Après les menaces de décapitation visant une maîtresse près de Toulouse, Édouard Geffray réagit

France 10/09/2026 16:12 Actualisé le 10/09/2026 20:15

Le ministre de l’Éducation nationale a condamné des faits « d’une extrême gravité ». Le parent d’élève a été condamné à six mois de prison ferme.

Édouard Geffray, ici en mai 2026, a apporté son soutien à l’enseignante visée par des menaces, jeudi 10 septembre.

HENRIQUE CAMPOS / Hans Lucas via AFP

Édouard Geffray, ici en mai 2026, a apporté son soutien à l’enseignante visée par des menaces, jeudi 10 septembre.

« Une professeure a été menacée de manière inadmissible », a dénoncé, ce jeudi 10 septembre, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray sur le réseau social X, après les menaces de décapitation reçues par une institutrice en Haute-Garonne d’un parent d’élève. « Les faits rapportés sont d’une extrême gravité », a appuyé le ministre.

Selon La Dépêche, les menaces ont été proférées par un père de famille à la sortie des classes du groupe scolaire Clément Ader, au Fauga, une commune de 2 600 habitants au sud de Toulouse, vendredi 4 septembre. L’homme a été condamné, ce jeudi soir, à six mois de prison ferme en comparution immédiate, a appris l’AFP. Il a été incarcéré à l’issue de l’audience.

Convoqué vendredi dernier pour un entretien par la direction de l’établissement où son fils de 9 ans est scolarisé, ce père de trois enfants a reconnu, à l’audience, avoir pris à partie une enseignante sur le parking de l’établissement. Son enfant avait été déplacé dans une autre classe en raison de son comportement et l’enseignante le voyant sourire à l’issue des cours, lui avait dit d’éviter « de jouer au caïd », des propos que le père n’avait pas acceptés.

Au-delà de l’altercation sur le parking, le père de famille avait continué ses menaces après être rentré dans l’établissement, notamment devant la directrice.

« La protection fonctionnelle lui a été accordée »

« Je lui apporte tout mon soutien, ainsi qu’à mes collègues, aux élèves et à leurs familles », a écrit le ministre de l’Éducation sur X. « La protection fonctionnelle lui a été accordée (...). Aucun professeur ne doit avoir peur d’exercer son métier. S’en prendre à l’un d’entre eux, c’est s’en prendre à l’institution tout entière », a écrit Édouard Geffray.

« On veut retrouver de la sérénité, c’est dur à porter », a réagi Isabel Bagneris, première adjointe en charge des affaires scolaires de la commune, auprès d’Actu Toulouse ce jeudi. Les professeurs du groupe scolaire avaient fait valoir leur droit de retrait lundi et un courrier de soutien a été rédigé par plusieurs parents d’élèves.

« On soutient l’enseignante, que l’on connaît depuis des années et qui est très bien. Elle est anéantie », a complété la première adjointe. Une cellule psychologique a également été mise en place.

« Les professeurs doivent pouvoir exercer leur mission sans peur : la menace et l’intimidation ne peuvent en aucun cas être tolérées », a également déclaré, dans un communiqué transmis à la presse locale, le recteur de l’académie de Toulouse, condamnant « avec la plus grande fermeté ces faits particulièrement graves ».

À l’audience, d’une voix faible, le père de famille a présenté des excuses, affirmant n’avoir « pas mesuré la gravité » de ce qu’il disait. Se définissant comme « très, très protecteur de (s)es enfants », il a ajouté : « je ne suis pas quelqu’un de violent à la base, je ne sais pas ce qui m’est arrivé ce jour-là ».

La procureure de la République avait requis six mois sous bracelet électronique ainsi que l’obligation « absolument indispensable » d’effectuer avant six mois un stage de citoyenneté, sous peine d’un emprisonnement de trois mois, assorti d’interdictions de trois ans d’entrer en contact avec la victime ou de se présenter devant l’établissement.

Outre les six mois de prison ferme, le tribunal a également condamné le prévenu aux peines complémentaires demandées par la procureure.