sont déjà bouillis… (rires)
Super Moscato Show et Rothen S’enflamme, deux univers très différents ?
Jérôme, ça fait 4/5 ans qu’on bosse ensemble, mais je n’y suis qu’un jour par semaine. Sans trahir de secret, cette émission, on me l’a proposée deux fois, quand Luis (Fernandez) s’est arrêté et quand Duga s’est arrêté. J’ai dit non deux fois. Je préfère être un bon soldat dans une équipe. Pareil dans le foot, la musique, dans la vie. Moi ce que fait Jérôme, regarder tous les matchs de Ligue 1, appeler à droite à gauche pour les infos, ne parler que de foot, je ne suis pas capable. ça me gonflerait en plus et là, j’y serais pas resté 20 ans, c’est sûr !
Vous avez pourtant un sacré caractère ?
Oui mais je préférais être un soldat dans un OM très fort avec Papin. Dans mon groupe, je suis bassiste, le mec qui est au fond et qu’on ne voit pas. Les stars c’est le chanteur et le guitariste et ça me va très bien.
C’est plus jouissif d’être sur scène avec votre groupe Osiris ou à l’antenne ?
Ah merde, t’as des questions compliquées, toi, oh… Dieu sait qu’au début sur scène, je prenais rarement du plaisir, c’était un défi à chaque fois. Je suis autodidacte, tous les musiciens font des ‘‘pêches’’ (rater un accord), moi j’en faisais un peu plus que les autres… Mais c’est fini et je ne prends que du plaisir. Là on a fait la féria de Dax, sur une très grande scène devant 4.000 personnes et j’avoue que tu ne touches pas terre !
« L’OM ? On a compris que ça allait être une saison de vaches maigres »
Il y a la radio, la musique, les pizzerias Casa Di Meco maintenant. C’est quoi la journée-type ?
Je me lève vers 7h. Je fais du sport ensuite pour protéger mes vieilles articulations. J’habite à une heure de Marseille, je vais minimum deux fois par semaine déjeuner à la Casa, c’est important que les gens me voient. Souvent le lundi et le vendredi, à coup sûr un jour de match. Après, Moscato Show de 14h30 à 18h. Et le soir, quand il commence à faire beau, comme on dit chez nous, tu croises toujours une ‘‘charrette’’ pour faire l’apéro… Avec ma chérie l’autre jour on se disait ça : quand j’habitais Marseille, la bouteille de Ricard elle durait l’année, bah ici, c’est un magnum par mois bientôt ! (rires)
L’OM cette saison, ça peut le faire ?
On a tous compris que ça allait être une saison de vaches maigres. Derrière le PSG, tout le monde souffre financièrement mais malgré ça, il y a des gens comme Lens qui arrivent à bien travailler. Moi je militais pour Christophe Galtier coach, mais quand j’entends la communication et je vois le travail de Bruno Genesio, je me dis que c’est pas mal. Après, je ne sais pas combien de temps il tiendra… Il faut du calme autour de l’équipe, qu’on les laisse bosser.
Ce dimanche, c’est Monaco-OM. Un pronostic ?
Ouuuhhhh ! Exceptionnellement je vais être au stade, avec sans doute Marcel Dib, je suis invité comme ancien de l’ASM où j’ai quand même joué 4 ans. Monaco c’est pas mal ce qu’ils font depuis l’arrivée de Filipe Luis, je pense qu’ils sont un peu en avance par rapport à nous. Allez je vais faire un prono politique, un bon petit match nul…
Le Gym de Pantaloni ?
Quand Ineos est arrivé, on s’est dit ici, ‘‘oh putain, y’a un voisin là, ils vont monter une grosse équipe’’. Et du coup, les Niçois sont tombés de haut, je pense qu’Ineos a pris Nice par défaut. Là, ils doivent compter financièrement, faire des coups dans le recrutement. Mais choisir Pantaloni, qui a très souvent réussi ses missions dans des clubs compliqués, c’est donner un bon signal aux supporters sur l’état d’esprit.
Pour finir, Di Meco il prend combien de retraite ?
Alors tu sais que ça y est, bientôt je vais y être ! Mais quand je vois ce que j’ai cotisé tout au long de ma carrière et ce que je vais toucher, franchement, ça fait de la peine, sans déconner (rires) ! Heureusement, moi, je suis un fils de maçon et de paysanne, donc j’ai anticipé, j’ai acheté de la pierre. Mais c’est comme ça, c’est la France, j’ai toujours joué en France, donc j’en accepte l’augure.
Bio express
7 septembre 1963 : naissance à Avignon (Vaucluse).
Footballeur. Arrière gauche. 1m82.
Clubs : Marseille de 1980 à 1994 entrecoupé de prêts à Nancy (86-87) et Martigues (87-88), Monaco (1994-98)
Equipe de France : 23 sélections (1989-94)
Palmarès : champion de France 89-90-91-92, vainqueur de la Coupe de France 89, vainqueur de la Ligue des champions 93, finaliste de la Ligue des champions 91