Robidog: la fameuse poubelle à crottes tente de se renouveler

Icône du mobilier urbain helvétique, la célèbre poubelle verte Robidog se fait de plus en plus rare dans les villes suisses, remplacée progressivement par des systèmes universels. L'entreprise à l'origine de ces poubelles pour crottes de chiens n'a toutefois pas dit son dernier mot.

Nées à la fin des années 1970, les poubelles pour déjections canines Robidog sont devenues quasi légendaires en Suisse. Avec leur couleur si caractéristique, leur logo amusant et leurs sachets intégrés pour ramasser les crottes, elles font partie intégrante de la culture suisse en matière de gestion des déchets.

Dans les années 1990, cette poubelle connaît un succès phénoménal, atteignant des chiffres de vente record. L'idée de ramasser les crottes de chien avec un sac en plastique et de les jeter dans une poubelle dédiée s'impose dans tout le pays, en ville comme à la campagne.

Mais au tournant du nouveau millénaire, les choses changent. Les crottes finissant de toute façon dans les usines d'incinération, de nombreuses villes et communes de plus petite taille remplacent peu à peu les poubelles Robidog par des systèmes universels, dont certains sont aussi équipés de distributeurs de sachets pour déjections canines.

Le succès de la poubelle requin

La grande gagnante de ce changement de paradigme est l'entreprise Anta Swiss, qui produit la célèbre poubelle "requin" ("Abfallhai" en allemand). Adopté d'abord par la Ville de Zurich, ce modèle au design innovant, doté d'une structure robuste et d'une porte frontale, a convaincu de nombreuses autres villes, en Suisse et à l'étranger.

Victime des changements de mode de consommation, et notamment du boom de la restauration rapide, la poubelle requin a elle-même connu la disgrâce au bord de la Limmat. Peu avant la pandémie de Covid, la Ville de Zurich lui a préféré un nouveau modèle moins cher et plus grand, capable d'avaler les volumineux emballages des "take away".

>> Voir le sujet du 19h30 sur la disparition des poubelles requins à Zurich :

La poubelle requin, emblème du design helvétique, vit ses derniers instants au bord de la Limmat à Zurich.

La poubelle requin, emblème du design helvétique, vit ses derniers instants au bord de la Limmat à Zurich. / 19h30 / 2 min. / le 9 février 2019

Modernisation et adaptation

La poubelle requin n'a cependant pas subi un vaste mouvement de désaffection ces dernières années et est toujours en fonction dans de nombreuses villes suisses, comme à Lausanne ou à Neuchâtel. Quant à la société qui produit les Robidog, pour se relancer, elle a repensé le design de ses produits et a diversifié son offre avec de nouveaux modèles.

Il y a une dizaine d'années, la Ville de Lausanne avait mené une campagne éphémère contre le littering en installant dans certaines de ses poubelles requins un petit dispositif sonore qui disait merci, rotait ou se léchait les babines. [KEYSTONE - JEAN-CHRISTOPHE BOTT]
Il y a une dizaine d'années, la Ville de Lausanne avait mené une campagne éphémère contre le littering en installant dans certaines de ses poubelles requins un petit dispositif sonore qui disait merci, rotait ou se léchait les babines. [KEYSTONE - JEAN-CHRISTOPHE BOTT]

Les fameuses poubelles à crottes vertes restent, par ailleurs, très répandues dans le pays, notamment dans les zones rurales, souligne Heinz Zumsteg, directeur de l'entreprise Robi AG. Les anciens modèles sont régulièrement remplacés par des versions plus récentes, ajoute-t-il.

Tout en inox, les nouveaux modèles de poubelles universelles développées par Robi AG ressemblent beaucoup à celles des entreprises concurrentes. [SRF - MANUEL RENTSCH]
Tout en inox, les nouveaux modèles de poubelles universelles développées par Robi AG ressemblent beaucoup à celles des entreprises concurrentes. [SRF - MANUEL RENTSCH]

Des poubelles pour crottes, mais pas seulement

Reste cette question existentielle pour tous les adeptes du tri sélectif: a-t-on le droit de jeter un emballage de chocolat ou de bonbon dans une poubelle Robidog? En principe oui, sauf indication contraire. Les déjections canines étant incinérées avec les autres déchets dans les usines de traitement, une séparation n'est pas nécessaire.

Les poubelles à déjections canines peuvent être utilisées pour les déchets courants. Toutefois, cela n'empêche pas de suivre les règles habituelles de civisme. [KEYSTONE - ALESSANDRO DELLA BELLA]
Les poubelles à déjections canines peuvent être utilisées pour les déchets courants. Toutefois, cela n'empêche pas de suivre les règles habituelles de civisme. [KEYSTONE - ALESSANDRO DELLA BELLA]

La plupart des communes préfèrent que les déchets soient déposés dans une poubelle, qu'elle soit universelle ou faite pour les crottes de chiens, plutôt que dans la nature, explique Robi AG. L'idée que les Robidog soient exclusivement destinées aux déjections canines remonte aux débuts de leur utilisation.

>> Ecouter un extrait du sujet de SRF sur les poubelles Robidog :

SRF 4 News, 03.09.2026, 16h14

Article original: Manuel Rentsch, SRF

Adaptation pour RTSinfo: Didier Kottelat

Une idée née lors d'un voyage en Italie

L'histoire de Robidog commence en 1979, lors d'un voyage en Italie. Joseph Rosenast, futur fondateur de l'entreprise, remarque les nombreux interdits concernant les chiens, souvent liés au problème des déjections canines. C'est à la suite de ce séjour que lui vient l'idée de proposer une poubelle spécifique.

Un an plus tard, le premier prototype est créé, suivi du dépôt d'un brevet et de la fondation de l'entreprise. Le nom "Robidog" provient des premières lettres des noms des deux développeurs: ROsenast et BIsaz. Cette combinaison a donné naissance à une marque déposée.

Aujourd'hui, la société Robi AG, basée à Wallbach (AG), développe et commercialise divers systèmes de gestion des déchets, dont les Robidog. L'entreprise fournit plus de 3000 communes en Suisse et à l'étranger. Elle emploie huit personnes et la majorité de sa production est réalisée dans le sud de l'Allemagne.