Assassinat de Federico Martin Aramburu: Loïk Le Priol affirme s'être "défendu" face à un "tabassage total"

Publié aujourd'hui à 20h21

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Charlotte Lesage avec Vincent Gautier

Loïk Le Priol ce lundi 21 septembre 2026 devant la cour d'assises de Paris.

Loïk Le Priol ce lundi 21 septembre 2026 devant la cour d'assises de Paris. - BENOIT PEYRUCQ / AFP

Ce lundi 21 septembre, l'ancien soldat de 32 ans a été longuement interrogé devant la cour d'assises de Paris sur les faits qui l'ont conduit à tirer six coups de feu dont quatre ont touché Federico Martin Aramburu le 19 mars 2022.

Loïk Le Priol assure s'être "défendu" et avoir agi "par réflexe militaire". Ce lundi 21 septembre, devant la cour d'assises de Paris, l'ancien soldat de 32 ans, auteur des tirs mortels qui ont coûté la vie à l'ancien rugbyman argentin Federico Martin Aramburu et jugé pour "assassinat", a été interrogé pendant de longues heures sur le déroulé des faits, remontant au 19 mars 2022.

Questionné par le président Franck Zientara sur la bagarre sur la terrasse du bar Le Mabillon, dans le 6e arrondissement de Paris, qui a mis aux prises sur fond d'alcool Loïk Le Priol et coaccusé Romain Bouvier à Federico Martin Aramburu et son ami Shaun Hegarty, le jeune homme a raconté avoir vécu le tirage de sa capuche par le rugbyman "comme une humiliation".

"Je me sens profondément humilié et pourtant, il ne se passe rien. Il ne se passe que la bagarre. Je suis dans cet état d'esprit", a-t-il retracé devant la cour d'assises, expliquant qu'ils sont séparés assez vite.

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“Je vais le tuer”: Loïk Le Priol a-t-il prémédité le meurtre de Federico Aramburu?

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"J'ai appuyé jusqu'à temps que ça s'arrête"

Victime de cette "blessure narcissique", Loïk Le Priol a expliqué avoir pris la décision de retrouver les deux rugbymen pour avoir des "explications". "Je commence à revenir et j'entends des détonations", a-t-il relaté, claquant quatre fois des mains comme les quatre coups de feu qui viennent alors d'être tirés par son ami Romain Bouvier. Deux de ces balles ont touché Federico Martin Aramburu.

"Il y a un effet tunnel. Je fonce vers Le Mabillon et plus rien ne compte. J'ai le palpitant à 200, je n’ai pas mon arme à la main. Je cours, je cours, je cours et je tombe sur les rugbymen", a-t-il poursuivi. Il a alors décrit s'être fait "percuté par la gauche" par l'Argentin puis avoir été victime d'un "déferlement de machine à laver", d'un "tabassage total".

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"Je suis au bout de mes capacités. Et à ce moment-là, les deux rugbymen viennent sur moi. Et là je me prends un énorme coup dans le visage, dans la seconde qui suit un énorme coup à l'arrière du crâne", a encore assuré Loïk Le Priol.

C'est à ce moment-là, "le nez fracassé" et "les dents cassés", qu'il aurait sorti son arme. "Je ne comprends pas ce qu'il se passe", a affirmé Loïk Le Priol, évoquant une "déconnexion de la réalité".

"Tout ce que je sais, ce dont je suis certain, c'est qu'au moment où je suis au cœur de cette action, je suis dans un pur réflexe militaire", a-t-il souligné. "Ça ne me défausse de rien. J'ai appuyé jusqu'à temps que ça s'arrête sans même comprendre ce qu'il se passait."

Loïk Le Priol évacue toute notion de préméditation

Au total, il a tiré à six reprises en dix secondes et quatre balles ont atteint Federico Martin Aramburu, dont trois dans le dos. Deux d'entre elles ont été mortelles. À en croire Loïk Le Priol, les balles ont touché le dos du rugbyman après qu'il a fait une rotation sur lui-même: "Je ne vais jamais de moi-même dans le dos de Monsieur Aramburu."

"Moi tout ce que je dis, c'est que je me suis défendu", a encore déclaré Loïk Le Priol. "Tout ça, ça ne justifie en rien la mort de cet homme. L'injustice de cette disparition balaie tout."

Lui a évacué toute notion de préméditation et a réfuté s'être livré à une chasse à l'homme. "Une chasse, monsieur le juge, ça veut bien dire ce que ça veut dire. Ça n'a strictement rien à voir avec une bagarre", a-t-il asséné. Questionné une nouvelle fois à ce propos par Me Véronique Massi, l'avocate de Shaun Hegarty, Loïk Le Priol a répondu qu'"une chasse ça présume qu'il y a un chasseur et un gibier". "Ce langage a été imposé petit à petit dans la procédure", a-t-il encore rétorqué.

Lors de son interrogatoire, Loïk Le Priol est aussi revenu sur son engagement dans la mouvance ultradroite. Par exemple au moment d'évoquer sa participation à des manifestations du GUD, association étudiante dissoute en 2024.

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"Le GUD, ce n'étaient pas des nazis", a tenu à préciser Loïk Le Priol. "C'étaient des étudiants, dont beaucoup sont devenus ministres. Mais c'est extrêmement clair qu'à cette période de ma vie, c'était l'âge des excès. Et oui, à un moment donné, j'y ai cru, je me suis dit que c'était peut-être ça la solution."

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