Au moins 6000 marins sont bloqués dans le détroit d'Ormuz
Publié24. juillet 2026, 13:04
Guerre au Moyen-OrientAu moins 6000 marins sont bloqués dans le détroit d'Ormuz
Selon l’Organisation maritime internationale (OMI), environ 400 navires restent bloqués dans ce passage maritime stratégique que l'Iran contrôle.

Le chef des droits de l’homme de l'ONU, Volker Türk, a réclamé vendredi la protection et l’évacuation des 6000 marins toujours bloqués dans le détroit d’Ormuz à bord de navires qui ne peuvent quitter le Golfe en toute sécurité. «Le haut-commissaire appelle les États, les armateurs et tous les acteurs concernés à assurer de toute urgence la protection des gens de mer bloqués, notamment en garantissant un accès effectif à l’assistance consulaire, aux fournitures et services essentiels, ainsi qu’en facilitant les évacuations et les rapatriements», a déclaré devant la presse à Genève la porte-parole du Haut-Commissariat Shabia Mantoo.
Le conflit déclenché le 28 février par des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran avait vu Téhéran bloquer la navigation dans ce goulet d’étranglement, stratégique pour le transport d’hydrocarbures, et les États-Unis imposer un blocus aux ports iraniens. Téhéran menace les navires contournant le seul itinéraire qu’il a autorisé le long de ses côtes, et exclut, en dépit de l’opposition des États-Unis, tout retour à la situation d’avant-guerre, quand ce passage était gratuit.
Selon l’Organisation maritime internationale (OMI) de l’ONU, au moins 6000 marins, à bord d’environ 400 navires, demeurent bloqués dans le détroit, n’ayant pas pu être évacués pendant le cessez-le-feu dans le cadre d’un plan d’évacuation qui devait faire sortir quelque 11'000 marins bloqués dans le Golfe. Selon le Haut-Commissariat, ce chiffre n’est pas exhaustif, «de nombreux autres marins étant toujours portés disparus» à bord de divers navires de plus petite taille ou n’ont tout simplement pas encore pu être localisés.
«Permettre un passage sûr aux marins bloqués»
Des informations indiquent «que certains marins ont été abandonnés en mer par leurs armateurs, qui les ont laissés sans assistance, sans possibilité de rapatriement et, dans certains cas, sans le paiement des salaires qui leur sont dus», a ajouté Mme Mantoo. «Nous avons connaissance d’au moins neuf navires, comptant 93 membres d’équipage, abandonnés par leurs propriétaires dans le détroit d’Ormuz depuis le début de la guerre», a-t-elle affirmé.
Ces marins, laissés à bord de leurs navires sans nourriture, sans eau, sans carburant, sans soins médicaux, sans électricité et sans moyen de communiquer avec leurs familles, «sont confrontés à un isolement et à un confinement prolongés» qui font «peser un lourd risque sur leur santé physique et mentale». Également, ces marins restent exposés aux combats. Le nombre total de décès de marins signalés depuis le début du conflit s’élève ainsi à 17, selon le Haut-Commissariat.
«Les attaques contre des navires civils sont inacceptables et doivent cesser. Ces navires sont protégés par le droit international humanitaire», a ajouté Mme Mantoo. «Les parties au conflit doivent agir sans délai pour permettre un passage sûr aux marins bloqués afin qu’ils puissent être évacués et débarquer en toute sécurité, tout en garantissant l’acheminement des fournitures essentielles», a-t-elle encore déclaré.
(les/yb)

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