10 symptômes méconnus d’urgences médicales chez vos animaux de compagnie
Le suivi de la santé des animaux de compagnie fait partie des responsabilités qui incombent aux humains qui s’en occupent au quotidien. C’est d’ailleurs dans cette relation régulière que reposent les fondements d’une veille et le développement d’habitudes qui servent de références. Tout comme l’essentiel des humains, les chiens et les chats sont rassurés par leurs routines. Les changements sont généralement des signaux que quelque chose doit être vérifié.
Toutefois, les chiens et les chats peuvent avoir tendance à masquer autant que possible un signe de faiblesse. De plus, si certains symptômes sont plutôt bien identifiés par la plupart des gens (souvent car il s’agit de signes évidents), d’autres peuvent se révéler plus subtils ou moins bien compris. Néanmoins, certains sont des expressions d’urgences parfois vitales pour lesquelles une intervention vétérinaire dans les plus brefs délais est nécessaire.
Léchage compulsif du sol ou d’une partie du corps
Si le chien, et encore davantage le chat, gère son hygiène à coups de langue, il faut s’assurer qu’il ne s’agit en effet que d’une action de nettoyage. Si un léchage est répété sur le sol ou sur les babines (notamment chez le chien), il peut s’agir d’une recherche de soulagement face à une atteinte interne (douleur abdominale, syndrome de dilatation-torsion de l’estomac (SDTE) chez le chien, pancréatite, etc.).
Vérifiez, dans ces cas-là, si l’abdomen présente une tension anormale. Si c’est le cas, il faut emmener votre animal chez le vétérinaire au plus vite et sans lui donner d’eau ni d’aliments.
Un léchage répété sur une partie du corps peut aussi cacher une douleur ou une irritation qui mérite un examen plus attentif.
Appui constant de la tête contre un mur/regard fixe dans le vide
Il faut différencier ce comportement, long, répété et solitaire, avec un appui ponctuel de la tête pour réclamer des caresses. Dans le cas présent, l’animal adopte une posture compulsive en pressant sa tête contre une surface rigide. C’est un signal d’alarme médical majeur qui peut être lié à un trouble neurologique, voire à une lésion de l’encéphale. Il faut évidemment consulter rapidement un spécialiste.
Respiration intense par la bouche (chez le chat)
Chez le chien, différentes situations peuvent intensifier l’halètement (chaleur, excitation, mais aussi stress, etc.). Ce n’est toutefois pas, dans la plupart des situations, un symptôme qui doit inquiéter. Avec un chat, les choses sont nettement différentes. Une respiration avec la bouche ouverte peut traduire un œdème pulmonaire, une insuffisance cardiaque ou un épanchement pleural. Dans tous les cas, il s’agit d’une urgence vitale pour laquelle l’intervention d’un vétérinaire est indispensable. Attention toutefois à manipuler le chat avec le plus grand soin et, si possible, à envisager un transfert sous oxygène.
Tentatives infructueuses de vomissement/de faire ses besoins
Chez le chien comme chez le chat, le maintien d’une position pour faire ses besoins ou des spasmes vomitifs sans effet peut dissimuler un problème interne sérieux. Il faut éviter l’administration de laxatifs et se rendre chez le vétérinaire qui pourra identifier s’il s’agit d’une obstruction ou d’une autre menace pour la santé de l’animal.
Isolement et fuite
Un comportement fuyant est souvent lié à une tentative de dissimuler une douleur. Un chat ou un chien qui s’isole soudainement (à plus forte raison s’il s’agit d’un individu habituellement sociable) et régulièrement n’est sans doute pas uniquement à la recherche de calme. Il peut être malade et se sentir vulnérable. Si cela s’ajoute à un comportement défensif quand on l’approche, il faut demander les conseils et l’aide d’un vétérinaire.
Hydratation excessive
Ce symptôme peut être difficile à déceler en particulier dans des situations particulières comme de fortes chaleurs ou après une activité intense. Néanmoins, si l’animal vide sa gamelle en un clin d’œil et urine très fréquemment, cela peut être un symptôme précoce d’atteintes rénales, de problèmes hormonaux ou encore de diabète (dont les animaux de compagnie peuvent également souffrir). C’est donc un comportement à surveiller étroitement afin de réagir au plus vite si le doute s’installe.
Membrane nictitante visible
Cette membrane qui protège l’œil ne doit en principe pas être visible. Si elle apparaît (fine couche de peau blanche ou rosée) sur une partie de l’œil de manière continue, c’est mauvais signe. Cela peut être lié à une déshydratation importante, mais aussi à d’autres maladies. Il est recommandé de vérifier l’origine auprès d’un vétérinaire afin de pouvoir mettre en place la réaction appropriée sans attendre.
Gencives pâles, blanches ou bleutées/violacées
En temps normal, les gencives d’un animal doivent être rosées, ce qui montre une bonne irrigation sanguine. À l’inverse, si elles deviennent pâles ou bleutées, un danger est sous-jacent. Anémie, état de choc ou manque d’oxygénation sont autant de causes qui peuvent être liées à ce symptôme qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère.
Posture inclinée
Pattes et avant du corps plaqués au sol, arrière-train relevé : c’est une position que les propriétaires d’animaux de compagnie connaissent bien, particulièrement chez le chien. Elle correspond souvent, lorsqu’elle est faite de manière fluide et dans une phase active, à un étirement préalable au jeu ou à l’exercice. Par contre, si l’animal prend cette posture dans un contexte différent et surtout s’il la maintient avec une absence d’excitation apparente, il faut y voir le symptôme d’une douleur marquée dans la partie supérieure de l’abdomen. Cela peut cacher une pancréatite, une péritonite ou même une occlusion intestinale pour lesquelles il faut évidemment une intervention vétérinaire dans les plus brefs délais.
Anisocorie (pupilles de tailles différentes)
La différence de taille entre les pupilles d’un animal peut avoir de nombreuses origines. Certaines sont passagères, mais il peut aussi s’agir d’un symptôme d’un trouble qui nécessite une attention médicale plus urgente. En effet, un glaucome aigu, une lésion du système nerveux central ou encore un AVC peuvent être à l’origine de cette variation que l’on peut rater (en particulier chez les races dont les yeux sont partiellement couverts par une frange de poils). Toutefois, ce type de problème s’accompagne généralement d’autres changements dans le comportement de l’animal auxquels il faut prêter attention.
La détection de symptômes rares et inhabituels demande donc une attention quotidienne accrue. Toutefois, celle-ci est souvent spontanée et les variations comportementales mettent souvent la puce à l’oreille quant au fait que quelque chose ne va pas. Sans tomber dans une hantise excessive, il est donc bon de garder un œil attentif sur son chien ou son chat afin de réagir en demandant conseil à un vétérinaire afin d’écarter tout doute. Il vaut mieux prévenir que guérir, dit-on, pour les animaux aussi !