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  • 2026-07-27 10:25:18 +0000 UTC

    Jul 27, 2026

    Après la Coupe du monde, la FIFA dispose d'une capacité financière sans précédent. Pour quoi faire ?

    Une opinion de Hervé Verhoosel, ancien porte-parole et directeur de la communication des Nations Unies

    Le coup de sifflet final a retenti, le trophée a été soulevé et les célébrations se sont achevées. Pourtant, les débats suscités par cette Coupe du monde de la FIFA continueront bien après le retour des champions.

    Comme toutes les Coupes du monde, cette édition restera dans les mémoires pour la qualité du jeu, les émotions qu'elle a suscitées et les performances exceptionnelles des équipes. Mais elle restera aussi marquée par les controverses qui l'ont entourée : des recettes commerciales record, le prix élevé des billets, des tensions politiques croissantes et des interrogations sur la gouvernance du football mondial.

    Ces débats sont légitimes. Mais ils ne devraient pas nous empêcher de nous poser une question bien plus importante.

    La Coupe du monde est terminée. Le véritable défi commence

    Le football a démontré, au-delà de tout doute, qu'il était capable de générer une richesse sans précédent. La véritable question est désormais de savoir ce qu'il choisit d'en faire.

    Sur le plan financier, la FIFA a atteint un niveau historique. Aux revenus traditionnels issus des droits de diffusion et des partenariats commerciaux mondiaux se sont ajoutés de nouvelles sources de recettes, notamment une tarification dynamique des billets, de nouvelles expériences proposées aux supporters dans les stades et des espaces publicitaires intégrés aux pauses d'hydratation des joueurs. Que l'on approuve ou non ces évolutions, elles ont créé une réalité incontestable : la FIFA dispose aujourd'hui d'une capacité financière sans précédent.

    Et une telle capacité s'accompagne d'une responsabilité tout aussi exceptionnelle.

    Le pouvoir extraordinaire du football

    C'est précisément là que la Fondation FIFA fait face à une opportunité historique.

    Après près de vingt années passées à exercer des fonctions de haut niveau dans les domaines de la communication et des relations extérieures au sein des Nations Unies, dans les secteurs de la santé, des opérations de maintien de la paix et de l'action humanitaire, j'ai été témoin du pouvoir extraordinaire du football pour créer la confiance, rapprocher les communautés et promouvoir la paix, l'éducation, la santé et l'inclusion sociale.

    Je n'écris pas ces lignes en critique des instances dirigeantes du football, mais en témoin de ce que ce sport peut accomplir dans certains des contextes les plus fragiles au monde.

    guillement

    Consacrer une part beaucoup plus importante des revenus croissants de la FIFA à la Fondation enverrait un message fort : le succès du football ne se mesure pas seulement au nombre de trophées, aux audiences ou aux performances commerciales, mais aussi au nombre de vies qu'il contribue à améliorer.

    À Bangui, en République centrafricaine, alors que le pays était plongé dans le conflit, j'ai vu des jeunes issus de groupes armés opposés jouer dans la même équipe. Je me souviens encore du moment où un jeune garçon nommé Gloire à Dieu a adressé une passe à un autre appelé Moussa. Pour la plupart des spectateurs, ce n'était qu'une passe parmi tant d'autres. Pour ceux qui connaissaient le conflit, ce geste avait une portée immense. Leurs familles avaient été ennemies. Le football leur permettait de commencer à reconstruire la confiance.

    Inspirer et rassembler

    J'ai retrouvé cette même force au Rwanda, où des tournois de football locaux encourageaient les enfants à retourner à l'école, permettant au Programme alimentaire mondial de leur fournir des repas scolaires. Je l'ai également observée à travers toute l'Afrique, où certaines des plus grandes légendes du football ont prêté leur voix au partenariat Roll Back Malaria afin de convaincre des familles de protéger leurs enfants contre l'une des maladies les plus meurtrières au monde.

    Le football ne se contentait pas de divertir. Il changeait des vies.

    Ces expériences m'ont convaincu que la plus grande richesse du football n'est ni la Coupe du monde, ni son succès commercial, ni même son immense popularité. Sa véritable richesse réside dans sa capacité unique à inspirer, à rassembler et à produire un changement positif dans la société.

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    La Fondation FIFA démontre déjà ce potentiel grâce aux nombreux projets qu'elle mène dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'inclusion sociale et du développement des communautés. Il ne s'agit en aucun cas d'une critique de son travail ni de celui de ses équipes. Au contraire, leurs réalisations montrent tout ce que le football peut accomplir lorsqu'il est mis au service de l'intérêt général.

    Mais l'ampleur de l'influence du football aujourd'hui appelle une ambition à la même hauteur.

    Pour que la Fondation FIFA puisse pleinement jouer ce rôle, deux évolutions doivent aller de pair : des ressources financières nettement plus importantes et une gouvernance lui garantissant l'indépendance opérationnelle nécessaire pour maximiser son impact social.

    Garanties de gouvernance

    Consacrer une part beaucoup plus importante des revenus croissants de la FIFA à la Fondation enverrait un message fort : le succès du football ne se mesure pas seulement au nombre de trophées, aux audiences ou aux performances commerciales, mais aussi au nombre de vies qu'il contribue à améliorer.

    Dans le même temps, la Fondation devrait disposer des garanties de gouvernance lui permettant d'identifier, de soutenir et d'évaluer les projets de terrain uniquement sur la base des besoins locaux, de données objectives et de leur impact social, à l'abri des considérations politiques ou des pressions commerciales.

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    Il ne s'agit pas d'éloigner la Fondation de la FIFA. La FIFA utilise à juste titre sa visibilité mondiale pour promouvoir des causes essentielles, notamment les droits humains, la lutte contre les discriminations, l'égalité entre les femmes et les hommes et l'inclusion sociale. La Fondation est naturellement appelée à amplifier ces engagements.

    Mais lorsqu'il s'agit de sélectionner et d'accompagner des programmes de développement à long terme, une seule question devrait guider les décisions : où le football peut-il avoir le plus grand impact sur la vie des populations ?

    La crédibilité du football

    Renforcer la Fondation FIFA profiterait non seulement à des millions de personnes à travers le monde. Cela renforcerait également la crédibilité du football lui-même, en démontrant que ses plus grandes victoires ne se mesurent pas uniquement en résultats financiers ou en titres remportés, mais aussi par sa contribution au bien commun.

    La FIFA ne pourra pas relever seule cette ambition. Joueurs, clubs, ligues, fédérations nationales, confédérations, sponsors, diffuseurs, supporters, fondations et organisations de la société civile ont tous un rôle à jouer pour permettre au football d'exprimer pleinement son potentiel.

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    Les équipes victorieuses de cette Coupe du monde ont déjà gagné leur place dans l'histoire.

    Le véritable héritage de ce tournoi devrait être celui d'un football mondial ayant choisi d'investir son succès exceptionnel dans la construction d'un avenir meilleur.

    Le football a déjà démontré qu'il pouvait unir le monde pendant quatre-vingt-dix minutes.

    Il lui appartient désormais de prouver qu'il peut contribuer à le transformer pour les générations à venir.


    Les textes qui paraissent dans la rubrique Débats sont des contributions externes, qui n'engagent pas la rédaction.

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