Attentats du 11 septembre 2001 : "J’en ai eu la respiration coupée"… ils racontent le moment où ils ont découvert les terribles images

Ils ont observé les images des attaques du 11 septembre 2001 à New York et se trouvaient dans la région. Dans l’Hérault, le Gard ou l’Aude, ils racontent à Midi Libre les douloureux souvenirs de l’attentat le plus meurtrier qui aura marqué le monde entier.

Les tours du World Trade Center en feu, puis un épais nuage de fumée s’étendant à des kilomètres à la ronde… Les images du 11 septembre 2001 ont marqué à tout jamais l’Histoire. Un quart de siècle après l’attentat terroriste le plus meurtrier que le monde ait jamais connu, ces personnes de la région racontent où ils étaient et ce qu’ils faisaient à ce moment-là. Un moment que personne n’oublie.

Des marques indélébiles dans les mémoires

Mathieu est infirmier dans le secteur d’Alès. Il y a 25 ans, le Gardois avait 16 ans et était scolarisé à la MFR du Grand Mas à Uzès. "Le 11 septembre 2001, à l’heure de la pause de l’après-midi, le lycée s’agite et les élèves se pressent vers le foyer où se trouve une télévision, se souvient-il. Je me revois rentrer dans ce lycée, dans la cour principale, et voir tout ce monde. Je revois cette télé avec cet avion qui s’écrase. Ça a été la consternation."

Face à ces images "crues", Mathieu se dit "hypnotisé, partagé entre stupéfaction et effroi". "C’était difficile de regarder ça, c’était complètement irréel", ajoute-t-il. "On a pris conscience de ce qu’il se passait lorsque l’on a vu le deuxième avion foncé dans l’immeuble. Et il y avait ces gens, qui sautaient par la fenêtre…", se remémore le Gardois, avec émotion.

Un deuxième avion vient de percuter la seconde tour du World Trade Center.
Un deuxième avion vient de percuter la seconde tour du World Trade Center. MaxPPP

Nombreuses sont les personnes à se souvenir de ce qu’elles faisaient ce mardi 11 septembre 2001, mais aussi où elles se trouvaient. "J’avais 22 ans. J’étais en vacances avec des copains du côté de Narbonne plage", témoigne Gaëlle.

On a décidé de partir à la plage se changer les idées et prendre l’air. Personne ne parlait. On aurait dit des zombies

C’était le début de l’après-midi, tout le monde faisait la sieste. "Je regardais 'Les feux de l’amour' sur TF1, ma série préférée à l’époque. Soudain, l’épisode a été interrompu et j’ai vu des avions percuter des gratte-ciels, visiblement à New York. J’ai d’abord cru qu’il y avait eu un bug technique et que la chaîne avait lancé un téléfilm catastrophe programmé juste après la série. J’ai râlé", explique la quadragénaire à Midi Libre.

"Sidération" et "tristesse"

Elle se retrouve très rapidement confrontée à la triste réalité. "En fait on venait de basculer sur LCI qui a été la première chaîne à retransmettre l’événement en direct. J’étais sidérée. Puis on a vu les tours s’effondrer l’une après l’autre. J’en ai eu la respiration coupée. Je n’ai pas réussi à quitter l’écran des yeux jusqu’à 18 heures."

Mais les vacances audoises se transforment en véritable choc émotionnel. "On a décidé de partir à la plage se changer les idées et prendre l’air. Personne ne parlait. On aurait dit des zombies. On avait toutes ces images en tête, on imaginait les gens dans les tours, le feu, la souffrance, l’inquiétude des proches…", énumère Gaëlle.

"J’ai vu en direct l’arrivée du deuxième avion"

Nicolas Badrignans, responsable du desk à Midi Libre, témoigne en tant que journaliste de ses souvenirs du 11 septembre 2001.

Où étiez-vous et comment l’avez-vous appris ?

Il y a deux événements dont je me souviens par cœur : le 11 septembre et Charlie Hebdo. Je travaillais depuis un peu moins de deux ans à l’agence de Montpellier, je me souviens qu’il y avait la télé allumée. Et puis toute la rédaction s’est attroupée dans le bureau. J’ai vu en direct l’arrivée du deuxième avion. Personne ne parlait. On était tous vraiment abasourdis. On avait vraiment du mal à se dire, "mais ça se passe maintenant aux États-Unis ?".

Quelle est l’image la plus marquante gardez-vous des l’attentats ?

Je crois que ce sont des images que je ne pourrais jamais oublier. C’est la première fois dans ma carrière que j’assistais à un événement d’actualité majeur de ce niveau. Mais celle qui est gravée dans ma mémoire, c’est l’image de l’homme qui tombe… Il m’arrive encore de la reregarder. C’est une photo de l’instant T. Ça paraît complètement dingue.

Lorsque l’on est journaliste à Montpellier, comment est-ce que l’on traite cette information ?

C’était plus un sujet d’ordre, d’information générale dans un premier temps. Ensuite, nous avons fait des déclinaisons dans les locales, notamment les réactions des gens à ces attentats, la plupart n’avaient jamais vécu ça. Et c’est une actualité qui a duré des mois, des mois et des mois. On ne parlait que de ça.

Les personnes interviewées évoquent les attentats commis sur le sol français comme Charlie Hebdo ainsi que le 13 novembre 2015. Mais 25 plus tard, les attaques contre les tours new-yorkaises ont laissé des traces indélébiles dans les mémoires.

"Après la sidération et la tristesse est venue la colère contre les terroristes et toutes ces personnes sans une once d’humanité qui ont rendu possible l’organisation de ces attentats. Sept ans plus tard, je suis allée au mémorial du World Trade Center, qui était alors en construction, rendre hommage aux victimes et aux nombreux secouristes, pompiers et policiers, qui ont perdu la vie en venant leur porter secours." Le mardi 11 septembre 2001 restera une date tristement et historiquement célèbre.