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  • 2026-08-12 11:43:42 +0000 UTC

    Aug 12, 2026

    Au Liban, une vaste amnistie votée pour désengorger les prisons

    20 Minutes avec AFP

    20 Minutes avec AFP

    Publié le 12/08/2026 à 13h43 • Mis à jour le 12/08/2026 à 15h01

    Près de 300 % de surpopulation carcérale. Au Liban, le Parlement a voté mercredi une vaste loi d’amnistie générale, la première de cette ampleur depuis 1991, alors que le pays vient d’abolir la peine de mort. Des milliers de détenus et de personnes recherchées par la justice pourraient en bénéficier, sur fond de fortes tensions politiques.

    Le Parlement libanais a adopté cette loi afin de réduire la surpopulation carcérale mais aussi de répondre à la lenteur chronique des procédures judiciaires. Le nombre exact de personnes concernées n’a pas encore été précisé. Selon le rapport annuel de la Commission nationale des droits humains, le taux de surpopulation dans les prisons libanaises atteignait toutefois 300 % en 2025. L’administration pénitentiaire recensait 6.268 détenus fin mars.

    Des détenus sans procès

    Le texte prévoit notamment de réduire à une dizaine d’années de détention effective les peines des condamnés à mort et à la réclusion criminelle à perpétuité, selon Imad al-Hout, l’un des députés les plus actifs sur le dossier. Il doit également permettre la libération de prisonniers détenus depuis plus de douze ans dans l’attente d’un jugement.

    La question de l’amnistie est particulièrement sensible au Liban. Elle a ressurgi après la chute de l’ancien président syrien Bachar al-Assad fin 2024. La mesure devrait notamment profiter à des détenus islamistes emprisonnés depuis de longues années, souvent sans avoir été jugés, pour des faits liés à la guerre en Syrie voisine. Une partie de ces prisonniers est originaire de Tripoli, grande ville du nord du pays à majorité sunnite. Certains sont accusés d’avoir attaqué l’armée libanaise ou d’avoir participé à des attentats à la bombe.

    Entre tensions communautaires et impunité

    Le texte répond à des revendications très diverses selon les communautés. Dans l’est du pays, des proches de détenus et de fugitifs espèrent notamment une amnistie pour des affaires liées au trafic de stupéfiants et au vol de véhicules, tandis que des partis chrétiens réclament des mesures pour d’anciens membres de l’Armée du Liban Sud et des habitants ayant fui vers Israël. Le champ d’application de la loi, soutenue depuis plusieurs années par différents groupes politiques, reflète ainsi les profondes divisions communautaires du Liban.

    La dernière grande loi d’amnistie libanaise remontait à 1991, au lendemain de la guerre civile, qui a ravagé le pays de 1975 à 1990. Elle concernait les crimes politiques commis pendant le conflit. Mais cette amnistie n’avait pas été accompagnée d’un véritable processus de réconciliation ni d’un mécanisme de justice pour les victimes. Plus de trois décennies plus tard, la question de l’impunité reste donc au cœur des débats autour de toute nouvelle mesure d’amnistie au Liban.

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