Airbus songe à vendre ses activités spatiales aux États-Unis pour se concentrer en priorité sur la création d'un leader paneuropéen avec Thales et Leonardo (et faire face à Space X et la concurrence chinoise)

Airbus songe à vendre ses activités spatiales aux États-Unis pour se concentrer en priorité sur la création d'un leader paneuropéen avec Thales et Leonardo (et faire face à Space X et la concurrence chinoise)

Publié aujourd'hui à 13h45

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Selon les informations du Financial Times, Airbus envisage de céder son activité spatiale américaine, alors que le constructeur aéronautique franco-allemand se concentre sur la création d'un leader paneuropéen du secteur des satellites par le biais d'une fusion tripartite.

Airbus songerait à vendre son activité spatiale aux États-Unis... Pour se concentrer sur la création d'un leader paneuropéen du secteur des satellites, par le biais d'une fusion tripartite.

Selon les informations dévoilées par le quotidien économique britannique Financial Times (FT) ce samedi 29 août, l'entreprise évalue actuellement l'intérêt manifesté par des acquéreurs potentiels pour ses activités outre-Atlantique.

Les systèmes spatiaux d'Airbus aux États-Unis comprennent une usine en Floride et la gamme de petits satellites "Arrow ", qui peuvent être produits en série pour des applications de communication et d'imagerie tant commerciales que gouvernementales, y compris pour les besoins liés à la sécurité nationale.

En janvier 2024, Airbus était devenu l'unique propriétaire d'AOS (Airbus OneWeb Satellites, ndlr) et de l'usine de fabrication de satellites de Merritt Island, en Floride, après avoir racheté à Eutelsat-OneWeb la participation de 50% de l'opérateur dans leur coentreprise. AOS, créée en 2016, a construit plus de 600 satellites de communication en orbite basse, pour la constellation OneWeb de première génération, indiquait Airbus au moment de l'acquisition.

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Depuis quelque temps, Airbus rapatrie en Europe sa production de satellites, auparavant délocalisée aux États-Unis, rapporte le FT. L'entreprise prévoit notamment de construire 440 satellites en orbite terrestre basse dans son usine de Toulouse, une initiative qu'elle a qualifiée de "nouvelle avancée pour la souveraineté européenne". Ces commandes émanent de la société française Eutelsat, qui a racheté la société britannique OneWeb après sa mise en faillite en 2022.

Bien que l’entreprise ne publie pas de chiffres d’affaires pour son activité spatiale aux États-Unis, deux personnes proches de cette division ont estimé que son chiffre d’affaires s’élevait à plusieurs centaines de millions de dollars, détaille le journal britannique. L’activité spatiale employait plus de 200 personnes sur son site de Merritt Island, situé sur la "Space Coast" en Floride, à proximité du Centre spatial Kennedy et de Blue Origin, l’entreprise de fusées de Jeff Bezos. À titre de comparaison, Airbus compte environ 11 000 employés dans le monde entier dédiés à ses activités spatiales.

Airbus unit ses forces avec Leonardo et Thales pour rivaliser avec Space X

La vente potentielle des actifs américains souligne les efforts d’Airbus pour redresser son activité spatiale mondiale en difficulté, pour laquelle le groupe a enregistré 989 millions d’euros de charges en 2024.

En octobre, l’entreprise a conclu un accord avec l’italien Leonardo et le français Thales afin de regrouper des activités allant de la fabrication de satellites aux systèmes et services spatiaux, dans le but de mieux rivaliser avec SpaceX, la société d’Elon Musk, et ses concurrents chinois. Sous le nom de code "Bromo", les trois parties européennes ont pour objectif de soumettre ce projet aux autorités de la concurrence à Bruxelles dans le courant de l’année, en vue de rendre la nouvelle société opérationnelle en 2027, précise le FT.

Airbus réexamine depuis un certain temps déjà sa présence sur le marché spatial américain et ces projets de cession ne sont pas liés aux discussions menées par Bromo avec la Commission européenne concernant d’éventuelles mesures correctives visant à obtenir l’autorisation des autorités de la concurrence, ont souligné certaines de ces sources auprès du FT.

Même si le projet de fusion à trois a suscité des critiques de la part d'autres acteurs européens, notamment l'allemand OHB et l'espagnol Indra Space, les trois entreprises misent sur les appels de plus en plus pressants lancés à Bruxelles en faveur de champions européens.

Ce projet de partenariat intervient alors que l'industrie spatiale européenne est confrontée à une pression croissante de la part de ses concurrents américains et chinois. Bruxelles met davantage l'accent sur le renforcement de la souveraineté européenne dans le secteur spatial, les États membres de l'Union cherchant à mettre fin à leur dépendance vis-à-vis des États-Unis en développant des constellations de satellites destinés à la reconnaissance, au renseignement et aux communications.

Les fabricants européens de satellites ont eu du mal à s'adapter à la révolution que connaît la demande en matière de satellites, comme l'illustre clairement le recours de l'Ukraine au réseau Starlink de SpaceX dans le cadre de sa guerre contre la Russie.

Contacté par l'AFP, Airbus n'était pas joignable samedi en début de matinée pour commenter ces informations.

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