Automobile. Dans les années 70, la Renault 12 devient une arme d’exportation massive
En remplaçant la Renault 10 par une voiture très classique à quatre portes, la Régie Renault surprend. Certes la R10 n’était pas connue pour son originalité, mais les récentes Renault 16 et Renault 6 laissaient entrevoir davantage d’audace.
Surtout, Renault renonce provisoirement au hayon qu’elle avait tout fait pour imposer. L’idée est de plaire aux classes moyennes, souvent conservatrices, inspirée par le succès de la Peugeot 204, lancée quatre ans plus tôt. Une approche frileuse, d'autant que côté technique, circulez il n’y a rien à voir.
Une mécanique simple
En adoptant un essieu arrière rigide, la régie Renault annonce la couleur. Même en traction, la R12 ne révolutionne pas les familiales. D’autant que côté moteur, cette nouveauté se contente de reprendre le moteur quatre cylindres Cléon fonte, largement éprouvé, robuste et facile à entretenir. Une caractéristique essentielle qui va vite se révéler être un véritable atout pour la suite de sa carrière.
Les pays du sud veulent une voiture facile à entretenir
Pierre Dreyfus, alors patron de Renault, voit dans cette conception simple un argument à l’export. La disparition des barrières douanières dans l’Europe des six va ouvrir de nouvelles opportunités.
A condition de proposer des voitures adaptées aux goûts de nos voisins. Les pays du sud apprécient les berlines tricorps comme la R12. La berline rencontre le succès en Espagne ou au Portugal, où on monte une chaîne de montage.
La R12 Gordini va conquérir les sportifs. Photo Renault
Amérique du Sud
La tournée en Amérique du Sud se montre fructueuse et la voiture est assemblée en Colombie, au Chili, au Mexique, en Argentine dès 1974, en Uruguay et au Mexique. La volonté de conquérir les marchés étrangers va pousser Pierre Dreyfus à collaborer avec Willys Overland Brasil pour assembler sur places des Dauphine. Mais quelques années plus tard, en 1967 l’usine est à vendre par son propriétaire et Renault se retrouve en concurrence avec Ford pour racheter l’usine. Renault vend alors à Ford sa participation dans l’usine et les plans de la R12 qui devait être assemblée sur place. Ford, trop heureux de récupérer un modèle à peu de frais replatre rapidement la R12, qui devient Ford Corcel, tout en conservant toute la mécanique française
Dans le monde entier
La Renault 12 ne va pas s’arrêter là, et sera également construite en Irlande, Australie, Canada, Madagascar, Maroc, Côte d’Ivoire ou encore en Afrique du Sud. En Turquie, la R12 devient même la voiture nationale, sous la marque Oyak. Un autre pays va adopter massivement cette berline, et la renommer, dans un pays communiste.
Dacia, la cousine Roumaine
En Roumanie, l’industrie automobile est balbutiante. Renault va postuler pour fournir clés en mains une usine et un modèle moderne à produire, la R12. Ces voitures sont renommées “Dacia” en référence à la Dacie, le nom antique de la Roumanie. La Dacia 1300, identique en tous points aux R12 à l’exception des logos et enjoliveurs, deviendra rapidement la voiture nationale de Roumanie.
Dacia s'émancipe doucement de Renault au fil du temps, mais la Dacia 1300 sera produite jusqu’en 2006, à plus de 2 278 000 exemplaires. Ironie du sort, elle finit sa carrière sous l’ère Renault, le constructeur français ayant racheté Dacia en 1999. Mais la R12 fera encore plus fort !
Une R12 électrique pour la NASA
La version la plus inattendue de la vénérable 12 sera certainement cette version américaine, convertie sur place en électrique ! Au début des années 70, le choc pétrolier est un véritable choc et on charge une agence américaine de l’énergie de tester le véhicule électrique. La R12 est ainsi convertie à la fée électricité et affiche une autonomie de 93 km, en roulant à...40 km/h ! Autonomie qui fondait comme neige au soleil en cas d’accélérations.
Un best seller mondial
Avec une vitesse maximale de 88 km/h, inutile de vous dire qu’elle ne rencontrera pas le succès, malgré une commande de la Nasa qui la testera pendant plusieurs mois. Tout le contraire de ses sœurs thermiques qui seront produites à plus de quatre millions d’exemplaires, auxquels il faut ajouter les deux millions de Dacia 1300 et 700 000 Oyak turques. Pas mal pour une voiture jugée trop classique à sa sortie!
Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs.
En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus (plus d'informations).
En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix