Aujourd'hui, les lycéens ne rêvent plus d'amour et de liberté, mais de profs remplaçants et de locaux décents - ICI
Diffusé le vendredi 2 octobre 2026 à 7h14
Publié le vendredi 2 octobre 2026 à 7h14
Le mouvement des lycéens secoue l'automne social. Et pourtant ces jeunes adolescents semblent avoir des rêves bien modestes, loin des idéaux utopiques passé. Mon Oeil, par Alain Ginestet.
Le mouvement des lycéens secoue l'automne social. Et pourtant ces jeunes adolescents semblent avoir des rêves bien modestes, loin des idéaux utopiques passé. "Dans les classeurs de lycées, il y a des rêves et des secrets" chantait en 1977 Yves Simon, à l’époque où au lycée on rêvait de grand amour et de liberté. Aujourd’hui les rêves paraissent bien raisonnables, finalement : avoir des profs remplaçants, des locaux pas délabrés, chauffés l'hiver, respirables l'été, ou encore des classes moins chargées. Ce devrait être la règle, mais l’austérité générale a rendu les rêves des lycéens finalement bien modestes. Et pourtant ça semble encore trop…
Alors oui, ce qu’on a vu ce jeudi par endroits n’a strictement rien à voir avec une mobilisation sociale. Bien sûr que certains étaient manifestement venus pour partager autre chose qu’un diabolo menthe, et d’ailleurs les lycéens ne boivent plus beaucoup de diabolo menthe. Les lectures politiques croisées de ces évènements ne sont pas vraiment nouvelles non plus : le problème c’est qu’elles ne font rien bouger. Une fois que la droite et l'extrême droite auront accusé la gauche de jeter de l'huile sur le feu, voire de noyauter la révolte, on n'aura pas beaucoup avancé. Une fois que la gauche et l'extrême gauche auront accusé la droite d'en exploiter les dérapages ou les excès, on n'aura pas davantage progressé. Aucune violence, agression ou dégradation - totalement contre-productives - ne peut effacer la réalité des conditions de scolarité parfois déplorables.
Bien sûr qu’il y a des arrière-pensées, de toutes parts, et des buts politiques réels ou supposés. Mais la différence avec "avant", c’est qu’on n’a maintenant plus vraiment le luxe de pouvoir perdre du temps : le niveau général continuer de s’effondrer, et avoir pour seul horizon la médiocrité n’a jamais fait rêver. Pas même des lycéens désabusés.
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