Attentats du 13-Novembre : "J’ai peur de perdre ma famille"… Salah Abdeslam réclame la fin de son placement à l’isolement
Le terroriste Salah Abdeslam a contesté mardi 15 septembre devant le tribunal administratif son isolement à la prison de Vendin-le-Vieil. Condamné à la perpétuité pour les attentats de 2015, le détenu exige également le retrait de l’hygiaphone lors de ses parloirs, imposé après la saisie d’une clé USB avec du contenu djihadiste dans sa cellule.
Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible pour les attentats du 13 novembre 2015, a contesté pour la cinquième fois en 2026 son régime de détention devant la justice administrative, mardi 15 septembre.
Détenu à la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) depuis juin 2024, le djihadiste de 36 ans réclame la fin de son isolement et le retrait de l’hygiaphone au parloir, indique La Voix du Nord. "Mes journées ne ressemblent à rien, je n’ai aucune perspective d’avenir", a déclaré l’intéressé lors d’une audience en visioconférence.
Son conseil assure que ces conditions de détentions seraient ni plus ni moins qu’une "vengeance d’État" pour son implication dans les attentats du 13 novembre 2015 qui ont fait 132 morts et 413 blessés en région parisienne ainsi que ceux de Bruxelles le 22 mars 2016 qui ont tué 39 personnes et blessé 340.
"J’ai peur de perdre la dernière chose qui me reste"
"J’ai peur de perdre la dernière chose qui me reste, ma famille, qui vient de moins en moins à cause de l’hygiaphone", s’est plaint le détenu lors de l’audience. L’imposition de cette paroi vitrée qui l’empêche d’être en contact avec ses visiteurs remonte à novembre 2025, après la saisie dans sa cellule d’une clé USB contenant de la propagande djihadiste, transmise au parloir par son ex-compagne.
D’autres objets interdits, dont de la crème et du parfum, lui ont également été remis par sa famille. Ces dernières trouvailles n’ont rien d’anodines : "Quand on fait entrer des cacahuètes on peut aussi entrer autre chose. […] C’est la volonté de cacher qui pose problème. Ça peut être un test", martèle le ministère de la Justice, cité par le quotidien régional.
Une attaque contre le directeur de l’établissement
Cet été, le terroriste djihadiste franco-belge avait bloqué le quartier disciplinaire pendant 37 jours pour protester contre son isolement. L’action s’est achevée sans violence mi-août après le retour du bloqueur dans sa cellule, une contestation inédite dans cet établissement de haute sécurité.
Le renseignement pénitentiaire pointe une "radicalisation toujours latente", tout en précisant que trentenaire ne sera pas retenu à l’isolement durant l’entièreté de sa peine. En avril dernier, le détenu aurait cherché à obtenir l’adresse du directeur de l’établissement "afin qu’il envoie deux ou trois gars pour faire une catastrophe, sans vouloir attendre 2086", selon une décision du juge de référés relayée à l’époque par l’AFP. Des accusations qu’il conteste.