Au quartier général de l'Otan, une stagiaire arrêtée pour espionnage présumé
Secret-défense. Repérée par les services de sécurité internes de l'Otan, une ressortissante canadienne d'origine chinoise a été arrêtée en Belgique pour espionnage présumé au profit d'un pays tiers.
Par Marion Prost
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Publié le 27/07/2026 à 12:32
Le SHAPE abrite le Commandement allié Opération, chargé de planifier et de conduire les opérations militaires des 32 membres de l’Otan.
REUTERS / Yves Herman
Une stagiaire, un quartier général militaire et un pays tiers resté anonyme : l'Otan tient sa nouvelle affaire d'espionnage. En Belgique, une ressortissante canadienne d'origine chinoise travaillant au SHAPE (le Quartier général suprême des puissances alliées en Europe), le principal centre de commandement militaire de l'Otan, a été placée sous mandat d’arrêt vendredi 24 juillet. Elle est soupçonnée d'espionnage au profit d'un pays tiers et de participation à une organisation criminelle.
L'affaire ne vient pas d'un renseignement transmis de l'extérieur, mais des services de sécurité du SHAPE eux-mêmes. Selon le parquet fédéral belge, ceux-ci ont repéré la stagiaire puis signalé les faits au Service général de renseignement et de la sécurité, le SGRS. Le dossier a ensuite été confié à la police judiciaire fédérale de Charleroi, sous la direction d'une juge d'instruction du tribunal de première instance du Hainaut.
Enjeux internationaux
Jeudi 23 juillet, les enquêteurs ont perquisitionné le domicile de la suspecte ainsi que son lieu de travail, à l'intérieur du SHAPE. L'unité des crimes informatiques et les services de police scientifique de Charleroi et de Mons ont participé à l'opération, notamment pour saisir et examiner d'éventuels éléments numériques et matériels. Le lendemain, la juge d'instruction a ordonné son placement en détention pour espionnage présumé et participation à une organisation criminelle.
Le lieu donne clairement à l'affaire une dimension particulière : le SHAPE abrite le Commandement allié Opération, chargé de planifier et de conduire les opérations militaires des 32 membres de l'Otan. Mais l'Alliance se veut rassurante : aucune atteinte à sa capacité opérationnelle, à ses dispositifs de commandement et de contrôle ni à ses missions en cours n'a été constatée. "Le SHAPE continue d'assumer ses responsabilités sans interruption", affirme son porte-parole, le colonel Martin O'Donnell.
"Le message est clair : il faut rester vigilant"
Le parquet ne donne ni le nom de la suspecte, ni celui du pays pour lequel elle aurait travaillé, ni celui de l'organisation criminelle à laquelle elle aurait participé. Son origine chinoise est mentionnée dans le communiqué officiel, mais Pékin n'est pas désigné commanditaire. Juridiquement, aucune réponse à ces questions, les autorités canadiennes n'ayant pas davantage commenté l'affaire dans l'immédiat.
Le parquet fédéral a annoncé qu'il ne ferait pas de commentaires supplémentaires pendant la poursuite des investigations en Belgique. Le ministre belge de la Défense, Théo Francken, s'est quant à lui dit "satisfait de la vigilance des services de sécurité du SHAPE". "Notre pays est, après Washington, le plus important centre diplomatique au monde. Les activités d'espionnage y sont nombreuses. Le message est donc clair : il faut rester vigilant", a-t-il souligné auprès de l'agence Belga. La Belgique occupe en effet une place particulière dans l'organisation de la sécurité européenne : elle accueille le siège politique de l'Otan à Bruxelles, son quartier militaire à Mons, mais aussi les principales institutions de l’Union européenne. Autant d'organisations qui traitent quotidiennement de diplomatie, de défense, de sanctions et de sécurité : les services étrangers connaissent l'adresse.