Au sommet européen, l’aide à l’Ukraine au centre des débats - RTBF Actus

En voyant le jusqu’au-boutisme d’un Vladimir Poutine qui tente d’écraser l’Ukraine, l’inquiétude reste élevée en Europe. La guerre a pris une tournure plus énergétique, avec des frappes réciproques sur les infrastructures des deux pays. La Russie multiplie les bombardements, avec une grande efficacité. L’Ukraine de son côté manque de moyens de défense aérienne. C’est de ça dont il sera question aujourd’hui lors de ce sommet européen.

Volodymyr Zelensky est arrivé dès hier à Bruxelles. Il a entamé ses rencontres sans tarder et rencontré le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte. Il a relayé la demande du président américain de "trêve énergétique".

Il faut dire que Donald Trump avait annoncé unilatéralement un cessez-le-feu. Une demande qui a fait un flop.

Une demande de cessez-le-feu qui fait un flop

Dans un premier temps, le président ukrainien s’était dit d’accord avec cette trêve. L’Ukraine avait suspendu ses frappes sur les raffineries de pétrole en Russie. Mais la Russie, elle, a poursuivi, voire intensifié ses attaques sur des centrales électriques et des centrales thermiques en Ukraine. Pour Kiev, la trêve ne pouvait tenir que si elle était respectée par les deux parties.

L’Ukraine a donc annoncé hier la reprise de ses opérations. Moscou a annoncé qu’une raffinerie était en feu après une attaque massive de drones et de missiles ukrainiens. De son côté, la Russie a encore détruit des installations énergétiques à Kiev.

Donald Trump est furieux. Pas contre Vladimir Poutine, mais contre Volodymyr Zelensky. "La reprise des frappes ukrainiennes est une honte", a-t-il dit lors d’une interview télévisée cette nuit. Il s’en est pris vertement au président ukrainien.

"Pour nous, Zelensky n’est pas quelqu’un de bien pour négocier", dit Donald Trump. "C’est plus difficile de traiter avec Zelensky qu’avec Poutine."

Pour nous, Zelensky n’est pas quelqu’un de bien pour négocier. Il est plus difficile de traiter avec lui qu’avec Poutine.

Donald Trump

Double jeu de Donald Trump

Si Donald Trump se montre si véhément face à Volodymyr Zelensky, c’est aussi parce qu’il vient de conclure un accord avec le Kremlin. Le président américain et Vladimir Poutine ont conclu un accord pour la livraison de quantités massives de diesel russe sur les marchés. Objectif : faire baisser le prix du gallon aux Etats-Unis.

En pleine campagne électorale de mi-mandat, les prix pétroliers continuent de grimper. La faute à la guerre que Donald Trump a lancée en Iran et au blocage du détroit d’Ormuz. Mais le président préfère détourner l’attention, et faire porter la responsabilité de l’inflation aux Etats-Unis à Volodymyr Zelensky.

Les Européens à la rescousse de l’Ukraine

Comment les Européens pourraient-ils contrebalancer ces pressions américaines ? La participation de Volodymyr Zelensky aujourd’hui au sommet de Bruxelles est déjà un signal politique fort. Un signal de soutien des 27 à l’Ukraine face à la Russie.

Mais plus concrètement, l’Union européenne agit dans deux directions.

D’abord, elle maintient la pression contre la Russie. Elle renforce au fil du temps les sanctions infligées aux entreprises et aux décideurs russes. Elle vient d’ajouter encore 1600 individus et entités russes sur sa liste noire. Donc, contrairement aux Etats-Unis qui concluent des contrats juteux avec Moscou, l’Europe elle ne relâche pas la pression.

Et ensuite, il y a l’aide militaire à l’Ukraine. Les Ukrainiens sont inquiets d’un possible ralentissement voire d’une interruption du soutien américain. Il y a eu une rupture cette semaine dans les alertes aériennes et les communications fournies par les Etats-Unis.

L’Europe n’est pas en mesure de compenser si Washington devrait réellement restreindre son aide. Mais elle peut accélérer les fournitures d’intercepteurs pour protéger les villes ukrainiennes.

La Belgique devrait d’ailleurs bientôt livrer à l’Ukraine les avions F-16 promis depuis le début de la guerre. Ils devraient arriver d’ici la fin de l’année. Ces appareils sont particulièrement utiles pour abattre les drones à réaction développés par la Russie, nettement plus rapides que les drones encore utilisés il y a quelques mois.