Alsace. Blocus et violences urbaines : le phénomène des mineurs en garde à vue explose

A l’issue de plusieurs jours de manifestations , l’heure est à la réponse judiciaire en Alsace.

À Mulhouse, dix personnes déférées et une information judiciaire ouverte

« Le parquet de Mulhouse est extrêmement vigilant et réactif face à cette montée de la violence qui appelle à une réponse pénale ferme et rapide », a indiqué le procureur de la République, Nicolas Heitz. Entre le 28 septembre et le 3 octobre, le parquet a dénombré 79 gardes à vue (70 concernant des mineurs, 9 des majeurs).

A Mulhouse, dix personnes ont été déférées au parquet ce week-end et des mesures différentes ont été prises à leur encontre. Deux majeurs seront ainsi jugés lundi en comparution immédiate. Un mineur a été placé sous contrôle judiciaire avec obligation de respecter un placement en dehors du département, une jeune fille déférée samedi a été placée sous mesure judiciaire éducative provisoire et enfin un jeune homme a été présenté au juge d’instruction ce dimanche.

« S’agissant des faits commis au préjudice du magasin Lacoste, le parquet a ouvert ce jour une information judiciaire des chefs de vols aggravés par trois circonstances et recel de vols aggravés », précise le procureur de la République. Quatre personnes (trois majeurs et un mineur) ont été déférées ce dimanche et étaient en cours de présentation au magistrat instructeur en fin d’après-midi. Le parquet a requis le placement en détention provisoire de trois d’entre eux dont le mineur.

Pour les autres poursuites pénales, le parquet dénombre quatre convocations par officier de police judiciaire (COPJ) devant le tribunal correctionnel délivrées à des majeurs ; seize convocations devant le juge des enfants ont aussi été délivrées à des mineurs. Enfin, 19 mineurs ont été convoqués dans le cadre de mesures de réparations pénales.

Deux jeunes majeurs jugés en comparution immédiate ce lundi à Strasbourg

Après être passés par la case garde à vue, dix jeunes, suspectés d’avoir participé aux violences en marge des blocus, ont été déférés devant le procureur de Strasbourg ces samedi 3 et dimanche 4 octobre. Parmi eux, deux majeurs, âgés de 18 et 19 ans, seront jugés en comparution immédiate ce lundi 5 octobre, pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique. Ils auraient jeté des projectiles en visant un policier, vendredi 2 octobre, au niveau du boulevard de la Victoire à Strasbourg, l’épicentre des affrontements entre les jeunes et les forces de l’ordre, après le ralliement des étudiants.

Pour les mineurs interpellés ces dernières heures, huit d’entre eux, âgés entre 14 et 16 ans, ont été déférés ce week-end, puis présentés au juge des enfants. Ils sont trois à être convoqués pour un jugement devant le tribunal pour enfants, en novembre prochain. Cinq convocations devant le juge des enfants ont aussi été délivrées aux autres mineurs, à des dates distinctes courant décembre.

Outrages, dégradations, rébellion : sept interpellations à Colmar et Guebwiller

À Colmar et Guebwiller, sept jeunes avaient été interpellés en marge des manifestations. L’un d’eux, qui n’est pas lycéen, se trouve en détention provisoire pour des faits d’outrages, de violences et de rébellion qui se sont produits jeudi 1er octobre à Guebwiller, indiquait ce dimanche le parquet de Colmar.

Deux lycéens interpellés à Colmar feront l’objet de mesures alternatives aux poursuites judiciaires, une jeune fille pour des faits d’outrages et un jeune homme pour des dégradations qui ont été reconnues sans difficulté. Deux autres seront présentés ultérieurement au juge des enfants, ils se sont vu signifier en attendant une interdiction de paraître sur les manifestations dans le cadre de leur contrôle judiciaire. Enfin, deux procédures ont été classées sans suite.

Quant au mineur placé en garde à vue vendredi à Sélestat après l’explosion d’un aérosol ayant gravement blessé un lycéen, il a été libéré mais l’enquête se poursuit pour la faire la lumière sur les circonstances de l’incident.