Après la fin des poursuites, l’association des jardins d’exception du Mentonnais veut « avancer sereinement »
Une décision qui met fin à « un an et demi » de procédure, rappelle le président de l’Association de sauvegarde des jardins d’exception du Mentonnais (ASJEM). « Ce temps était nécessaire pour prouver notre bonne foi » et fournir les documents demandés, complète Gilles Deparis. « Notre volonté a toujours été d’agir dans l’intérêt des jardins d’exception », martèle Michael Likierman, mécène britannique et propriétaire depuis 1995 du jardin des Colombières à Menton.
À l’origine, l’association souhaitait créer un « réseau de jardins publics et privés » afin de contribuer à leur restauration et à leur animation. Malgré la procédure, « nos partenaires nous ont fait confiance », souligne le président de l’ASJEM. Le classement du dossier permet désormais à l’association, dit-il, « d’avancer sereinement sur notre mission ».
Deux millions d’euros levés pour Serre de la Madone
L’ASJEM entend notamment poursuivre le travail engagé à Serre de la Madone. La convention conclue en 2022 entre le Conservatoire du littoral, propriétaire du site, la Ville de Menton et l’association a permis de lancer la restauration du jardin. « Sans cette convention, nous n’aurions pas pu lever deux millions d’euros de fonds pour réaliser les travaux nécessaires à sa conservation », insiste Gilles Deparis.
Ce modèle pourrait-il être étendu aux autres jardins municipaux, comme cela avait été un temps envisagé ? Michael Likierman se montre prudent. « Non, puisque ce jardin appartient au Conservatoire du littoral. Il faut des cadres juridiques adaptés à chaque jardin. »
Le président de l’ASJEM assure toutefois entretenir un « très bon dialogue » avec la nouvelle municipalité. Selon lui, Alexandra Masson a « exprimé plusieurs fois son attachement au côté patrimonial de notre mission ». Le fait que la maire ait repris directement la délégation des jardins d’exception constitue à ses yeux « un signe fort ».
« On est en train de réfléchir au meilleur futur pour les jardins », ajoute Gilles Deparis. Et « l’idée d’un partenariat public-privé n’est pas exclue ».
L’Unesco toujours en ligne de mire
L’association n’abandonne pas non plus son ambition d’inscrire les jardins de Menton au patrimoine mondial de l’Unesco. Un dossier qui dépasse largement les frontières communales puisqu’il associerait la France, Monaco et l’Italie.
« C’est un sujet complexe. Le cadre juridique doit être adapté à la présence de plusieurs États », reconnaît Michael Likierman. Gilles Deparis estime qu’il faudra « compter au moins une dizaine d’années » avant de voir ce projet aboutir… s’il est retenu.
En attendant, l’ASJEM veut continuer à ouvrir les jardins aux habitants. Des ateliers et des événements ont déjà été organisés à Serre de la Madone, qui accueillera de nouveau du public en septembre à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. Le site fermera ensuite ses portes à l’automne jusqu’au début 2027 pour poursuivre sa mue.
Une fois la restauration achevée, l’association ambitionne d’en faire un lieu consacré à la botanique, à l’art et à la gastronomie, davantage relié au reste de la ville. « Menton mérite de vivre plus dans ses jardins », conclut Michael Likierman.