Automobile. Mondial de Paris : Une vague de nouveaux modèles chinois à la conquête de l’Europe

l'essentiel Véritable menace pour les acteurs locaux du secteur, l’industrie automobile chinoise est de plus en plus présente. Plus de vingt marques sont attendues au Mondial et pour l’instant, les clients déjà convertis ne s’en plaignent pas…

e cas Jaecoo ne manque pas d’originalité. La marque du poids lourd Chery désormais bien connu en Occident roule bien sous pavillon chinois mais a pour mission de ne vendre des véhicules que loin de son marché domestique ! En Europe par exemple… Si un client de l’empire du Milieu veut s’offrir un de ces luxueux véhicules (et quelques tracas administratifs peut-être insurmontables), il n’a plus qu’à prendre un billet d’avion et rejoindre une des deux concessions toulousaines, par exemple, route d’Albi ou route de Baziège… Un long essai du « 7 », crossover hybride compact mais de taille, cet été, nous a permis de vérifier les atouts de l’ambitieux asiatique (le nom « Jaecoo » a été formé par la contraction de « Jäger », chasseur en allemand et « cool »…) dont les petits défauts ne risquent pas de décourager les candidats. Chery, avec Jaecoo mais aussi Omoda figure parmi la vingtaine d’enseignes venues de Chine à la Porte de Versailles avec ses gammes hybrides rechargeables (séries Tiggo, Omoda 7/9, Jaecoo 5/7) déjà proposées en France.
Les visiteurs vont découvrir ou redécouvrir aussi BYD et sa déclinaison de luxe, Denza (avec la révélation du Z9GT). Autre géant, Geely occupe la place avec ses modèles et les Zeekr qui lorgnent avec gourmandise sur le haut de gamme allemand.

Une vingtaine d’exposants à Paris

Parmi la grosse vingtaine d’exposants (ils n’étaient que la moitié lors de la dernière édition il y a deux ans) Xpeng avec ses « riches » productions branchées comme le G9 qui autorise de longs voyages dans un confort sans nuages. Pour Leapmotor, c’est presque un salon à la maison puisqu’une alliance stratégique avec le groupe Stellantis lui permet de bénéficier du précieux réseau européen.
On peut encore citer Changan (Avatr, Deepal, Nevo), Aito, GAC et ses modèles Aion, Forthing de Dongfeng, Lynk & Co, Maxus (utilitaires 100 %électriques) et même BAW (Beijong Automobiles Works) rodé dans les années 60 sur des productions militaires et qui ose un tout-terrain… diesel.
Parmi cette « avalanche de présents au Mondial, un absent de taille, MG, déjà bien implanté chez nous. Il faut par contre ajouter Volvo, smart et Lotus « avalés » eux aussi… Bon courage pour vous retrouver dans les Halls.
Notons que la progression est bien réelle aussi sur le marché. Avec plus de 10 % aujourd’hui en Europe (des ventes doublées en un an), les chinois pèsent déjà plus que les autres asiatiques…
Les Chinois, toujours pas « invités » aux Etats-Unis pour des raisons géopolitiques soignent avec attention les Européens.
À domicile, entre surcapacité de production, affaires intérieures capricieuses liées en partie à l’obsolescence de nombreux véhicules et fragilisation des constructeurs (une vingtaine d’entre eux serait en liquidation, leurs clients parfois ne peuvent plus utiliser leur voiture), le temps est de plus en plus incertain…

Plusieurs millions d’hybrides ne seront pas exportés

Après d’âpres discussions, la semaine dernière, l’UE a obtenu un accord avec Pékin concernant l’automobile, mais aussi les droits de douanes et les terres rares indispensables à nos chaînes industrielles perturbées dans le passé par les restrictions imposées par la Chine.
L’exportation de plusieurs millions d’autos hybrides et hybrides rechargeables devrait être évitée mais ça ne change pas les objectifs de ce concurrent très agressif. Il faut donc s’attendre à voir naître régulièrement des usines ou l’utilisation de sites de productions à l’avenir. Leapmotor grâce à son partenariat avec Stellantis, vient de sortir des premiers B10 d’Espagne. D’Europe…